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  Edito : Le retour de Paul Bismuth  
     
 
Sarko
 
 
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Il n'était pas très grand. Sous ses semelles, des talonnettes le portaient à la hauteur de sa compagne. Une ambition débordante animait ses gestes. Un matin, son reflet dans un miroir le persuada qu'il avait un destin présidentiel.

Paul s'engagea en politique. Il fut chargé du ministère de l'Intérieur. Agitateur exubérant, il se déplaçait dans les quartiers sensibles. Un Karcher entre les dents, il installait une amertume profonde dans les esprits.

Sa carrière se prolongea à Bercy. Nommé ministre de l'Économie et des Finances, il ne put redresser les comptes de son pays.

Pour sponsoriser sa campagne présidentielle, il flatta l’ego d'une vieille héritière. Elle exprima son contentement « en espèces » dans une enveloppe.

Paul fut élu Président de la République. Il fêta son début de règne avec ses amis dans un somptueux restaurant. Pour reconquérir sa belle, ils se promenèrent sur un yacht. Le luxe devait étourdir la première dame. Il n'en fut rien. Elle s'échappa en Amérique au bras de son amant.

Paul déroula le tapis rouge à un dictateur venu de Libye. Contrepartie d'un don obscur, des tentes bédouines poussèrent dans le parc d'un hôtel privé. Exaspéré par la critique, Paul lâcha l'armée sur les traces de Mouammar, qui fut lynché à mort du côté de Syrte.

D'anciennes affaires de rétrocommissions refaisaient surface. Mais rien n’y faisait, Paul diffusait son mépris aux juges. Au salon de l'agriculture, il sema une réplique devenue culte « Casses-toi pauvre con ». Les lunettes de soleil sur le nez, la Rollex au poignet, Paul parada devant les médias. De déclaration impétueuse en footing matinal, il avança sa stratégie sur le territoire de l’extrême droite.

Capricieux, Paul voulait s’envoler vers l'Histoire ; Malgré la dette publique, il commanda un bel avion. Pour se faire applaudir, des rues entières furent fermées. Ses partisans agitaient des drapeaux tricolores et clamaient son prénom.

Paul affirma que s'il n'était pas plébiscité, il se retirerait à jamais de la politique. Les citoyens n'en pouvaient plus des frasques de ce chef d'État. Il ne fut pas réélu. Mis à l’écart, il laissa pousser sa barbe. Mais une nuit, il fut brusquement jeté en garde à vue.

Ce jour-là, il décida de revenir sur le devant de la scène. Il voulait bénéficier de l’immunité présidentielle.

Mais le peuple avait plus d'intelligence que Paul de neurones. La France lui prouva l’inexactitude de ses propos. Sa présence n'était pas requise à un poste qu'il avait déjà occupé sans succès par le passé.

Paul ne parvint pas à convaincre. Il dut répondre, devant la justice, de ses actes délictueux.


Fatima Ameziane - fatima.ameziane@oeilpaca.fr

 

 

 

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