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Numéro 15
   

Eiffel

Musique : Eiffel

Rv Dols : Le groupe s’est construit autour de Romain Humeau. Enfant, le jeune Romain à peine sur ses dix printemps, commence son éducation musicale par le violon. Son père est facteur de clavecin et initie ensuite Romain à la guitare. Dans sa douzième année, il fonde son 1er groupe avec Philippe Uminski : "  Les Peanuts ".

Puis suivent sept ans de conservatoire où tu rencontres Estelle, la mère de ta fille. Avant Eiffel, en 1995, il y avait " Oobick and the Puck ", groupe qui était signé chez la Warner avant la rupture de contrat pour incompatibilité d’humeur.

Romain Humeau : Oobick était déjà, à l’époque, composé de Nicolas (Courret), Estelle et moi-même. Ce n’est pas vraiment une incompatibilité d’humeur, nous on les aimait bien.

Eiffel / photo Rv Dols©

Nous étions signés et puis il y a eu un changement de direction, en gros nous ne rentrions plus dans leurs plans.

Rv Dols : C’est donc en 1998, sur les cendres de Oobick qu’est né EIFFEL, composé de Romain Humeau, Estelle Humeau, Nicolas Courret et Damiens Lefévre. Le 1er maxi cd sort en 1999 et c’est Bertrand Bourgalat qui fait fonctionner le bouche à oreille. En 2000, le label Parisien « LABEL » vous signe. Juillet de la même année, enregistrement de « Abricotine et Quality street » et du premier clip vidéo tourné par Henri Jean Debon. Cet album sort en 2001, « ABRICOTINE » est le premier des quatre enregistrements studio. D’ailleurs, quelques années plus tard, tu qualifieras cet album de trop lisse, voir trop clinique.

Romain Humeau : Je ne me souviens plus avoir dit cela. Peut-être, puisque je le pense, entre autres, mais pas que. Je crois que ma voix est mise en cause. C’est tout bête, de nos jours j’assume totalement le fait d’avoir la voix cassée. Ce qui n’était pas du tout le cas par le passé. Pour les enregistrements studio, il fallait que je me repose la voix pendant cinq jours pour éviter qu’elle soit éraillée. Cela donnait un truc très efféminé, mais j’assume, nous cherchions ce rendu. Nous voulions être très glamour sur « Abricotine ». Un petit peu à la Ziggy Stardust (David Bowie), et puis il y avait des textes en Anglais avec des intonations Glam volontairement poussées à l’exé. Après cela a du charme, premier album pour Eiffel.

Rv Dols : 2001 est aussi l’année où tu réalises l’arrangement des cordes sur « Des visages et des Figures » de Noir Désir. 2002, le « Quart d’Heure des Ahuris » et c’est cette année là que Nicolas Courret décide de quitter le groupe. Après son départ tu déclares que l’orientation du dernier album lui convenait moins et que la vie du groupe le fatiguait et que par conséquent il préfère partir enseigner à Marseille.

Nicolas Courret : Non, je ne suis pas allé enseigner à Marseille mais en saignant. Non je plaisante. J’avais besoin de tunes. J’ai toujours continué à faire de la musique, sur d’autres projets, des groupes, des compagnies de Théâtre…

Rv Dols : Alors Nicolas, si tu reviens avec EIFFEL c’est que l’orientation musicale te convient et idem pour la vie du groupe.

Nicolas Courret : Ce n’était pas la vie du groupe. Il y avait une certaine lassitude, tout simplement marre. Nous avions vécu pas mal d’années ensemble. J’avais envie d’autres choses. Je me reconnaissais plus dans ce projet et j’ai préféré le dire. C’était très naturel sans arrière-pensées ou sentiments malsains. De la même façon que je suis revenu, tout naturellement. Sans aucun calcul. Quand je me suis pointé, c’était à un moment où EIFFEL n’avait plus de maison de disques, période grosse galère. Nous sommes amis et nous faisons de la musique ensemble. Même si c’est Romain qui écrit les morceaux, nous sommes tous dans une certaine exigence du résultat en ce qui concerne notre travail. Notre vision du projet est similaire.

Rv Dols : 2003, Xavier Bray quitte le groupe, il est remplacé par Turi. En 2004 le double live « Les Yeux fermés » puis Virgin rachète votre label et c’est également l’année du projet solo de Romain « L’éternité de l’instant », enfin Damiens Lefévre va enregistrer avec LUKE l’album « La tête en arrière ».

Romain Humeau : EIFFEL est un groupe composé de membres. Il est vrai que les musiciens ont été nombreux et que le groupe a beaucoup changé. Les autres et moi ne voulions pas cela à la base. Actuellement je suis heureux de dire que les trois membres fondateurs du groupe sont de nouveau réunis en 2010. Pendant cinq ans il y a eu pas mal de mouvement. Nous avons eu la chance de rencontrer des gens très bien qui restent d’ailleurs nos potes. Depuis le retour de Nicolas en 2008, tout va mieux. Si le dernier album marche bien, c’est aussi du à cela. Eiffel ce n’est pas Romain tout seul, tout en étant conscient que j’apporte quelque chose d’essentiel au groupe. Mais, j’ai besoin des autres pour nourrir le projet.

