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Musique : Debout sur le Zinc
   
 
 
   

Debout sur le zinc

Musique : Debout sur le zinc

La France de l’écriture est sensible aux ombres de Brel, de Ferret, de Brassens, de Gainsbourg, qui planent au dessus de nos contemporains. Les musiciens préfèrent expliquer qu’ils sont musiciens, que le rock se chante en Anglais et que nous faisons l’Europe.

Pourtant, à force de travail, certains nous prouvent que la tâche, délicate certes, n’est pas insurmontable. Un texte en Français, avec une mélodie efficace, a l’avantage de nous transporter dans le monde de la compréhension et de nous ouvrir les portes du ravissement.

DSLZ fait partie de cette belle famille de la chanson Française, composée de groupes comme ; les Têtes Raides, Les Ogres de Barback, Les Hurlements de Léo... Tous habités de ce même esprit scénique empreint de valeurs identiques.

Photo Hervé Dols - All Rights Reserved -

Ils sont amis et ont partagé de nombreuses scènes. Ce sont de vrais groupes avec une âme et non pas des musiciens qui accompagnent un chanteur (euse). Le mélange des instruments électriques et acoustiques est toujours accompagné de textes travaillés. Beaucoup de similitude chez ces artistes troubadours, même si musicalement les entités de chacun marque une différence.

Spiritless Power, groupe rock-funck, fut en un temps lointain le premier nom de ce qui deviendra plus tard « Debout sur le Zinc ». Comme d’autres, ils se sont connus entre collège et lycée ; Ils étaient quatre et nous étions en 1992. Le premier album éponyme de DSLZ sort en 1999. Influencé par les Têtes Raides et la Tortue, leur musique est un mélange de valses, tango, java, rock, musiques tziganes, Irlandaises et vieux Paris.

Après s’être fait « truander » par un producteur aux pratiques suspectes, le groupe change de maison de disques. C’est en 2004, avec l’album « Des Singes et des Moutons » que la carrière des DSLZ prend une tournure décisive ; Les dates se succèdent et leur musique s’électrifie avec une guitare plus présente. Les trois auteurs compositeurs du groupe (Christophe, Simon, Romain) s’attachent à nous parler d'amour, de relations humaines. Plusieurs lectures de leurs textes sont possibles mais tous en privilégient une compréhension au premier degré.

De Charybde en Scylla, cinquième album, est sorti en octobre 2008 avec la complicité de Stéphane Prin (JL Murat, Camille) ;Dans la filiation des deux précédents albums « Des Singes et des Moutons », « Les Promesses ». Une poésie omniprésente et émouvante parsemée de mélodies enivrantes.

Christophe Bastien : chant et guitare Gretsch / Fred Trisson : accordéon / Cédric Ermolieff (Momo) : batterie, percussions, xylophone et chœurs / Olivier Sulpice : banjo, mandoline et chœurs / Romain Sassigneux : chant, clarinette et guitares / Simon Mimoun : chant, violon, alto et trompette / William Lovti : contrebasse, basse.

L’œil paca.fr : Est-il vrai que votre nom « Debout sur le Zinc », vient d’une soirée bien arrosée où Christophe a fini sur le zinc, un accordéon à la main.

Olivier : C’est vrai et c’est donc Christophe qui a eu l’idée du nom après s’être vu en photo.

Fred : C’est marrant que tu évoques ça, parce que nous ne rentrons jamais dans les détails en ce qui concerne l’origine du nom du groupe, je ne sais pas d’où tu tiens ça…

Olivier : Au début on jouait dans des bars et cela nous est arrivé à maintes reprises, en fin de soirée, de monter sur le zinc et de continuer à jouer et à chanter. Mais il y avait aussi des spectateurs qui voulaient voir le spectacle et qui montaient sur le zinc, donc, à bien des égards, l’action nous a marqués à la peau. Cette image convenait parfaitement pour nous représenter.

L’œil paca.fr : A l’origine, DSLZ n’était-il pas un groupe de rock avec du texte en Anglais ?…

Olivier : Oui, un groupe de rock qui aimait bien l’univers des Têtes Raides. A un moment donné, Simon et moi (Olivier) nous nous sommes mélangés avec les Woodspoon, un groupe de musique Irlandaise. Donc fusion d’une musique rock et traditionnelle. Fred est venu nous rejoindre avec son accordéon. Nous avions tous en commun la chanson Française.

