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Société : Cannabis le Tabou
     
 
 
   

Cannabis

Société : Cannabis le Tabou

En premier lieu, je tiens à préciser que si nous faisons un sujet sur le Cannabis et le Haschich, ce n’est en aucun cas pour tomber dans le prosélytisme. Nous voulons simplement traiter d’un sujet de société qui reste « Tabou ».

Quelques chiffres de l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies : 

- 49% des jeunes de 17 ans ont déjà fumé un joint, soit un sur deux.

- 12 millions de consommateurs en France (ceci est une estimation et les chiffres datent de 2005).

Sans oublier que les gens qui consomment des produits défendus ne l’avouent pas facilement.

Autour de moi, les exemples affluent, mais je suis peut-être mal entouré.

Cela va du pompier aux infirmiers, des viticulteurs à l’expert de la DDE, des instituteurs aux professeurs (même de sport). Dans le tertiaire, la pratique est également répandue avec discrétion.

Photo Clicnom - All Rights Reserved -

C’est pourquoi l’hypocrisie, qui tente à faire passer ces gens pour de bons citoyens, n’est sûrement pas comptabilisée (Mauvais citoyens à leurs yeux dans la mesure où ils enfreignent la loi). Après, dans l’industrie et le bâtiment, ça fume aussi ; mais apparemment, même si en majorité les adultes pratiquent chez eux à l’abri des regards, ils semblent avoir moins de souci avec leur conscience. Quant au monde artistique, il est un gros usager. Je ne dis pas que tout le monde fume et que ceux qui pratiquent le font quotidiennement, mais il est vrai que c’est l’occasion qui fait le larron.

En général, c’est à l’adolescence que l’initiation au produit se fait. Logiquement, plus les consommateurs avancent dans l’âge et plus les prises s’espacent. On peut même dire qu’à partir de la trentaine cela devient occasionnel pour la plupart. Certains ne retoucheront plus jamais à cette substance qu’ils considèrent, à juste titre, nuisible et dangereuse. La perte de la mémoire, la susceptibilité et les troubles du comportement sont notables chez les consommateurs journaliers.

Les questions restent posées.

Pourquoi légaliser des drogues dures et dangereuses pour la santé, comme l’alcool et le tabac ? Nous savons tous aujourd’hui que la consommation de ces deux produits entraîne, à long terme, inévitablement des maladies en tous genres (cardiovasculaires et autres cancers).

Et pourquoi interdire des stupéfiants comme le Cannabis et le Haschich ?

En premier lieu, nous ne sommes pas un pays producteur. Ce n’est pas non plus dans nos coutumes de s’inscrire dans cette consommation. Il y a forcément d’autres réticences qui entrent en ligne de compte. Notamment la croyance que la fumette rend anarchique et ceci fait très peur à nos dirigeants.

Cette substance est tellement diabolisée depuis des décennies par nos politiques qu’il serait difficile, voire inconcevable, de se déjuger en la légalisant.

Responsabiliser les enfants depuis leur plus jeune âge avec une prévention « écolière » semblerait être un choix judicieux. Cela permettrait de faire tomber les tabous. Mais l’Etat préfère démontrer sa force et interdire, ce qui génère toujours l’effet contraire à celui escompté. Sans oublier qu’il y a du shit dans toutes les villes, je dirai presque à tous les coins de rue. Aussi bien au Nord qu’au Sud, à l’Est qu’à l’Ouest.

Depuis une bonne trentaine d’années, en France, le phénomène se banalise. Les jeunes et moins jeunes fument un joint comme si c’était une cigarette, pour eux, rien de bien extraordinaire en cela. Si ce n’est que c’est prohibé et illicite.

Un petit retour « historique » s’impose.

Pourquoi les Français ne consommaient pas de cannabis et par conséquent de Haschisch par le passé ? Tout simplement, pour la majorité, ils en ignoraient son existence. Le Chanvre utilisé en France servait à faire de la corde et du tissu, et sa teneur en THC (tétrahydrocannabinol) était relativement faible. Ce sont les voyageurs d’une classe sociale plutôt favorisée (bourgeoisie) et la littérature qui traitent du sujet en premier. Napoléon, pendant sa campagne d’Egypte, est accompagné de scientifiques qui s’intéressent et expérimentent les propriétés et « vertus » du Haschisch.

Le psychiatre Jacques Moreau de Tours, étudie et consomme assidûment le Haschisch. Il crée à Paris « Le club des Hashischins » en 1845. A l’époque, c’est sous forme de confiture (Dawamesk) que se consomme le psychotrope. Les premiers effets commencent plusieurs minutes après l’absorption et sont beaucoup plus longs à se dissiper que par inhalation.

Gérard de Nerval, après un voyage en Orient en 1842, fera paraître le livre du même nom en 1851, dans lequel il évoque longuement la consommation de Dawamesk. Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, Théophile Gauthier, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, étaient friands de cette confiture, sans oublier Alexandre Dumas qui fait faire des apparitions au Dawamesk dans son « Comte de Monte-Cristo ».

Après mai 68, les usagers de Haschisch et de Cannabis se multiplient.

Dans les années 1970, l’usage du Cannabis se répand avec les hippies, l’immigration des Espagnols puis des Africains du Nord dans notre pays « démocratise » le Haschisch. Les plus grosses quantités qui arrivent en France proviennent de la vallée du Rif au Maroc, qui est l’un des plus gros producteurs au monde. Les Français d’origine Marocaine, ont très vite assimilé le fait que la fumette pouvait être un moyen de subsistance économique. D’autant qu’ils sont parmi les plus touchés par les ravages du chômage. Les cités HLM deviennent dans les années 80, partout en France, un des passages obligés pour le Hasch. Beaucoup de jeunes Français d’origine Marocaine retournent au « bled » pendant les vacances. Il n’est pas rare qu’ils reviennent avec leur consommation et de quoi faire quelques billets. Puis le phénomène s’amplifie, des réseaux se créent, le business prend l’ascendant.

