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| DIAPORAMA PHOTO Nathalie ARINI dans son atelier | SOMMAIRE numéro 4 |
Numéro 3
   

Nathalie Arini

Création : Nathalie Arini

L’art a besoin d'artistes pour naître. On peut faire abstraction de son créateur, l’art se suffit à lui-même, il dépasse l’artiste.

Il est vrai que lorsque l’on contemple une œuvre, on ne met pas le visage du créateur dessus et encore moins sa vie, pourtant le tout est indissociable.

Bien souvent l’action de création est générée par l’influence du vécu, l’art à besoin de génétique pour venir au monde.

Nathalie a toujours eu des crayons dans les mains, elle déposait ses couleurs un peu partout.

Certaines amies de collège se souviennent qu’elle dessinait tout le temps. C’est compulsif chez elle. La jambe gauche de mon jeans en garde un souvenir indélébile.

Le personnage est complexe, pourtant elle a une ouverture d’esprit qui fait plaisir à voir.

Et puis dans l’art tout est permis, aucune règle si ce n’est : créer. Bien évidemment c’est un point de vue et il n’y a pas de science exacte.

 

Nathalie Arini / Photo Rv Dols©

L’œil paca.fr : Depuis quand crées-tu ?

Nathalie : Depuis…il y a plus de dix ans j’ai commencé à peindre avec l’encre de chine, ont suivi les projections, puis j’ai découvert Pollock. Je me suis dit que ce n’était pas intéressant de continuer dans ce sens et, à force de travail, je pense que je me suis trouvée.

Je suis autodidacte, un jour c’est sorti, j’avais vraiment envie de mettre sur toile mes créations. C’est un boulot à plein temps, ça prend toute ta tête.

C’est vital, quand j’ai fini de peindre je me sens vidée, un bien être absolu.

L’œil paca.fr : Pourquoi ce format carré ?

Nathalie : Pour moi ça représente l’harmonie cosmique, je travaille au sol, cela me permet de tourner autour et de peindre dans tous les sens. J’aime le format carré.

L’œil paca.fr : Comment fonctionnes-tu en période de création ?

Nathalie : Avant tout j’ai besoin d’être claire. D’avoir toute ma tête, après c’est instinctif, pulsionnel, une grande intensité s’empare de moi. C’est très passionnel. Je peins souvent avec de la musique, il y a peut être une sorte de transes, comme ci c’était la peinture qui prenait le contrôle. C’est assez mystérieux.

L’œil paca.fr : Tu es dans une période noir et blanc.

Nathalie : J’adore les couleurs, mais je trouve que le noir et blanc c’est l’absolu, les potentialités sont infinies, j’ai l’impression que les couleurs sont fades à côté du noir et blanc, il y a des symboles, le yen et le yang. Je n’arrive pas à me décrocher de ces couleurs, je trouve cela beau.

L’œil paca.fr : Des pinceaux ?

Nathalie : Je n’ai pas de pinceaux, je suis plus truelle, bâtons…

L’œil paca.fr : Performance ?

Nathalie : C’est très intéressant à bien des égards. Le fait de voir la personne créer l’œuvre, cela permet aux gens de comprendre plus facilement la finalité du travail, et puis il y a interaction entre la musique et la peinture.

L’œil paca.fr : Donnes-tu des titres à tes toiles ?

Nathalie : Je trouve que c’est intéressant de mettre des titres, ça oriente les gens vers une certaine forme d’appréciation, ils cherchent à voir ce qui est écrit. Ils seront moins bruts dans leur perception première.

L’œil paca.fr : En tant qu’artiste, n’as tu pas l’impression d’être isolée ?

Nathalie : Complètement, je me sens très seule. Mais bon, en même temps je travaille avec d’autres peintres, j’aime bien interagir avec d’autres artistes. Il faut tout mélanger, rien n’est étanche de toute façon.

L’œil paca.fr : Des expositions ?

Nathalie : Les premières c’était en 2000. Mais cela reste difficile de se vendre, d’être son propre agent, de pousser les portes et de sortir son bock, ce n’est pas mon truc. J’ai l’impression d’être un colporteur et puis, des fois, tu es mal reçu, les gens sont vraiment horribles quoi. Il y a ce sentiment que l’art n’est pas très populaire en France et je pense qu’à l’étranger ils sont plus ouverts.

L’œil paca.fr : Le regard des autres sur tes toiles ?

Nathalie : J’aime que les gens me montrent ce qu’ils voient, d’avoir des dialogues avec eux m’intéresse énormément. Je ne peins pas que pour moi, sur l’instant peut être un peu car je prends quand même mon pied, mais après c’est donné au monde et ton tableau t’échappe. Il ne faut pas se fermer et j’aime regarder avec les autres.

L’œil paca.fr : Un message ?

Nathalie : On a toujours un message, je pense qu’il faut que les gens se lâchent. Qu’ils arrêtent de s’empêcher de ressentir les choses. Notre société est une castration de sensibilité permanente, tout doit être formaté, l’intérêt de l’art c’est justement de s’ouvrir à tout sans aucune restriction. Etre sensible est une force.

 

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