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Numéro 19
   

photo Rv Dols

REPORTAGE : C.H.M / Le fonctionnement dans ses grandes lignes

 

Contrairement aux idées reçues, le CHM a une mission départementale de prévention, de soins et de réinsertion sociale. L'hôpital n'est qu'un élément du dispositif. Chaque zone géodémographique est limitée par un territoire et constitue un pôle de soin clinique.

Le pôle Haut Vaucluse (Bollène, Vaison-la-Romaine, Orange et Piolenc). Le pôle Centre et Est Vaucluse (Carpentras, Pernes-les-Fontaines). Le pôle Sud Est Vaucluse (Isle/Sorgue, Cavaillon, Apt) et Le pôle Avignon Sud Durance (Avignon, Montfavet, Châteaurenard, St-Rémy-de-Provence, Sénas). Les pôles couvrent le territoire du Vaucluse et du nord des Bouches-du-Rhône, soit une population d'environ 600.000 habitants.

Sur chaque territoire, il y a des équipes de soin : centre médico-psychologique, centre d'accueil thérapeutique à temps partiel, unité d'accueil des urgences psychiatriques, hôpital.

Sur le Vaucluse, tous pôles confondus, environ 20.000 personnes (adultes, enfants) sont vues chaque année, dont une moyenne de 15.000 personnes hors des murs du CHM.

Le Centre Hospitalier de Montfavet (CHM) est dirigé par Mr Staebler, directeur administratif. En 2010, la loi Hôpital-Patient-Santé-Territoire (HPST) a renforcé le rôle du directeur.


Madame Champel photo Rv Dols©

Il représente l'hôpital et le personnel. Le directeur a une autorité hiérarchique sur la totalité du personnel, y compris les médecins, dans le respect de la déontologie médicale. Il détermine chaque année le budget de l'établissement et l'orientation du projet pour les cinq ans à venir ; le projet médical restant essentiel. Tous les quatre ans, une visite de certification est assurée par la haute autorité de santé qui dépêche des experts pour vérifier les réalités du terrain.

Le CHM fonctionne avec un budget global. Chaque année, la sécurité sociale alloue une somme de fonctionnement. Pour le médico-social, il y a plusieurs financeurs. La Maison d'Accueil Spécialisé (M.A.S) fonctionne comme l'hôpital, elle reçoit des crédits annuels de la sécurité sociale. Le foyer occupationnel (F.O) et le centre d'hébergement de stabilisation l'ANCRE sont financés par le conseil général. Le service d'aide par le travail (S.A.T) et le centre hospitalier de réinsertion sociale (C.H.R.S) sont financés par l'Etat. Financièrement, le CHM a une marge de manœuvre restreinte, la politique actuelle complique la gestion au quotidien. Le centre hospitalier emploie 2196 agents, dont 123 en médecine, 174 en administratif et direction, 1615 soignants et éducatifs, 270 techniciens et 14 médico-techniciens. Mr Cournut, chef du pôle direction administratif, déclare : « On ne peut pas dire qu'il y a des coupures dans le budget. Mais l'enveloppe attribuée ne suit pas l'évolution des coûts. Pour la partie hôpital, l'essentiel de nos dépenses, soit 85 %, est lié aux rémunérations du personnel qui dépend de la fonction publique. Quand les salaires et les charges sociales augmentent, nos recettes diminuent. Dans la logique, les salaires sont bloqués, mais les gens qui évoluent dans leurs carrières améliorent leurs revenus. Ces dernières années, on ne nous a pas donné les moyens correspondant aux augmentations des charges et des rémunérations. »

Quand les médias évoquent les centres hospitaliers psychiatriques, c'est pour relater un fait divers sordide. En réalité, il y a moins d'actes odieux à répercussions fâcheuses chez les usagers du Centre hospitalier psychiatrique que dans le reste de la population. La peur de l'inconnu est un réflexe humain. Les pathologies psychiatriques des autres provoquent indéniablement des angoisses au sein de la population en bonne santé psychique. En France, un handicap physique ou psychique provoque l'isolement des sujets. Cela complique les préjudices des malades et rend les parcours laborieux. Heureusement, la présence du CHM estompe les dommages.