Eiffel n’a pas fait une pose en 2004 parce que je devais faire un album solo. Eiffel avait décidé d’une pose. J’ai donc profité de cette espace temps pour faire quelque chose qui se différentiait d’Eiffel. Après l’enregistrement de l’album de LUKE, Damiens a fait des dates avec eux. La complication pour Eiffel c’est quand il a décidé de rester avec LUKE. Damiens avait une place importante dans EIFFEL, même s’il n’était pas un des membres fondateurs, son départ nous a touché.

Rv Dols : 2006, départ de Turi et enregistrement de Tandoori. 2007, sortie de cet album, EMI rachète Virgin et Philippe Ascoli vous signifie la fin du contrat qui liait EIFFEL à EMI.

Romain Humeau : Pour tout dire, si nous avions fait à l’époque l’erreur de vouloir à tout prix rester chez EMI, je suis persuadé que nous ne serions pas là en train de discuter aujourd’hui. Le groupe aurait explosé.

A un moment donné si tu veux vivre de ta musique, il est nécessaire d’être signé. Pour éviter de t’occuper de tout ce qui est lié à la promotion et autres, et te concentrer sur tes créations. Nous avons envie d’une indépendance artistique totale, mais nous avons envie d’avoir une maison de disques.

Rv Dols : En 2008 c’est « Le temps des cerises » enregistré le temps d’une nuit chez toi au fond de la cour avec Estelle, Serge et Bertrand.

Romain Humeau : Ce n’est pas EIFFEL, c’est pas Noir Désir, c’est le temps des cerises.

Rv Dols : 2009, sortie du quatrième album « A tout moment », à noter le retour de Nicolas Courret (2008) et l’arrivée de Nicolas Bonnière ex Dolly, Manu, mais aussi guitariste et producteur de Calvin Russel quand il vient en France.

Romain Humeau : Quand Nicolas Bonnière nous a rejoint l’album était pratiquement fini. C’est un bon musicien et un être humain.

Rv Dols : Finalement, au bout d’un peu plus d’une décennie, malgré les affres de la vie d’un groupe, Eiffel est plus vivant que jamais.

Romain Humeau : Le but ce n’est pas de durer coûte que coûte. D’une part c’est une passion, et d’autre part c’est notre métier. Nous mangeons grâce à la musique. Je n’ai aucun souci avec cet état de fait, nous sommes à moitié artiste et à moitié artisan. Il y a des moments où nous sommes fatigués, nous avons besoin de nous arrêter. Ce qui nous permet de pouvoir jouer de nouveaux morceaux. Sans oublier que les deux Nicolas, Estelle et moi, nous avons le désir d’avancer sur d’autres choses. Il n’y a pas que Eiffel. Il faut en permanence se donner envie. Je pense que nous allons faire un cinquième album pour 2011 et qu’il y aura une nouvelle pose après la tournée pour Eiffel. Ce qui permettra à chacun de pouvoir s’activer sur d’autres projets.

Rv Dols : Sur cette tournée, vous êtes huit entre les ingénieurs du son, de la lumière et autres… Ce sont les dates qui font que vous êtes professionnels ?

Romain Humeau : Entre autres, le fait de faire des disques, des chansons, des dates, cela nous fait vivre tous de manières différentes. Mais il est vrai que ce qui nous fait vivre « comme des salariés » c’est la tournée. Nous avons soixante dates et il nous en reste autant à faire. L’album à ce jour s’est vendu à 30 000 exemplaires, ce qui, de nos jours n’est pas un mauvais chiffre.

Rv Dols : L’identité du groupe réside dans le fait que les textes sont aussi importants que la musique.

Romain Humeau : Nous venons d’une culture yaourt. Donc forcément, au commencement, il n’y avait pas vraiment de textes personnels. Je ne dis pas que les textes sont bien et qu’il faut les écouter. Mais depuis le « quart d’heure » les textes ont un rôle essentiel. Pouvoir dégager plusieurs écoutes, je trouve que cela permet aussi de donner de l’énergie. Si c’est plat et qu’un chien est égal à un chien, c’est sans intérêt. Sur Tandoori, les textes sont devenus plus importants que la musique. Sans avoir la prétention de dire qu’ils sont bien. Mais nous aspirons à ce que les textes soient bien, mais également les mélodies.

Il n’y a pas que la musique pop, Rock, ou cela fait bien par rapport à ce que pense les autres, ou la notoriété, tous ces préceptes ne rentrent pas en ligne de compte.

Nous aimons la musique, elle nous sert aussi à passer ailleurs. Il y a l’idée de transcender la vie, les émotions sont tellement fortes par moment.

Nous cherchons à transmettre cette sensation aux autres, il est vrai que sur scène nous ne sommes pas toujours dans cette configuration, mais nous essayons au maximum de faire passer les gens ailleurs.

 

Hervé Dols / dols@oeilpaca.fr

 

 

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