| SOMMAIRE numéro 15 |
Numéro 15
   

Graff

Art / Contemporain / Plastique : Bombing Graffiti & Tag

L'essence du Tag exprime un besoin existentialiste. D'une simple signature un homme, une femme, démontre son existence en appelant les autres à en prendre acte.

Le Tag ; marque, signature, est le simple dessin du nom de l'auteur. Le geste est généralement très travaillé, c'est un logo plus qu'une écriture. Les techniques utilisées sont généralement l'aérosol et le marqueur.

Le Graf ; ou Fresque est le nom souvent donné aux graffitis sophistiqués et exécutés en plusieurs couleurs.

Le Graffiti est présent en France depuis une vingtaine d'années, il reste largement sous médiatisé et ignoré. La qualité du graffiti pratiqué actuellement dans nos régions est évidente, certaines fresques complexes s'étendent sur plusieurs centaines de mètres carrés et à juste titre elles peuvent être considérées comme des œuvres d'art. Un art qui reste éphémère, les surfaces sont en permanence recouvertes par d'autres graffiteurs mais aussi détruites par les services municipaux ou entreprises privées.

Le Tag pur et dur est assimilé à l'art du Graffiti, des mots comme décadence sont employés, les coûts de rénovation des façades, trains, voir métros, sont brandis aux contribuables. Est-il envisageable d'affranchir le graffiti et d'en faire une discipline artistique comme une autre

 

Graff / photo Rv Dols©

Les dégradations et détériorations des biens par inscriptions, graffitis, tags ou gravures sans autorisations préalables, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou sur le mobilier urbain sont répréhensibles par la loi. (Code Pénal : Articles 322-1, 322-2 et 322-3

Les graffitis constituent, pour le droit pénal français, « une destruction, une dégradation ou une détérioration volontaire d'un bien appartenant à autrui » , et sont punis d'une contravention de 5e classe de 1 500 euros ou plus s'il n'en résulte qu'un dommage léger (Article R.635-1 du Code Pénal) ou d 'une amende pouvant atteindre « 30 000 euros et d'une peine d'emprisonnement d'un maximum de 2 ans dans les autres cas ».

Apparemment, le graffiti existe depuis le paléolithique puisque les hommes gravaient ou dessinaient sur les parois des grottes.

Graffiti est un mot italien signifiant " dessins gravés ". Il s'agit d'inscriptions ou dessins gravés ou dessinés sur les murs, les palissades ou les véhicules de transport public.

Le graffiti " moderne " est né dans les années 60 à Philadelphie Pennsylvanie USA, son nom était " bombing ". Cornbread et Cool Earl furent les deux premiers messagers répertoriés de la bombe. Leurs noms apparaissaient sur tous les murs de la ville, pour attirer l'attention des habitants et de la presse locale. Après Philadelphie, New York entra dans la danse des aérosols.

Le New York Times publia un article en 1973 sur un graffiteur de Manhattan nommé Taki 183, un jeune coursier qui laissait son surnom TAKI 183 partout où il devait livrer des documents. Peu à peu, les médias commencèrent à s'intéresser à lui et la jeunesse proche du milieu rap en fit vite une idole.

En 1973 Afrika Bambaataa créa la Zulu Nation, l'une des plus célèbres organisations Hip Hop du monde. C'est pour cette raison que 1973 est considérée comme la date de naissance du Hip Hop. La culture hip-hop émerge donc du graffiti et non l'inverse, d'autres formes d'expression sont nées en même temps ; une danse acrobatique (Break Danse), un genre musical à base de textes parlés (Rap), des mixages de disques (Dee jaying, Scratch) et des fêtes en plein air (Sounds systems).

Fab Five Freddy et Phase 2 sont les plus célèbres pionniers du mélange entre Break Danse, Rap, Dee-Jaying et Graffiti. A la fin des années 70 début 80 les graffitis devinrent un phénomène de société, New York et les autres grandes villes américaines furent envahies. Les jeunes protagonistes du mouvement formèrent des Crews (collectifs, bandes) et se donnèrent des noms. Le TAG était un des premiers Crew qui signifie Tuff Artist Group. On pense que l'utilisation du mot Tag tire ses origines du nom de ce collectif. Il y a eu une explosion de reconnaissance pour le graffiti, avec le documentaire " Style Wars ", le film " Wild Style " et l'organisation de la première exposition sur la culture Hip Hop au Common Ground à New York où étaient invités des graffiteurs.

Il faudra attendre dix ans pour que le phénomène se propage en Europe. En France, c'est l'émission de Sidney sur TF1 ; HIP HOP, dans les années 80, qui contribuera à l'hégémonie du mouvement. La culture du Tag et du Graf se diffusera en France, par le biais des rames du métro Parisien, des wagons, des trains, des murs, des rues et des mégalopoles recouvertes de graffitis. Quand le mouvement Hip Hop, qui n'était pour certains qu'un effet de mode, commença à perdre du terrain, les graffiteurs continueront à le faire vivre.

Les Mairies et les transports en commun s'organisent pour lutter contre le Tag. Les dégradations et détériorations des biens par inscriptions, graffitis, tags ou gravures sans autorisations préalables, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou sur le mobilier urbain sont répréhensibles par la loi. Parallèlement à la répression certaines Mairies mettent des murs à disposition pour les graffiteurs. Des associations voient le jour et des festivals Hip Hop s'organisent.

Pourtant des jeunes perpétuent le mouvement, les risques qu'ils prennent sont grands entre répression, chutes… Monde fermé ou la suspicion règne, il est difficile d'approcher les acteurs de cet univers urbain.

 

David / david@oeilpaca.fr

 

 

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