Entrevue avec Cali

Cali s’est révélé au public sur L’amour Parfait. Produit par Daniel Presley, cet album sorti en septembre 2003 est composé de chansons qui exprimaient les vérités d’une jeunesse confrontée à l’amour, au bonheur, à l’avenir … « C’est quand le bonheur ? », « Elle m’a dit », « Pensons à l’avenir »…. L’artiste devient rapidement incontournable.

CALI photo Rv Dols
Photo Rv Dols

Artiste essentiel

Les médias l’encensent, le public adhère, ses chansons font l’unanimité. En 2004, Cali obtient deux récompenses, le prix Vincent Scotto pour « C’est quand le bonheur » et le prix Constantin pour « L’amour parfait ». Le second opus sort en 2005, Daniel Presley est encore présent. Cali s’entoure du bassiste Damien Lefèvre (ex Eiffel, Luke) du violoniste Steve Wickham des Waterboys, (il joue notamment sur le cultissime « Sunday Bloody Sunday » de U2). Mais aussi de Matthieu Chédid et de Daniel Darc. En 2008, surgit « l’Espoir ». C’est précisément l’espérance exprimée par Cali qui commence à susciter des rancœurs, voir une certaine hostilité. Le front de droite s’allie comme un seul homme pour dénoncer les textes de Cali en affirmant qu’un chanteur ne doit pas chanter de la « politique ».

Entrevue avec CALI

Ton dernier album, co-produit avec Geoffrey Burton (ex guitariste d’Alain Bashung et Arno) est en vente « libre ». J’ai reçu un 13 titres alors que, si j’ai bien compris, il y a un double cd 13 titres plus 9 titres. Quelles en sont les raisons ?

CALI : Nous avons fait un album et un coffret. La raison… c’est que je ne voulais pas faire un double CD, nous avions 22 chansons. Avec les musiciens nous avons choisi 13 titres pour faire l’album. Le coffret est là pour ceux qui veulent avoir la totalité des compositions.

À la première écoute, j’ai eu le sentiment de retrouver le son rock des années 70/80.

CALI : Oui, carrément, avec Geoffrey Burton nous voulions ce son. C’est tout ce que j’écoute, donc à un moment donné j’ai fait mon fan. C’est important que les chanteurs et les groupes que j’aime sortent un album différent à chaque fois. Les histoires qui m’arrivent aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a huit ans.

« L’espoir » fut enregistré en partie à Carpentras chez Manfred et à Perpignan chez toi. Pourquoi avoir enregistré à Prague certains morceaux de « La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur ».

CALI : Avec le philharmonique de Prague, nous avons enregistré deux morceaux classiques. Il y en a un sur l’album et un autre sur le coffret. Prague c’est également par commodité. Nombreux sont les chanteurs qui vont là-bas. La qualité des musiciens est indéniable. Les orchestres sont incroyables, ils font des musiques de film, notamment avec David Lynch…

Comme sur les précédents albums, il y a des morceaux de vie partagés en musique.

CALI : Oui, mais je ne me pose pas plus de questions que cela. Disons que c’est peut-être une thérapie à long terme. Ce qui m’arrive dans ma vie j’en fais des chansons. Si ce n’est pas ma vie, je décris des choses qui sont très proches de moi. Effectivement ce n’est pas romancé, c’est la vraie vie, les emmerdes quoi. Les histoires d’amour sans engueulade je n’y crois pas. Mon quotidien est ponctué de désaccords et de prises de tête, comme tout le monde.

Au commencement, les médias, les gens t’ont courtisé et puis, au fur et à mesure qu’ils ont découvert ta vie à travers tes chansons, les critiques se sont succédé ; finalement, par commodité, ne faudrait-il pas être « sois belle et tais-toi » ?

CALI : Oui, mais on les emmerde. C'est-à-dire, à un moment donné, avant d’être chanteur, je suis citoyen et votant. Laisser libre cours à la lâcheté, non, ce n’est pas envisageable pour moi. Si on a les moyens de pouvoir faire des chansons ou de s’exprimer devant les médias, il est nécessaire de le faire. Aujourd’hui il y a des gens qui souffrent économiquement, et d’autres qui meurent. Quand on voit l’amalgame qui est fait entre l’insécurité et les personnes d’origine étrangère qui sont bien souvent nées en France, et qu’on se plaint de la poussée du Front national, l'ambivalence est à son paroxysme. Nos politiques jouent un jeu dangereux. En dénonçant une certaine politique mise en place par nos dirigeants je perds du public, j’en suis conscient. Mais en tout cas je ne perds pas mes amis, le principal est là pour moi.

Il y a plusieurs années que tu as rendu ta carte au PS, mais bon, tu restes de gauche ?

CALI : Je suis profondément de gauche. Il y a des utopies que je partage à fond avec l’extrême gauche. Mais je n’ai pas envie de voter pour des idées, soyons réalistes, complètement irréalisables. À un moment donné, il faut être au pouvoir pour espérer changer les choses, quel que soit le représentant. Nous voyons tous que la politique du gouvernement actuel, en ce qui concerne l’éducation, les retraites, est catastrophique. En ce qui concerne les socialistes, ce qui me gêne, c’est la guerre d’ego. 

À chaque élection l'abstention atteint des sommets.

CALI : Oui, mais c’est un tort de ne pas aller voter. Mais, en même temps, comment veux-tu persuader les jeunes de dix-huit ans d’aller s’inscrire sur les listes électorales, et ce, pour parler de tout le monde. Les gens se désintéressent peut-être des combats, parce que c’est toujours la même poignée, de gauche ou de droite, que l’on voit sur les plateaux de télé ou en radio et qu’ils se chamaillent constamment. Ils ne donnent pas envie aux gens de s’engager. Le vote blanc n’est pas comptabilisé à sa juste valeur, il faut aller voter.

Propos recueillis par Rv Dols / rv.dols@oeilpaca.fr

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