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Sports : Course Camarguaise

Dans les départements du Gard, de l’Hérault et des Bouches du Rhône, quand le printemps revient l’èr di biou (sonnerie de trompette qui annonce l’entrée du taureau dans l’arène) retentit de nouveau dans les arènes.

Sport prodigieux, la Course Camarguaise laisse une place prédominante au Taureau. Il est le seigneur des pistes. Certains sont devenus des idoles qui attirèrent les foules aux Arènes le dimanche.

La beauté de la course ne se dévoile qu’avec l'aide d’un Taureau coureur, sauteur, imprévisible, dont l’instinct reste intact. Le raseteur a pour mission de faire reluire l’instant. Sportif accompli aux jambes de feu, la précision de ses rasés et sa capacité à sauter les barrières lui ouvriront les chemins du respect.

Benjamin Villard est, sans aucun doute possible, l’un des experts en la matière. Ses sprints répétés au travers des pistes et sa dextérité s’associent à sa bravoure pour faire monter les murmures dans les tribunes. A seulement 24 ans, cela fait déjà deux saisons consécutives qu’il finit second du trophée des As (Première division). Vraisemblablement cette année pourrait être celle de son premier sacre.

Trois attributs sont fixés sur le taureau, appelés également cocardiers. Le raseteur doit les décrocher dans l’ordre suivant ; en premier la cocarde qui est un ruban rouge attaché à une ficelle au centre et en haut du front du taureau. En second les glands, deux pompons accrochés à la ficelle. Et pour finir, les deux ficelles enroulées autour des cornes. Les commerçants et tous ceux qui le souhaitent peuvent faire monter la somme d’argent qui sera remise au raseteur qui décrochera ou coupera des attributs. En général six Taureaux se succèdent avec une mi-temps à la fin du troisième. Pendant une quinzaine de minutes les raseteurs donnent l’assaut aux cornes du taureau. Il n’est pas rare de voir des ficelles à quatre cent euros. Si personne ne la coupe, c’est la manade qui encaisse. Des points sont attribués aux raseteurs, ce qui permet de faire un classement. En fin de saison, au mois d’octobre, la finale du Trophée des As se déroule dans les Arènes de Nîmes ou d’Arles.

Morade Bourmel, ancien raseteur, deux fois deuxième et trois fois troisième du trophée des As, est aujourd’hui au service des Cultures Taurines de la Ville de Beaucaire (30). Le conseiller technique a bien voulu répondre à nos questions.

Rv Dols : Le trophée des As est-il la première division de la course Camarguaise ?

Morade Bourmel : Exactement, ce sont les courses comme le Muguet d’Or ou autres compétitions locales qui font le trophée des As. Pour le Muguet d’Or il y a quatre dates différentes, les points gagnés par les trois premiers raseteurs comptent pour le championnat.

Rv Dols : Quelles sont les critères de sélection pour choisir les raseteurs du Muguet d’Or ?

Morade Bourmel : En premier lieu il faut avoir des qualités artistiques et sportives. Après nous essayons de former une équipe de dix raseteurs qui jouent le jeu avec les taureaux.

Rv Dols : À quel âge commence la carrière d’un raseteur ?

Morade Bourmel : Elle commence généralement à 18 ans et peut aller jusqu’à 35 ans.

Rv Dols : Il y a-t-il un statut ?

Morade Bourmel : Pas vraiment, on peut dire que les raseteurs sont des travailleurs indépendants. Les meilleurs ont parfois une personne issue de ce milieu (souvent un ancien raseteur), pour les aider à gérer leur carrière. Les cinq ou six premiers de la catégorie du Trophée des As peuvent vivre de cela.

Rv Dols : Comment les taureaux sont-ils choisis ?

Morade Bourmel : Nous essayons d’avoir les plus prestigieuses manades et par conséquent les meilleurs taureaux pour nos courses taurines. Les taureaux ne sont pas dressés pour faire du spectacle. Ils restent sauvages. Leur comportement sur la piste n’est dicté par personne, ce sont eux qui décident. On peut dire que les taureaux ont une carrière. Le public qui se déplace aux arènes regarde en premier quels taureaux figurent sur l’affiche. Il y a eu un taureau très célèbre dans les années 70 « GOYA » qui, en son temps, remplissait à lui seul les arènes. Il a sa statue à l’entrée de la ville de Beaucaire.

Comme tous les sports, la blessure peut intervenir. Le Cocardier a l’extrémité de ses cornes à nues. Les bras, les cuises et les fesses sont les parties les plus exposées. Dans l’ensemble cela reste plutôt rare. La préparation physique et la connaissance des Taureaux permettent justement au raseteur de palier à cela. Il n’y a pas d’acharnement sur les animaux et aucune mise à mort. La propagation du sang n’est absolument pas un critère de jeu. La beauté du geste prédomine.

 

Propos recueillis par Rv Dols herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

 

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