Dans les années 90, les trafiquants volent des grosses cylindrées, vont jusqu’à la frontière Espagnole, ou au Maroc. Ils reviennent la nuit, pied au plancher. Les voitures sont chargées à bloc et rien ne les arrête. Avec l’ouverture des frontières, c’est devenu un jeu « d’enfant ». Subsiste également le retour de vacances, avec deux ou trois kilos cachés dans les bagages. Dans ces années là, de plus en plus de Français se font interpeller et incarcérer, surtout par la douane Espagnole, dans les bateaux ou à la descente. Ils ont en leur possession des savons de 250 gr ou des plaques de 200 gr.

En France, beaucoup de 18/35 ans connaissent l’existence du double 00, du Ketama ou de l’Ia (Haschich Marocain). Malheureusement, pour faire du bénéfice, des produits de très mauvaise qualité circulent, mélangés avec du henné, de la paraffine, du plastique et même de l’huile de vidange. On en trouve pratiquement partout et ça pue, alors que le vrai shit sent bon.

Fumer est devenu pour beaucoup un rite initiatique et une appartenance à un groupe social et culturel ; Une manière de vivre. C’est comme quand vous allez chez quelqu’un et qu’il vous offre à boire. Maintenant on échange des fumées. Après, il y a des alcooliques et pour la fumette c’est idem, il y a ceux qui consomment trop.

L’Etat ne perçoit pas de TVA sur ce commerce donc, la répression s’organise. Malheureusement il devient plus facile pour les dealers de passer 1 kilogramme de poudre qu’un kilogramme de Hash et cela rapporte beaucoup plus. Donc, involontairement, le gouvernement favorise l’expansion du trafic de drogues dures (cocaïne, héroïne, crack, acide, extasy) qui sont des substances très dangereuses provocant des dépendances, des maladies psychiques ou physiques et engendrent le mal dans le pire sens du terme.

Toujours dans la fin des années 80 début 90, les usagers commencent à aller aux Pays bas (Amsterdam) et dans les villes où les coffee shops sont présents. La vente et la consommation sur place de Hasch et d’herbes sont légalisées. On y trouve du Marocain de première pression (ou passe), du Libanais rouge qui excite les sens à la première bouffée, de L’Afghan noir au goût doux et ensorcelant venu des contreforts de l’Himalaya. Sans oublier le Népalais, le Pakistanais toujours très gras qui se mélange sans être chauffé. Les consommateurs constatent l’omniprésence dans les coffee shops, d’herbes en tous genres avec des têtes monstrueuses (partie extrême de la plante qui se fume).

En effet les Hollandais, en botanistes avérés, ont créé des hybrides. Passés maîtres en la matière, puisqu’ils sont parvenus à augmenter la teneur en THC des plantes. Les graines qu’ils vendent sont des femelles stériles. Après floraison, elles ont des têtes plus ou moins fournies, ce qui intéresse tout particulièrement l’usager. Seul problème, ils sont obligés de se ravitailler en graines.

Tout comme le faisaient leurs aînés, les fumeurs des années 90 et 2000 commencent à planter. Habiter au soleil et posséder un bout de jardin n’est plus une obligation. La culture hydroponique est une solution couramment employée de nos jours. Des lumières spécifiques viennent remplacer le soleil, des lampes pour la croissance puis, plus tard, des lampes pour la floraison. Plus besoin de terre, c’est sur billes d’argile ou sur laine de roche que les racines se fixent. Cette méthode, qui permet une grande souplesse et un contact direct des plantes avec les nutriments, est tout simplement la plus efficace. Le but est de pouvoir fumer de la qualité, sans être obligé de passer par un dealer véreux qui revend cher de mauvais produits mélangés avec du poison. De plus, l’usager n’est pas confronté à d’autres drogues, ni à ce milieu qui s’apparente de nos jours au banditisme et aux vices.

Evidemment, « des petits malins » font pousser d’énormes quantités et ce, pour faire de l’argent. Mais un jour ou l’autre, à force de contacts et de ventes, ils se retrouvent derrière les barreaux comme de vulgaires criminels. En France, la loi interdit « toute présentation sous un jour favorable » des substances stupéfiantes. La loi Française interdit (et sanctionne) la production, la détention, la vente et l’usage de stupéfiants.

Exemples :

-Le simple usage peut conduire à une peine allant jusqu'à un an d’emprisonnement pouvant s'accompagner ou être substituée par une amende allant jusqu'à 3.750 euros. 

-Le trafic : peut conduire à la réclusion criminelle à perpétuité et 7.500.000 euros d'amende.

-L'autoproduction de cannabis est, en France, considérée comme telle dès lors que l'on possède ou que l'on s'occupe régulièrement d'une plante, mâle ou femelle. La sanction maximale encourue est une peine d'emprisonnement pouvant atteindre 3 ans et jusqu'à 50.000 euros d'amende.

Depuis le 23 janvier 2003, la loi Marilou (dédiée à une petite fille de neuf ans tuée dans un accident mettant en cause un conducteur qui avait consommé du cannabis), prévoit des contrôles aléatoires ou sur la base de soupçons.

Le test est obligatoire en cas d'accidents corporels/mortels.

Le législateur a prévu :

- 2 ans de prison et 4.500 € d'amende.

- 3 ans de prison et 9.000 € d’amende en cas de cumul avec l'alcool.

 

David / david@oeilpaca.fr

 

 

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