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Numéro 18
   

photo rv-dols

MUSIQUE : Dub inc

Dub inc, des Stéphanois qui jouent un reggae métissé. La date de création du collectif se situe à la fin des années 90 et plus exactement en 1997. Leur premier maxi sort en 1999 sous le titre DUB incorporation 1.1 ; il contient d’ailleurs la première version de Rude Boy. Le premier album, Diversité, sort en 2003 avec entre autres la participation de Tiken Jah Fakoly. Le second opus, "Dans Le Décor", sort en 2005. En 2006, une tournée notamment en Allemagne, en Grèce et au Portugal, finira d’asseoir la notoriété du groupe.

En 2008 l’album Afrikya semble démontrer que la direction prise par le collectif est plus world musique, voir électro.

Peut-être l’une des conséquences de la rupture avec le bassiste et le guitariste de l’époque. Pour resserrer les liens et resituer leur son, le groupe décide d’aller en Jamaïque.

photo Rv Dols©

L’arrivée de Moritz apporte le côté Roots qui faisait défaut au Dub inc. Février 2010, pendant un mois ils partent enregistrer le quatrième album, Hors Control. Les textes sont inspirés des réalités sociales de la fin de cette décennie. Sur les manifestations des années 2010, on peut entendre le morceau "Dos à dos" repris par les camions sono et qui devient peu à peu l’hymne des jeunes, le buzz est en route.

Rv Dols : Le morceau, Tout "Ce qu’ils veulent", est-il une réponse au débat sur l’identité nationale ?

KOLMAN : Exact, la mixité sociale et ethnique qui compose le groupe Dub inc correspond à une réalité française. Beaucoup de gens en France grandissent avec des enfants d’origines portugaise, arabe, asiatique, africaine, italienne, espagnole… et c’est une réalité française. C’est un pays qui s’est construit aussi sur l’immigration.

Rv Dols : Laisse Le Temps, est une chanson qui évoque les moments difficiles vécus par le groupe, notamment avec la rupture de l’ancien bassiste.

KOLMAN : Ce n’est pas faux, mais ce morceau parle avant tout d’amitié et de séparation. C’était la première fois que l’on se séparait d’un musicien après pratiquement neuf ans de vie de groupe. Cela laisse un vide, nous ne savions pas si nous pouvions faire sans et, par conséquent, nous ne savions pas si le projet allait se poursuivre. Il est vrai que c’est un texte inspiré par cette rupture. Mais chacun peut l’interpréter à sa façon, on peut voir d’autres choses, la perte de gens chers, d’un ami. Mais avant tout le message est de positiver et de donner de l’espoir.

Rv Dols : Dans "Dos à dos" tu évoques la nécessité d’aller voter.

KOLMAN : Chacun ses convictions par rapport à cela. Mais c’est par les urnes que le peuple a du pouvoir. Sinon dos à dos, évoque le travail de sape du gouvernement actuel, pour opposer les gens. Particulièrement sur le plan des origines ethniques. La politique de Sarko est de chercher un bouc émissaire à son électorat. La montée du Front national le motive d’autant plus. Nous diviser lui rapporte plus que d’unir le peuple, diviser pour mieux régner.

Rv Dols : El Djazzair évoque l’amour d’une terre perdue.

KOLMAN : C’est exactement cela, un texte sur l’Algérie. Hakim chante en Kabyle, il est originaire de là-bas, l’idée était également de parler de l’Algérie de manière unitaire.

Rv Dols : Funambule, petit homme nous avait certifié que c’était fini les spéculations… finalement nous sommes encore en plein dedans.

KOLMAN : Complètement, comme je l’évoque dans Funambule, ce n’est pas du tout du ressort de petit homme. Le capitalisme est lancé et rien ne semble pouvoir le contrôler. C’est un tigre de papier qui se repose sur rien, la crise l’a prouvé. Ce qui se passe en Grèce ou au Portugal le démontre une fois de plus. La politique nationale est vraiment peu de chose face au capital.

 

Propos recueillis par Rv Dols - herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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