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Sur la route : Cirque Claudio Zavatta

Le mot nous vient des Romains, circus ; c’était une enceinte où se déroulaient les jeux publics. Ce sont les Anglais qui, les premiers, sous l’impulsion de l’écuyer Philip Astley en 1770 à Londres, entourent un terrain vague de gradins et de barrières pour en faire le « Royal Amphithéâtre Of Art ». C’est en 1783 qu’Astley ouvre une succursale à Paris ; « l’Amphithéâtre Anglais ».

A l’époque, les cirques dits stables sont permanents. Ils sont sur un cite et n’en bougent pas. A l’image du cirque Napoléon inauguré en 1852 et devenu depuis le cirque d’hiver.

C’est d’ailleurs dans cette enceinte que le trapèze volant fut inventé par le Toulousain Léotard en novembre 1859. Le nom « Bouglione » est intimement lié au cirque d’hiver, les quatre frères reprennent la direction de ce lieu historique en octobre 1934.

L’un des premiers cirques avec ménagerie, le cirque hippodrome des frères Pinder fondé en 1854, était tiré par des chevaux et donc mobile. Il venait d’Angleterre et débarqua en France en 1868.

Depuis, bien des roulottes sont passées. Dans les années 70, le cirque perd de sa superbe. Des problèmes d’ordre financiers pour certaines familles qui n’ont pu ou su s’adapter aux nouvelles contraintes administratives et normes modernes. C’est la chute libre.

Comme toujours, les gens peu scrupuleux font du tort aux artistes qui évoluent dans les règles de l’art. Des soucis sanitaires, voire de maltraitance d’animaux entament une procédure de divorce avec le public.

Malgré tout, certaines familles s’accrochent à ce mode de vie. L’ambition de perpétuer la tradition est viscérale. Une remise en question est nécessaire. Les cirques se structurent et se professionnalisent, des EURL et SARL voient le jour. A l’image du cirque Pinder, d’autres sont rachetés par des industriels et deviennent des S.A.

La fédération Nationale des écoles de Cirque est créée en 1988 et devient en 1994, avec l’agrément de l’Etat, la Fédération Française des Ecoles de Cirque (FFEC). Elle regroupe sur notre territoire 130 écoles qui dispensent des formations et délivrent des diplômes d’Etat.

Le Cirque Claudio Zavatta, qui tourne toute l’année en France, a bien voulu nous faire pénétrer dans son univers. La famille Prein est propriétaire du cirque. Quatre garçons et deux filles. Ils travaillent tous au cirque, dompteurs, acrobates…

Didier Prein fait partie de la cinquième génération de dompteurs-dresseurs. Artiste et patron, il est à l’ouvrage et se démène pour que son cirque soit opérationnel les jours de représentation.

Didier Prein : Je suis né dans le cirque. Depuis mon enfance, je fais partie d’une famille de dresseurs de lions, de chevaux, de dromadaires, de zèbres et de lamas. Quand on est dans le cirque on touche un peu à tout. Les enfants poussent les parents, les miens veulent prendre ma place et c’est logique. Pas encore avec les fauves puisque le plus âgé a 14 ans, c’est un peu jeune. Ils font déjà des spectacles, trapèze, canard…

Soixante dix personnes se déplacent avec la caravane dont une dizaine d’artistes internationaux. Onze mois par an, quarante à cinquante villes accueillent la caravane. Elle s’installe au minimum pour une semaine. Le trajet est effectué le lundi. Le mardi débute le montage du chapiteau qui peut accueillir jusqu’à mille cinq cent personnes. Une quarantaine de mètres d’écurie et six parcs animaliers pour loger la centaine d’animaux. Apparemment, les villes ne s’opposent pas à la venue du cirque. D’après l’attaché de presse Denis Trigoulet : « Le seul souci, c’est la place. La plupart du temps nous louons des emplacements à des particuliers en périphérie des villes et il devient de plus en plus rare de pouvoir s’installer au cœur des villes ».

Depuis fin 2009, Nicolas Bihler est le nouveau Monsieur Loyal du Cirque Claudio Zavatta. Nicolas est tout jeune, il n’a que 18 ans et ce n’est pas un garçon de cirque dans la mesure où il vient de l’extérieur.

Nicolas Bilher : Mes parents n’ont aucun lien de parenté avec ce monde. À l’âge de 4 ans, j’étais déjà fortement attiré par le cirque. Mon rôle ne se résume pas à la présentation du spectacle. Il y a le côté administratif qui prend une place prépondérante dans mon travail. De nos jours, nous ne pouvons plus nous permettre de nous installer et d’attendre l’arrivée du public. Nous avons l’obligation de promouvoir notre spectacle et de multiplier les contacts.

Chaque année, le cirque change de spectacle et d’artistes invités. Pour 2010, une quinzaine de spectacles se succèdent sur la piste en l’espace de deux heures. La famille Gardner, des Allemands dresseurs d’éléphants. Les « Latin Brothers », John et Milton (des Colombiens) présentent trois numéros, sur un fil à 6 mètres du sol, dans un globe de six mètres de diamètre où se croisent trois motos, mais aussi la spectaculaire roue de la mort. Les clowns, un trio venu d’Espagne (les Georges Alexis) et toute la famille Prein avec les lions, la cavalerie, les autruches, les zèbres. Sans oublier le double cerceau, avec Chiara 12 ans et Wendy 14 ans.

 

Rv Dols - herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

 

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