L’œil paca.fr : Le premier album de DSLZ 1999 avait pour nom « Debout sur le Zinc »..…

Fred : C’est à partir de ce moment que nous sommes devenus professionnels.

L’œil paca.fr : Avez-vous le statut d’intermittent du spectacle ?

Olivier : Oui, nous faisons la grand majorité de nos dates avec DSLZ. Certains musiciens du groupe ont d’autres projets à côté, mais en majorité cela se passe comme ça. Mais bon, la priorité reste DSLZ et puis, nous n’avons pas forcément le temps de faire autre chose. Entre les phases de compositions, de créations, d’enregistrements, de répétitions et de tournées, il ne nous reste pas énormément de temps.

L’œil paca.fr : Depuis quelques années, les modalités pour les intermittents du spectacle ont été modifiées…

Fred : Au moment où est intervenue cette réforme, nous étions un groupe qui avait la chance de bien tourner. Ceci nous permettait d’avoir suffisamment de dates. Ce n’était pas un souci pour nous. Par contre, si on avait du commencer à notre époque avec ces modalités, nous ne serions pas intermittents. Ce qui veut dire que le statut précédent nous a permis de devenir professionnels. Pour les jeunes groupes qui débutent aujourd’hui c’est beaucoup plus compliqué.

Olivier : C’était plus facile et plus logique avant pour pouvoir bénéficier du statut. Mais bon, pour les gens qui ont fait la réforme c’est logique, c’est pour réduire le nombre d’intermittents et les décourager. Cela empêche beaucoup d’artistes à se professionnaliser.

Fred : Sans oublier qu’au début nous ne pouvions pas avoir tous les sept un cachet. Il fallait jongler avec les dates et jouer un maximum pour que tout le monde puisse bénéficier du fameux statut. De nos jours, nous sommes onze avec les techniciens.

L’œil paca.fr : Je suppose que les débuts ont du être compliqués, notammenten ce qui concerne les déplacements…

Fred : Nous avons eu des camions pourris…

Olivier : En revenant de Marseille, il y a quelques années, un camion nous a lâché.

Fred : Au début chacun avait sa voiture personnelle, Olivier a cassé deux moteurs.

Olivier : Un à Avignon en revenant des Passagers du Zinc. C’est bon, nous avons donné.

Fred : Quand tu commences c’est la passion, tu fais avec des bouts de ficelle. Maintenant nous louons deux camions, nous sommes nombreux avec beaucoup de matos.

L’œil paca.fr : Le dernier album est sorti en octobre 2008 ; Avez-vous des retours en ce qui concerne les ventes ?

Fred : Je crois que nous en sommes à 10.000 mille albums vendus. Mais bon, ce n’est pas ce qui nous fait vivre. Ce sont les dates qui permettent cela.

L’œil paca.fr : Quand on voit la notoriété et les salles remplies par des groupes comme Les Ogres et Debout sur le Zinc… Comment expliquez-vous que les médias ne se préoccupent pas plus que ça de vos talents ?

Olivier : La preuve que non, tu es là.

L’œil paca.fr : Je veux parler des chaînes de télévision.

Olivier : Des raisons, il y en a sûrement plusieurs. Personnellement j’ai le sentiment que les journalistes veulent de la nouveauté, le petit dernier qui arrive. Du coup, nous sommes peut-être considérés comme des vieux groupes. Mais je pense qu’ils ont tort parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne nous connaissent toujours pas, en partie à cause d’eux.

Fred : Après il y a l’argent qui appelle l’argent. Tu sors un artiste avec un maximum de pub, forcément tu le vois quasiment partout et forcément il finit par vendre.

Olivier : Je pense aussi que les journalistes « grand public », ont du mal à analyser le phénomène « groupe de musique ». Ils veulent un nom propre, un artiste, un interlocuteur. Si on fait le bilan des groupes de musique qui ont vraiment cartonné sur les vingt dernières années comme : les Noirs Désir, les Louise Attaque, Les Têtes Raides… Ils ne sont pas si nombreux que cela.

 

Hervé Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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