EDITORIAL N° 12 hiver

Depuis une dizaine de jours, la rédaction est submergée de courriers électroniques nous demandant la date de sortie du numéro 12. Je ne vous cache pas notre plaisir. En effet, le constat de votre attente prouve l’intérêt que vous portez à L’œil paca.fr et toute l’équipe vous en est reconnaissante. Il nous a été physiquement impossible de répondre à cette avalanche d’où ces mots de remerciement. En ce qui concerne les prochains numéros, nous annoncerons le mois de sortie sans fixer un jour précis. Encore merci pour votre soutien.

L’œil paca.fr n’est pas un magazine traitant l’actualité immédiate, sa parution bimestrielle en est une des raisons. Pour ce N°12, il nous semblait opportun d’attendre la fin du sommet de Copenhague pour en tirer les conclusions.

Pendant deux semaines, 193 pays se sont réunis à Copenhague pour trouver des accords sur la lutte contre le réchauffement climatique. De péripéties en blocages, le grand théâtre du n’importe quoi politique a, une nouvelle fois, prouvé la mauvaise foi caractérisée de certains dirigeants.

Reconnaissons que Nicolas Sarkozy a fait montre de bonne volonté. Son enthousiasme à défendre l’obligation de trouver un accord, manifeste la garantie que l’Europe avance positivement sur ce dossier.

Dmitri Medvedev le président Russe, a certifié que le chemin allait être encore : « ...long et difficile pour parvenir à un accord sur le climat, les difficultés ayant été sous-estimées… vu comment se déroulent les discussions, dans cette salle et en comités restreints...». Le président Russe prend tellement au sérieux les accords sur le climat, qu’à 19 heures le vendredi 18 décembre 2009 il était déjà reparti. Evidemment avec un billet d’excuse.

Il s’avère que la déclaration politique de vendredi 18 décembre 2009 au soir soit le résultat de discussions entre une trentaine de pays industrialisés et émergents. Principalement les Etats-Unis, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud.

Certaines nations se sont offusquées de la manière dont les dirigeants des grands pays ont négocié en petit comité. L’Union Européenne fut écartée des dernières tractations.

Angela Merkel, la chancelière Allemande, a évoqué une « décision difficile ». Notre ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo, explique dans la nuit de vendredi : « Il s’agit d’un accord politique entre chefs d’Etats et non pas, d’un contrat, par lequel les dirigeants ont tenté de relancer la machine ».

La délégation Chinoise, après avoir menacé d’abandonner les négociations vendredi après-midi a, pour sa part, accueilli la fin des magouilles par la déclaration : « Tout le monde devrait être heureux ». Dissimuler la vérité s'avère être une coutume chez ces dirigeants.

Le texte doit être approuvé par l'ensemble des 193 Etats participant à la conférence. Plusieurs d'entre eux ont laissé entendre qu'il était inacceptable.

Samedi matin, le délégué de l’Etat Insulaire de l’Océan Pacifique déclare « J'ai le regret de vous informer que Tuvalu ne peut accepter ce document ».

Un délégué Soudanais, a comparé le dit-traité à un Holocauste pour l'Afrique, condamnée selon lui aux inondations, aux sécheresses et autres catastrophes climatiques.

Très vite, les délégués de la Bolivie, de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela dénoncent avec véhémence un projet qui ne permet pas de répondre au défi du changement climatique.

Nicolas Sarkozy qualifie l’accord de « positif... parce qu'il engage toute la Communauté Internationale ». Il n’a pas tort, puisque le bon côté de cette quinzaine de la pagaille a permis la connexion de 15 000 délégués venus de tous pays, pour un coût de 143 millions d'euros.

Plus surprenant, l’accord est jugé « insuffisant » pour combattre la menace du changement climatique par le président Américain Barack Obama. Extraordinaire, cet homme qui représentait l’Espoir ne fait plus qu’illusion. Il a vite compris à ses dépends (puisque décrié dans son pays aussi bien par les Républicains que les Démocrates) que la tâche politique ne se résumerai pas au savoir de la communication. Notons que son insistance du paraître ne réduit pas l’effet des émissions de CO2 de sa Nation.

Mais quelles sont donc les grandes lignes du texte ?

Il ne reprend pas l'objectif global de réduction des émissions de CO2 de 50% d'ici 2050, rejeté par les pays les plus pollueurs : la Chine et l'Inde… L'idée d'une Organisation Mondiale de l'environnement est également ignorée. On se souvient que ces deux points cruciaux étaient défendus par les Européens, et l’on comprend mieux que les dernières tractations se soient faites sans eux. Au final Nicolas Sarkozy se donne plus d'importance, que le véritable poids qu'il pèse sur la scène politique internationale.

Sans Instance chargée de vérifier la mise en œuvre de chacun, les Pays se disent prêts à adapter leurs législations Nationales afin de les rendre conformes aux engagements. Alors, pourquoi refuser la réduction de 50% et une Organisation Mondiale de Contrôle ? La réponse est claire et nous sommes en droit de douter de l’honnêteté de certains gouvernants.

Un fonds de 10 milliards de dollars par an (2010 / 2011 / 2012) sera débloqué par l’Europe et les Etats-Unis accorderont une aide de 3,6 milliards de dollars aux pays les plus vulnérables au changement climatique. Cette aide devrait être de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Les participants admettent la nécessité de financements novateurs (taxe sur les transactions financières ou du fioul maritime). Un groupe de travail sera créé début 2010.

Sans Organisation Mondiale de Contrôle, les pays riches vont débloquer des fonds colossaux. En évitant de généraliser, il est pertinent de savoir comment vont être répartis ces dollars puisque la corruption gangrène nombre de ces pays dits sous-développés. A moins que la France ait déjà l’ambition de « leur vendre » ses centrales nucléaires.

Yasmine Sanches - yasmine@oeilpaca.fr

 

 

 

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