Le CHM traine derrière lui un lourd passé d'enfermements et de douleurs. Une idéologie persistante qui n'a plus de raison d'être. Les préjugés colportés par l'incompréhension continuent d'appliquer ce tatouage dénigreur, mettant à mal le travail précieux du personnel du CHM.

Depuis l'avènement des neuroleptiques et des antidépresseurs, les soins à la personne ont gagné en efficacité. Les traitements thérapeutiques par l'activité physique, la réinsertion dans la vie sociale, les thérapies par le travail, la création, le dialogue, l'écoute... le plan de sectorisation psychiatrique, toutes ces actions mêlées au savoir-faire contribuent à une prise en charge adaptée de qualité des personnes en souffrance.

Madame Champel, directrice des soins du CHM (son rôle est, entre autres, de décliner la politique des soins au sein de l'établissement en collaboration étroite avec le corps médical) a aimablement accepté d'enrichir notre compréhension de la prise en charge psychiatrique : -« En psychiatrie nous sommes dans une prise en charge globale du patient. L'ambition est de le réinsérer dans la société. Certains ont une pathologie qui nécessite une présence médicale et paramédicale rapprochée. C'est le temps de la prise en charge de la crise. Donc, à ce moment-là, ils peuvent être dans un secteur fermé, parfois avec des mesures de contraintes d'hospitalisation, compte tenu des risques susceptibles de survenir sur la voie publique, pour eux-mêmes ou pour la société. Cela intervient, soit à la demande d'un tiers, soit à la demande du représentant de l'État. Ce sont des mesures d'urgence où il y a des prises en charge aigües. Selon l'évolution du patient, cela peut durer un jour, plusieurs jours, voire des semaines. Le service est pourvu de chambres individuelles et sécurisées. »

Madame Champel m'explique qu'il y a également des hospitalisations libres à l'Hôpital de Montfavet. « Ce sont des patients qui savent qu'ils ont besoin de soins. »

Le CHM est pourvu d'unités de resocialisation. « Elles accueillent des patients qui sont au CHM depuis longtemps, ou qui ont un parcours de soin plus long. Ces patients ont besoin d'être réinsérés dans la société. Nous dispensons également des activités à but thérapeutique. »

À la sortie, les patients sont suivis par les filières du C.M.P, du C.A.T.T.P ou l'hôpital de jour. « C'est la filière la plus importante, la psychiatrie ne pourrait pas se concevoir sans eux. La maladie psychiatrique ne se guérit pas vraiment. Nous traitons les gens, ils vont mieux, mais la récidive est toujours envisageable. Il y a un suivi, certains patients viennent deux ou trois jours par semaine en hôpital de jour. Ils ont une consultation avec l'infirmière, avec le psychiatre ou avec le psychologue. Le dispositif permet d'éviter les rechutes, les grosses décompensations (rupture d'un équilibre physiologique ou retour des effets d'une fonction lésée) avec des risques de passage à l'acte... Le but est que le patient soit toujours dans une dynamique de prise en charge de sa maladie, mais aussi dans une dynamique de réinsertion. »

Tous les patients ont des parcours différents. Certains ne sont jamais venus au CH de Montfavet. « C'est la file active. Ils peuvent être suivis dans leurs secteurs. L'idéal c'est d'avoir un travail en réseau, avec un maillage des pôles qui couvrent tout le territoire et tous les patients. Il faut être présent à tous les niveaux de la maladie, qu'elle soit aiguë, stabilisée ou chronique. »

La pédopsychiatrie est également présente. « Elle est composée d'unités pour parents et bébés. Dans le pôle de soins au long cours, nous avons des patients qui sont hospitalisés depuis l'enfance. Puisque dans la maladie psychiatrique vous pouvez très bien avoir l'autiste qui a une psychose. En général, les enfants sont suivis en CMP, hôpital de jour, on les retrouve pour beaucoup sur les structures extérieures. L'hospitalisation intervient davantage chez les adolescents non détectés et qui ont un passage à l'acte avec une tentative de suicide. Cela n'a rien à voir avec la psychiatrie de l'adulte ».

 

Propos recueillis par Rv Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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