| DIAPORAMA PHOTO RANDONNEE BUOUX | SOMMAIRE numéro 16 |
Numéro 16
   

Buoux

Randonnée : Autour de l'AIGUEBRUN

Le Mistral tempête sur la Provence en ce jour de novembre 2010. Des rafales de 100 km/h arrachent des branches aux arbres. Les feuilles d’automne sont entraînées dans des tourbillons sans fin. Sale temps pour un randonneur. Heureusement, il subsiste en Vaucluse des lieux à l’abri de ce vent qui, parait-il, rend fada.

Buoux, mondialement connu des adeptes de l'escalade - falaises aux splendides parois rectilignes de 30 à 120 m de hauteur - en est la parfaite illustration.

Le village de Buoux est situé dans le Luberon, à un peu moins de 10 kilomètres au Sud d’Apt et à 18 kilomètres au Nord Ouest de Pertuis, entre la vallée de la Durance et celle du Calavon. Au carrefour de deux axes de communication autrefois essentiels.

BUOUX / photo Rv Dols©

Faisant partie d'un ensemble stratégique fortifié couvrant les accès sensibles du Luberon, son fort, érigé sur un immense bloc de molasse Urgonienne datant du Miocène (moins 25 à moins 12 millions d'années), est très tôt choisi par l'homme comme refuge et point de défense. Le lieu est classé comme oppidum à la fin du Néolithique et durant la Protohistoire.

L’équipe " des yeux qui marchent " va pouvoir, sans se décoiffer, passer une journée immergée dans les couleurs d’automne. Un petit périple d’une dizaine de kilomètres autour du ruisseau AIGUEBRUN. Tout autour de lui se développe une végétation luxuriante ; Une multitude de petits prés délimités par des chênes blancs, des peupliers, des frênes, des érables champêtres, des saules.

Pendant le week-end qui précède notre randonnée, la pluie a nettoyé Dame nature. Comme d’habitude, nous avons préparé notre équipement la veille pour pouvoir partir tôt le matin. Une heure de voiture plus loin nous sommes sur la D113, traversons Buoux, puis prenons à gauche en direction de l’Auberge des Seguins.

Sur la rive gauche de l’AIGUEBRUN, un petit parking peut accueillir trois ou quatre voitures. Derrière le grillage, un terrain qui semble dépendre de l’auberge des Seguins où, apparemment, le stationnement est toléré puisqu’il n’est pas rare de le voir pris d’assaut par des véhicules de grimpeurs.

Il est 9h30, nos sacs à dos sur les épaules, la petite équipe constituée de Faby, Léa, Rv Dols, Armelle et moi-même, prend le sentier - balisé jaune - en direction du Ravin de l'Enfer, puis, croisant le GR9, nous poursuivons vers Sivergues en longeant la rive gauche de l’AIGUEBRUN. Peu après, nous rencontrons un superbe troglodyte.

Nous surveillons le haut de la falaise opposée afin d’apercevoir un mur de pierres. Arrivés à cet endroit, nous traversons l’Aiguebrun à gué et, suivant un balisage bleu, (deux passages techniques) nous montons à la Baume de l’Eau, une réserve naturelle d’eau potable dans un abri sous roche.

Il est 10h30, nous décidons que l’endroit est propice pour prendre un thé chaud accompagné de quelques biscuits. Après cette petite collation, nous retraversons la rivière et continuons notre marche jusqu’à Sivergues, minuscule village médiéval formé de quelques maisons en pierre (certaines troglodytes) desservies par une superbe calade*.

Sivergues baigne dans le silence. De rares bruits lointains parviennent en résonance jusqu'à nous. Un berger nous fait signe de la main. Ici le temps semble stagner depuis des décennies. La douceur du climat est agréable, nous défaisons nos vestes pour les étendre au soleil. Il est pratiquement midi.

Nous prenons notre repas sur la margelle du puits face à l’antique Mairie. Le café servi par Armelle nous rappelle le pourquoi de notre présence ; Il nous faut repartir. Nous quittons Sivergues en direction du Nord Ouest, juste après le cimetière, par un sentier qui nous redescend sur l’Aiguebrun qu’il va falloir franchir. La traversée sera laborieuse et nous allons mouiller nos chaussures à une dizaine de mètres de l’armature rouillée d’une passerelle en fer, vestige des traversées d’antan. Sur les cailloux de la montée vers Salens, l’eau des pluies de la veille ruisselle abondamment.

Arrivés sur les confins du plateau des Claparèdes, nous longeons la falaise en passant au-dessus de la Baume de l’Eau puis croisons à nouveau le GR9.

Peu après nous apercevons en contrebas l’auberge des Seguins et notre véhicule. Nous progressons jusqu’à une piste que nous allons prendre à gauche sur environ 300 mètres.

Un petit cairn* érigé sur le côté gauche nous indique un layon* qui nous ramène vers le bord de la falaise que nous descendons approximativement en face du fort sur son piton (descente technique par endroits).

Arrivés en bas, nous longeons la rive droite de l’AIGUEBRUN, passant une vingtaine de mètres en dessous de la Baume des Peyrards nous ne résistons pas à un petit effort pour visiter cet "abri des pierres à feu " d’une cinquantaine de mètres de long sur environ cinq mètres de profondeur, refuge naturel pour les Néandertaliens et aujourd’hui point de ralliement de nombreux varappeurs. Le professeur Henry de Lumley qui reprit des fouilles en 1955 a daté l’occupation entre moins 130 000 et moins 50 000 ans avant JC.

Enfin, nous passons devant les écuries de l’auberge des Seguins ; Notre rando se termine.

 

Lionel / lionel@oeilpaca.fr

*Calade : Chemin montant pavé de pierre ou de galets

*Cairn : tas de pierre

*Layon : petit sentier de forêt

 

 

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