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| ARTS plastiques contemporains : Expréssionnisme / Catherine Duchêne | SOMMAIRE |
Numéro 19
   

photo Rv Dols

ARTS plastiques contemporains : Expréssionnisme / Catherine Duchêne

Catherine est née à Paris. Elle a vécu en Suisse et en Allemagne avant de s'établir à Aix en Provence puis aujourd'hui en Avignon.

Au début des années 2000, elle rencontre le peintre expressionniste Jean-Yves Guionet et devient son élève. Catherine commence par suivre deux cours par semaine jusqu'à une présence journalière assidue et ce pendant 5 années. Elle apprend vite, en 2002, elle incorpore les Beaux Arts de Versailles directement en 3e année après un concours. Là, elle acquiert une qualité de travail indispensable pour pouvoir prétendre à devenir professionnelle. Diplôme en poche, Catherine vient s'installer sous la lumière de Provence où, parallèlement à la peinture, elle suit une formation d'Art Thérapie en Arles.

En 2006, Catherine s'inscrit à la maison des artistes et devient professionnelle. Pendant cette période, elle est également formatrice en Art plastique à l'Institut PROFAC d’Arles. Elle est actuellement en résidence jusqu'au printemps 2012 à la Galerie Tampopo 10 rue du Chapeau Rouge en Avignon. L'occasion pour L'œil de s'avancer jusqu'à son atelier afin d’échanger des propos autour de l'expressionnisme et de son quotidien artistique.

Catherine Duchêne est une artiste précoce, après un an de cours elle soumet quatre tableaux à un concours et obtient le premier prix de peinture. Deux de ses œuvres trouvent rapidement preneur. Jeune femme douée, elle concède volontiers que le travail quotidien fait évoluer sa dextérité.

Catherine Duchêne photo Rv Dols©

C'est une puriste, capable de remonter dans le temps au commencement de l'expressionnisme pour en transmettre les grandes lignes. Elle s'inscrit volontiers dans la mouvance du sensualisme, l'une des nombreuses branches de l'expressionnisme, qu'elle définit en ces termes « Le sensualisme, mouvement littéraire qui est apparu au dix huitième siècle. Je te la fais courte, c'est une idéologie qui prône la connaissance par empirisme. En gros, je ne possède pas la connaissance car j'ai lu des livres. J'ai la connaissance parce que j'ai pratiqué et que je me frotte à la matière, à la réalité, j'apprends de la vie. Les charges émotionnelles et l'appréhension de mes sens par rapport au réel s'intègrent comme des connaissances qui s'ajoutent les unes aux autres, jour après jour. »

Si on l'interroge sur l'élitisme ambiant qui gravite autour de l'art, Catherine répond avec vivacité « Je ne suis pas d'accord avec ce terme “élitisme”. Les musées nationaux sont gratuits tous les premiers dimanches du mois, les galeries sont également gratuites. En ce qui concerne mon travail, je suis humaine et je parle de l'humain aux humains, il n'y a rien d'élitiste dans cela. Souvent, c'est un complexe d'infériorité qui est généré par certaines personnes. Il n'a pas lieu d'être. C'est un milieu comme un autre. Si cela n'était pas l'un des centres d'intérêt des gens avant, ce n'est pas grave. Il n'est jamais trop tard. Couramment, je constate que les spectateurs qui sont face à une œuvre, pensent que nous attendons un commentaire, ce qui n'est pas nécessaire, on peut juste regarder. »

Catherine refuse l'ennui. Elle crée en permanence de nouvelles séries à thème où elle incorpore souvent de nouvelles techniques. Elle passe avec une facilité déconcertante des tons noirs du fusain aux couleurs de la peinture à l'huile. Elle est capable de produire plus d'une dizaine de toiles simultanément, ce qui est presque une obligation quand on pratique l'huile à cause du séchage, « La période de séchage d'une œuvre me permet souvent de prendre du recul avec la toile. À certains moments, je ne vois plus rien, quand je reviens dessus l'inspiration ressurgit. »

Il y a de plus en plus de peintres sur le marché, une problématique évidente en résulte pour les artistes qui ont fait le choix d'être professionnel. Catherine s'en explique « Il y a beaucoup d'amateurs peintres qui affichent des prix de vente défiant toute concurrence, ils flinguent le marché, en plus ils ne déclarent rien. Cela équivaut à nourrir la foule au fast food, résultat le palais des gens est pourri, l'amateur justifie son comportement en expliquant qu'il n'est pas pro donc pas cher, qu'il a un travail ou qu'il est à la retraite, qu'il vend juste pour payer son matériel. Sauf que moi aussi je paye mon matériel et qu'il se positionne sur le même marché que moi. Sauf que moi je paye des charges et il faut que je mange. Je n'ai pas d'autre entrée d'argent. Il y a des prix sur le marché, au minimum qu'il se positionne au bas du marché, mais qu'il ne fasse pas de la concurrence déloyale. Pour moi c'est du travail au noir, résultat, les galeries ferment les unes après les autres. »

 

www catherine-duchene.com / Galerie Tampopo 10, rue du chapeau rouge Avignon

Propos recueillis par Rv Dols / dols@oeilpaca.fr

 

 

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