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Numéro 21
   

photo Rv Dols

Reportage : Cèpes du parc National des Cévennes

La zone protégée du Parc National (le cœur du parc) des Cévennes s'étend sur 93 700 hectares. Elle est composée de cinq régions géographiques : le mont Lozère, la Montagne de Bougès, le Causse Méjean, la Vallée des Gardons et le mont Aigoual avec le Lingas. Comme dans tous les parcs, une réglementation est en vigueur. Une dizaine de GR et des routes forestières permettent de le traverser de part en part. Le terrain de jeux des randonneurs se décline en d’innombrables parcours, d'une journée à plusieurs semaines, la diversité des paysages est saisissante.

Dans ce reportage, nous inventorions plusieurs lieux propices au développement du cèpe, donc à sa cueillette. Gardons à l'esprit qu'il est nécessaire de dégager soigneusement le pied du cèpe avant de le couper à la base.

Cèpes / Photo Rv Dols©

En forêt, mon Laguiole forgé par un artisan de l'Aubrac ne me quitte jamais. Quand le cèpe est arraché, même délicatement, la mort du mycélium (filament blanc) est inéluctable. Résultat, le champignon ne pousse plus. Une fois le cèpe tranché, secouez modérément le chapeau au raz du sol. Les spores s'évacuent des pores et la semence se propage, perpétuant l'espèce.

Le mycélium du cèpe vit sous terre, il est dépourvu de chlorophylle. Pour se développer, il entre en symbiose avec une racine de chêne, de châtaignier, d'épicéa ou de hêtre. Le mycélium débarrasse la racine des matières organiques et la stimule. L'association de l'arbre et du mycélium est une mycorhize.

Munissez-vous d'un panier, car le sac en plastique est à bannir ; il fait transpirer les champignons et peut rendre une récolte impropre à la consommation.

Dans le Parc National des Cévennes, il n'est pas rare de trouver des cèpes dès les premières pluies du mois d'août. L'eau et le froid font stresser le mycélium qui actionne son processus de reproduction.

Tous les Cèpes appartiennent à la famille des Bolets. Mais seulement quatre bolets sont des Cèpes ; le Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis), le Cèpe d'été (Cèpe réticulé, Boletus reticulatus), le Cèpe tête de nègre (Cèpe bronzé, Boletus aereus) et le Cèpe des pins (Boletus pinicola). Le chapeau est charnu ; Sous celui-ci, une tubulure blanche qui jaunit et verdit avec le temps. Le pied est volumineux et très épais, mais reste blanc. Les jeunes ressemblent à des bouchons de champagne, ils peuvent être consommés en salade.

Seul le Bolet de Satan est toxique à l'état cru. Il procure de violents vomissements et est indigeste après la cuisson. Son chapeau est blanchâtre et sa tubulure jaune, puis rouge. Sa chair peut bleuir et son pied est rouge. Il est confondu par certains avec le Bolet à pied rouge qui a un chapeau brun foncé.

Pour les plus courageux, le col de Finiels (à gauche en montant vers le Bleymard GR7) est un bon point de départ jusqu'au Baldieux.

Toujours en direction du Bleymard à partir du Chalet du Mont-Lozère, aux alentours de Malavielle, les épicéas monumentaux sont autant d'appels aux chercheurs de cèpes.

Le Bleymard n'appartient pas au Parc National des Cévennes. La commune est située dans la partie d'aire optimale d'adhésion. Attention, selon les endroits, une carte préalablement achetée à l'office du tourisme de cette ville est obligatoire pour la cueillette. Je vous conseille d'aller jusqu'au Col de La Loubière.

Mi-septembre, il est 7 heures 30 au parking du Col de la Loubière, altitude 1181 mètres. Nous sommes les premiers. Le jour se lève, le ciel est gris, nous enfilons nos parkas. De l'autre côté de la route, trois panneaux indicateurs montent la garde. Ils stipulent plusieurs règles et donnent des informations sur les lieux. Nous arpentons le chemin forestier sur une dizaine de mètres. À notre droite, nous empruntons un petit sentier qui pénètre dans l'obscure forêt d'épicéas. Le sol est un épais tapis d’aiguilles de pin. Nous interrompons notre progression pour respirer à pleins poumons. L'émanation volatile répand des effluves propres aux champignons.

Je scrute en périphérie les troncs des arbres. Les branches sèches et résineuses s'accrochent à ma veste, j'évolue à quatre pattes. Discrètement, sa silhouette se dégage de la pénombre, le seigneur des déchets organiques me fait face. Il trône, majestueux, le pied dans l'humus. Dans un geste lent et précis, je sors mon couteau de son étui. Une euphorie exacerbée règne en moi, c'est mon premier cèpe de l’année, je déguste l'instant précieusement. Confiant, je sais qu'une poussée ne vient jamais seule, d'autres spécimens sont promis au fil de ma lame. Je chemine discrètement d'épicéa en épicéa, mes yeux balayent le sol. Des bouchons de champagne perforent le tapis. En deux petites heures, nous remplissons nos paniers. Après une vingtaine de minutes de marche, nous mettons un terme à notre cueillette, nous sommes au parking.

Nous décidons de jeter un coup d'œil au Mas Seguin, qui se trouve à cinq minutes. Un espace de stationnement vide nous permet de descendre de notre véhicule. Hervé prend le temps de faire une photographie. Un petit chemin forestier faisant face au hameau donne accès à la forêt. Je m'introduis dans celle-ci et fouille du regard autour de mes pieds. Là encore, la pression des cèpes soulève légèrement la terre.

Nous poursuivons notre route en voiture, le but étant de rejoindre le Col de la Croix de Berthel, via Florac (N106) où nous passons la nuit. Au petit matin, nous rattrapons la D998 en direction du Pont-de-Montvert. Un peu après Les Bastides, le Col de la Croix de Berthel. À gauche, un parking utilisé par les randonneurs du GR7. À droite, un petit chemin d'une centaine de mètres qui s’interrompt à l'entrée de la forêt domaniale du Bougès.

Il est 8 heures 20, une dizaine de véhicules sont garés là. Nous mettons à nos pieds des chaussures de randonnée. Nous marchons jusqu'au Signal de Ventalon qui culmine à 1350 mètres. De là, par temps dégagé, le point de vue à 360° sur le Parc National vaut le détour. Notre thermos restitue un thé vert chaud que nous agrémentons de petits biscuits. Une fois restaurés, nous regagnons le GR68 qui traverse le massif granitique, schisteux et boisé des versants nord de la Montagne du Bougès. Nous allons en direction du col du même nom. De part et d'autre du chemin, les bois se succèdent ; des résineux, des hêtres, des chênes, des bouleaux... Nous croisons des bolets en tout genre, des girolles, des chanterelles, des vesses-de-loup, des amanites tue-mouches, des panthères et des cèpes. Ils sont là, il suffit d'observer. Le panier rempli, direction le GR72, puis la route forestière qui rattrape Les Bastides. Il est 16 heures, je libère mes épaules du poids de mon sac à dos.

Selon les années, dans le Parc National des Cévennes, des tirs pour réguler la population des sangliers ou des cerfs élaphes peuvent avoir lieu. Des panneaux qui signalent « action de chasse en cours » sont visibles. Ne vous éloignez pas des pistes et sentiers.

 

David / david@oeilpaca.fr

 

 

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