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Société : C'est du bio

Depuis 2008, la France est en 5e position en surfaces bios cultivées en Europe, soit 583 799 ha ou 8% du territoire bio de l’Union Européenne.

Plus d’un tiers des denrées bio sont consommées en Allemagne. La France est en 2e position depuis 2008 avec une très forte évolution au cours des trois dernières années.

Une terre agricole doit rester au repos pendant deux ans avant de pouvoir être ensemencée et ce, pour des plantes annuelles. Le délai est de trois ans avant la récolte pour les plantes pérennes. C’est la période de conversion.

Depuis le 1er janvier 2009, les règlements CE n° 834/207 et CE n° 889/2009 régissent la production biologique et l’étiquetage. La fertilisation est basée sur de longues rotations des cultures. Evidemment l’apport d’engrais chimiques, l’hydroponie, la mixité bio/non bio, les semences non bio et l’utilisation d’OGM sont prohibés.

Pour la production animale, les pâturages et aires d'activités extérieurs sont eux aussi soumis à cette fameuse période de conversion de deux ans. Comme pour l’agriculture, des règles strictes sont à respecter. L’utilisation de facteurs de croissance, d’acides aminés de synthèse et d’OGM est interdite. Dans les bâtiments et les parcours, la quantité d’animaux est restreinte. Les herbivores doivent bénéficier d’un accès obligatoire aux pâturages. La reproduction se fait dans des conditions naturelles.

Ceci n’est qu’un survol des cahiers des charges. Nous ne sommes pas là pour nous divertir avec les directives Européennes. Mais cette réglementation BIO est belle est bien présente pour éviter que nos assiettes continuent d’abriter des plats de pesticides agrémentés de morceaux de choses.

Beaucoup d’entre nous trouvent le bio encore trop onéreux, ce qui n’est pas faux. D’autres dénoncent l’effet de mode et la réalité marketing des produits. Cependant une vérité s’impose.

L’ère de l’alimentation industrielle se transforme en catastrophe sanitaire et alimentaire.

La pollution de l’environnement, l’air, les sols et l’eau par les pesticides, est bien réelle. Insecticides, fongicides, herbicides sont des composés de substances actives que nous retrouvons malheureusement dans notre environnement et dans le corps humain. De nombreuses études épidémiologiques mettent en évidence la dangerosité de ces produits pour l’homme, la faune et la flore. Pour exemple, les neurotoxiques inhibiteurs de la communication neuronale provoquent des pathologies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer qui est d’ailleurs de plus en plus fréquente depuis une vingtaine d’années. D’autres pesticides et hormones sont des toxiques pour la reproduction. Les hormones oestrogènes ont à long terme un effet cancérigène. On constate une énorme augmentation des tumeurs du sein chez la femme ces dernières décennies. L’homme voit son nombre de spermatozoïdes diminuer inexorablement. Le déversement, via les stations d’épuration, de molécules dont les oestrogènes, serait la cause de ce sinistre.

Le Dr Susan Jobling de l’Université Brunel Londres, (diplômée de l’université Collège of North Wales en zoologie) est une spécialiste de l’environnement avec plus de 10 ans d’expérience dans la recherche et le conseil. Sa recherche (1991-1996) sur l’influence des produits chimiques oestrogéniques sur l’environnement et leurs effets sur le développement sexuel chez la truite, démontre la corrélation entre la concentration en oestrogènes dans l’eau des rivières et les perturbations du sexe ratio chez les poissons. Plus simplement, la population mâle se raréfie.

En 2004-2007 (Investigations into endocrine disruption in UK freshwater molluscs), des enquêtes sur les perturbations endocriniennes chez les mollusques d'eau douce du Royaume-Uni. Susan Jobling explique que les anti-androgènes associés aux oestrogènes seraient encore plus efficaces en terme de dangerosité.

Des produits de synthèse anti-androgènes se trouvent dans notre quotidien. Il y en a dans les fongicides, les anti-bactériens, les parabens, les conservateurs couramment utilisés en cosmétique et dans l’alimentation. Les parabens composés à partir de l’acide parahydroxybenzoïque provoquent des allergies chez les humains.

La transformation de matière à partir d’être vivant, ou barbarie de l’élevage industriel n’est pas en reste. La fabrication de viande, d’œuf, de lait, prend des ampleurs de déshumanisation. Avec 830 millions de poulets par an, la France est le 1er producteur en Europe. A leurs naissances, les poussins mâles sont jetés vivants dans un broyeur. Ils seront redistribués à leurs congénères sous forme d’aliment. Vingt quatre poulets par mètre carré, une moyenne de 100 000 volailles par hangar industriel. Un poulet « normal » atteint sa taille adulte en trois mois, le poulet industriel en 40 jours. Enfermer des animaux dans des espaces exigus, a pour conséquence la prolifération des virus et des bactéries. Nous avons tous en mémoire la grippe aviaire (souche H5N1).

Dans les élevages de cochon, les truies sont inséminées et ont au minimum deux portées par an. Dans des cages d’aluminium de la taille d’une petite voiture, elles mangent, font leurs excréments, allaitent et dorment. Toutes les conditions sont requises pour générer des recombinaisons génétiques de maladies qui passent la barrière des espèces. L’élevage industriel de porcs de La Gloria dans la région de Perote dans l’Etat de Veracruz au Mexique, est suspecté d’être à l’origine de la pandémie en 2009 de grippe A (H1N1).

Les industriels Européens, pour éviter les risques de grippe, nourrissent leurs « bidoches » aux hormones et aux antibiotiques que nous ingérons par la suite.

L’encéphalopathie spongiforme bovine qui s’était invitée au festin, commence à donner des indigestions au monde industriel en 1996. Les scientifiques s’aperçoivent que l’épidémie peut se transmettre à l’homme. La maladie de la vache folle est causée par un agent infectieux moléculaire d’un type particulier qui n’est ni un virus ni un microbe, c’est la protéine prion. Les origines de cette maladie sont apparues lorsque l’homme a nourri des animaux herbivores avec des carcasses bovines et des cadavres d’animaux. Encore une histoire de rendement et d’argent. Le résultat : 204 morts humains recensés, touchés par les symptômes proches de la maladie de Creutzfeldt-Jacobs.

Vous en reprendrez bien une petite louche. Les habitants des agglomérations sont également confrontés à la pollution atmosphérique. Les substances chimiques qui s’introduisent dans nos poumons, notre sang et notre organisme, contribuent à la formation de cancers, de problèmes génétiques, de pathologies de reproduction, d’allergies, de maladies de peau. Dans notre air urbain, dans des proportions effrayantes, se baladent plus de 100 000 substances chimiques.

Mais pourquoi un être humain normalement constitué accepte sans mot dire ce cauchemar sanitaire ? L’argent et son pouvoir de confort sont l’une des explications. La matérialisation de l’homme provoque l’anesthésie des évidences. Chacun aspire à posséder des euros à foison. A la question « que souhaitez-vous par dessus tout ? », la réponse est : gagner au loto. Nous voilà donc complices de notre propre lobotomie. Nous appuyons tous les matins sur le bouton de la destruction de l’humanité, en buvant notre bonne conscience comme du petit lait.

 

Laetitia / laetitia.jouve@oeilpaca.fr

 

 

 

 

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