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Numéro 18
   

Parlons trop, parlons gras : 2012 la chute de l'empire UMP

Nous pouvons tous constater que, depuis les années soixante, les hommes politiques de droite, mais aussi les socialistes, ont favorisé le libre échange, le libéralisme économique et le monde de la finance. Pendant cette période, ils se sont partagés le pouvoir, avec un temps d'occupation plus conséquent pour les gaullistes, le RPR et l'UMP réunis.

En observant la courbe du déficit de l'État français depuis la présidence de Georges Pompidou, on s'aperçoit qu’elle n'a eu de cesse d'augmenter. Sous la troisième cohabitation en 1998, la dette stagna un temps. Elle reprit son ascension sous les deux présidences de Jacques Chirac, pour exploser pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Les crises sont souvent invoquées pour justifier la dette pharaonique française. Il est raisonnable de penser que les problèmes financiers que rencontrent les marchés sont générés par les spéculateurs. Aucune loi digne de ce nom n'est intervenue pour encadrer ce monde qui inflige ses humeurs au reste de la planète. Le bon sens serait de taxer toutes les transactions financières, mais apparemment, la finance mondiale est plus forte que la politique et impose son rythme en refusant en bloc cette idée.

Le travail dégage de moins en moins de richesse et les investissements minoritaires dans ce domaine en attestent. Les fortunes sont générées par la spéculation boursière. Les actionnaires imposent leur dictature de l'excédent. Seul le chiffre a une véritable valeur, en sa faveur le sacrifice humain triomphe, les délocalisations le confirment.

Début septembre 2011, certains détenteurs de grosse fortune insistaient pour payer plus d'impôt (ISF) afin de contribuer plus justement à l'effort du redressement de la dette publique ; mais rien n’y fait, l'État refuse cette logique et démontre tous les jours un peu plus sa connivence avec un capitalisme dépourvu de morale.

Indiscutablement, droite et gauche ont en commun des idées bien arrêtées sur les financements des campagnes électorales. Posséder des liquidités est indispensable pour prétendre accéder au pouvoir.

La loi sur le financement des partis politiques -financer avec les deniers publics- devait permettre l'éradication des caisses noires.

Pourtant, la politique persiste et excelle dans des domaines qui surprennent les électeurs. Les propos fallacieux incorporés aux discours, la démagogie trop vivace et les actes aisément assimilables à des actions mafieuses s'intègreraient trop facilement aux comportements de certains.

L'impunité dont bénéficient les hommes d'État conforte des actes inadaptés au bon fonctionnement d'un pays. L'intérêt de la nation, souvent invoqué en politique, se transforme en supercherie. La liberté, l'égalité et surtout la démocratie sont des abstractions jetées à la figure du peuple comme simples victuailles.

N'ayons pas la mémoire courte, rappelons-nous que les socialistes avaient pour futur candidat un prophète, calé en économie et président du FMI. Malheureusement, il s'avéra avoir des pulsions incontrôlées. Ne doutons pas que la parité homme - femme, aurait été respectée après son élection. Imaginons quelques secondes le comportement de cet individu au pouvoir, vous voyez, nous avons frôlé la catastrophe. Sans complexes, il revient à la télévision pour s'afficher en victime et nous expliquer ses recettes pour redresser le pays. Il est vrai qu'en redressement, il s’y connaît le bougre. Néanmoins, la rose se pique au jeu et se voit déjà fleurir au printemps 2012.

D'après un sondage commandé par Canal+ et paru dans le JT du 18 septembre 2011, plus de 44 % des Français ne veulent plus de la droite et des socialistes au pouvoir.

Le choix restreint des urnes est à la disposition des Français… ou la droite…ou les socialistes.

Ceci génère des abstentions et des votes blancs bien plus importants que la majorité qui en sort vainqueur au soir des présidentielles. Personne n'en tient compte, ou plutôt, n'a envie que cela change.

De nombreux Français votent pour la droite, car dans leurs esprits, être de gauche c'est être ouvrier, et c'est péjoratif. Ce n'est pas « être ou ne pas être » individuellement qui devrait déterminer un vote, mais un projet cohérent pour toute une nation.

Persiste aussi trop de votes en faveur des coups de matraque, méfiez-vous, la violence se retourne toujours contre vous.

Pour ceux qui avaient oublié la définition de la droite en 2007 en déposant leurs bulletins dans les urnes, la gouvernance de Nicolas Sarkozy fut une démonstration. Ce qui est ahurissant, c'est de voir des Français qui ont voté pour lui à la dernière présidentielle, s'étonner ou s'offusquer par sa politique. À quoi pouvait-on s'attendre d'autre ?

Nicolas Sarkozy a conduit une politique évidente et appropriée à ce qu'il chantait tous les matins en se rasant.

Nous l'avons tous bien compris, nous sommes dans une époque charnière, les moyens de diffusion, d'échange, de compréhension, d'éducation ont permis à la masse de se cultiver pour appréhender son avenir avec intelligence. Les indignés d'Europe et du Monde convergent vers un nouveau monde qui leur reste à construire. L'idée première est une distribution plus juste et plus équitable des richesses. Afin de bannir pour toujours le capitalisme et son cortège de misère.

Mais qui aura l'audace de construire une nouvelle République ? Mais qui aura le courage d'affronter multi nationales et spéculateurs ? Mais qui aura l'envie de construire l'Europe équitable ? Mais qui aura l'insolence d'affirmer que l'Humanité prime sur tout le reste ?

Rien à droite, rien à gauche, l'UMP et les socialistes peuvent traverser tranquillement, ils ne se feront pas écraser en 2012.

Alors, à qui le tour ?

 

Sabine Seyller / sabine.seyller@oeilpaca.fr

 

 

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