magazine oeil paca magazine photo
     
  Musique : Christophe Miossec Mammifères  
     
 
Miossec photo
 
 
Photographie réalisée par Rv Dols - Copyright Rv Dols - All rights reserved
 

Le poète nous est revenu avec le printemps, alors on y va

Peut-être que vous nous prendrez pour des fous... En fait, nous aussi, nous avons vieilli et nous aimons toujours autant nous abreuver de ses mots.

Par le passé, pour inhiber son manque d'assurance et parvenir à monter sur scène, le chanteur noyait sa timidité dans l'alcool. Aujourd'hui, le violon de Mirabelle Gilis l'accompagne dans la vie et semble le rassurer. L'homme est sobre depuis six ans, ses paroles sont compréhensibles et son attitude est en adéquation avec le prix déboursé par le public pour assister au concert.

Mammifères

Le titre de son dernier album est une réflexion engendrée par l'évolution des espèces et son aversion des religions. Les textes sont empreints d'une réalité qui colle au torse. J'ai respiré "mammifères" à pleins poumons. Comme après une épreuve, j’en suis sorti soulagé. Dans cet album, l'artiste a exprimé un ressenti généré par l'idéologie dépourvue d'humanité, infligée à l'innocence par les attentats commis à Paris. La mort guette, mais Miossec n'est pas démagogue, aucun message ne transpire.

L'avantage réside également dans le fait, que chacun(e) peut avoir le niveau de lecture qu'il(elle) lui incombe. Évidemment Miossec c'est le spleen magnifié, la mélancolie traverse ses dix albums, mais dans cet opus le violon fait entendre sa jeunesse et son espoir, peut-être une certaine légèreté d'une joie retrouvée.

L'accident de la route qu'il a subi nous restitue « Les écailles »

« Comme n'importe quel animal allongé sur une route départementale, je me répands, je deviens pâle, j'ai perdu une sandale... »

Miossec trempe ses mots au fond de nous, réanime l’empathie d'où surgit les souffrances, accompagné par un cortège de larmes. Un plafond de couloir qui défile au rythme des néons, le corps transi par le froid, je veux dormir pour oublier la douleur.

Le violon de Mirabelle Gilis, la guitare, la basse et les claviers de Leander Lyons, sans oublier l’accordéon de Johann Riche font corps avec la voix et les textes du chanteur. J'ai senti le mistral sur ma peau. Tout paraît si réel. Les yeux fermés, j'entrevois dans les siens que notre histoire prend fin.

Le temps qui passe fait partie de notre histoire

La tendance à oublier le bruit des vagues et les rires des enfants détourne notre esprit, le temps qui meurt c'est nous à la fin.

« Quand on fait un disque, c'est pour tuer le précédent, celui-ci est né sur la route, je crois que mes propos sont un peu plus clairs ».

C'est un avis personnel, mais pour moi Mammifères est le plus beau concentré de chansons réalisé par Miossec à ce jour.

« Il ne faut pas subir sa vie, il faut se brusquer pour aller chercher ce que l'on est ».

http://www.christophemiossec.com/

 

Hassan Houladji - hassane.h@oeilpaca.fr

 

 

magazine web

 

L'oeil paca.fr votre magazine web gratuit - Mémoires images L'Oeil paca.fr BP Mairie 13150 Tarascon cedex - redaction(a)oeilpaca.fr