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Art Plastique : Didier Duquene
     
 
 
   

Didier Duquene

Art Plastique : Didier Duquene

Didier Duquene est né en région Parisienne. C’est en 1986, qu’il commence à peindre des corps sur toiles. Directeur artistique dans une société publicitaire, il s’établit à Marseille en 1988. Trois ans après son arrivée dans le sud de la France, il est licencié. Didier profite de la situation pour franchir le pas et s’investir totalement dans la peinture. -« À l’époque, j’étais vraiment optimiste. La vie m’avait toujours plus ou moins souri. Je pensais pouvoir subvenir à mes besoins avec ma peinture. Très vite, je me suis rendu compte que cela serait compliqué. Dans la pub, j’ai toujours été entouré de commerciaux. Là, je me retrouvais seul. Il fallait avoir une double casquette qui s’avéra bien trop grande à porter pour moi. Se vendre ne fait pas partie de mes compétences.

Photo Hervé Dols - All Rights Reserved -

Ma dernière exposition date d’un an et demi à Aix-en-Provence. Les vernissages sont toujours très chers et les ventes jamais à la hauteur de nos espoirs. Ce n’est pas assez pour pouvoir se faire connaître et par conséquent manger ».

Didier vit cette vie de bohème qu’il remplit d’art. Ses créations lui permettent de meubler son temps et lui évitent de dériver vers des îles de solitude d’où on ne revient pas. –«  Je vis dans les quartiers nord de Marseille. Le quotidien est une confrontation directe avec la misère. Je me suis alimenté tout l’hiver au resto du cœur. Je croyais, un peu naïvement, que dans ce milieu social l’entraide était plus présente. Il n’en est rien, les gens se déchirent pour pas grand-chose »

Les supports qu’utilise l’artiste sortent de l’ordinaire. De la lumière, des visages, des corps aux formes arrondies viennent remplir les espaces d’où une sensualité semble vouloir s’échapper. -«  Il y a maintenant plus de six années que je peins ainsi. Au début que je me suis lancé sur ce support, c’était tout simplement par souci d’économie. Mais j’ai constaté que si l’épaisseur du contre-plaqué n’était pas conséquente, celui-ci gondolait. J’ai donc une épaisseur qui me permet de sabler à l’acrylique et de peindre à l’huile sans qu’il ne bouge. En ce qui concerne les économies, cela revient aussi cher que la toile. Mais j’ai complètement adopté cette façon de travailler. De plus, je ne pourrai pas avoir le même résultat avec une toile, surtout au niveau du grain ».

Dans l’attente du passage à la postérité, des croquis s’entassent un peu partout dans son atelier. –« Les croquis que j’effectue à la mine de plomb sont toujours les points de départ. A la limite, je dirai que je n’ai plus qu’à les exécuter. Après, ma peinture, c’est la femme. Des couples peuvent s’y croiser. J’aime dessiner cette ambiguïté asexuée. Ce qui rend plus difficile la distinction entre l’homme et la femme. Jamais de décor pour créer une intemporalité ».

En général, la réalisation d’une œuvre lui demande un mois de travail. –«  Les prix de départ varient entre 800 et 1000 euros. J’oserai dire que ce sont des tarifs de débutant. Les gens trouvent cela trop cher, alors ils me demandent des formats plus petits. Ce qui reste incompréhensible pour moi. Je ne fais pas de petits formats. Il faut aussi penser à rétribuer les modèles qui posent. Tiens, une anecdote : Il y a quelques années j’exposais dans une galerie. Pendant un bouchon, un homme est sorti de son véhicule, il a fait une carte et s’est fait livrer la toile à son domicile. Un coup de cœur, je présume. Il y a des choses complètement inexplicables. C’est tellement facile de vendre et si improbable à la fois que cela en devient déroutant. Je pense que d’exposer au bon endroit est primordial ».

 

David Sanchez / david@oeilpaca.fr

 

 

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