| DIAPORAMA PHOTO Ferme du Cayla | SOMMAIRE numéro 15 |
Numéro 15
   

Charles Pioffet

C'est du BIO : Producteurs de plantes aromatiques médicinales

Le syndicat SIMPLES fut créé en 1982 dans les Cévennes. Aujourd’hui il regroupe 80 producteurs cueilleurs de plantes médicinales aromatiques, alimentaires et tinctoriales. La démarche est saine. Elle autorise la conservation, la valorisation et la biodiversité du monde végétal. La terre est considérée comme un partenaire vivant et non comme un outil. Le respect de la vie du monde végétal et des utilisateurs fait partie de la philosophie des cueilleurs.

Définitivement à l’écart du monde de l’exploitation productiviste. Les cueillettes sont faites suivant des techniques, qui permettent le renouvellement des ressources prélevées en zone de moyenne montagne.

Charles Pioffet / photo Rv Dols©

Là où la diversité biologique n’est pas encore épuisée. Dans un lieu protégé des pollutions majeures que sont, l’agriculture intensive, les secteurs urbains ou industriels, les bords de routes et autoroutes, les décharges…

Les adhérents suivent un cahier des charges strict. Il est homologué depuis 1988 par le Ministère de l’Agriculture. Toute utilisation de produits chimiques de synthèse (engrais, produits de désherbage ou de traitement) est interdite. Pour épargner les sols, la rotation des cultures est régulière. Quand les plantes ne peuvent résister toutes seules à l’assaut des nuisibles, les traitements biologiques ne vont pas jusqu’à l’éradication totale et ce, pour éviter la destruction des insectes auxiliaires.

Nos intentions étaient d’appréhender le potentiel et tout l’intérêt que peut constituer S.I.M.P.L.E.S. Notre curiosité nous conduit à le Cayla, à proximité du village de Saint Laurent du Lévezou. A une vingtaine de kilomètres de Millau (Aveyron), sur les terres de Séverine et Charles Pioffet adhérents à SIMPLES.

La ferme de le Cayla se situe à 750 mètres d’altitude, sur un terrain d’un hectare en partie boisé. Séverine et Charles transforment des plantes en huiles, baumes, vinaigres, tisanes…

Originaire du Centre de la France et après un passage dans le sud de l’Indre, le couple s’installe en Aveyron. Ils étaient à la recherche de soleil pour éclairer leurs hivers. Leur amour pour les plantes motiva leur envie d’en vivre.

Après diverses étapes, maraîchage Bio, formation des métiers de l’agriculture et de l’environnement, bac pro horticole… Séverine rencontre un producteur de plantes médicinales. Le déclic opère, la culture des plantes devient leur passion et profession, un tiers de leur activité est l’Horticulture.

Depuis, Séverine et Charles sont producteurs de plantes aromatiques et médicinales. Ils font donc partie du syndicat inter-massif pour la production et l’économie des SIMPLES.

Séverine : « Simples signifie : les plantes d’usage pharmaceutique simple, par opposition aux plantes dangereuses et toxiques que seuls les médecins et herboristes utilisaient par le passé et de nos jours remplacées en pharmacie par des molécules chimiques issues de l’industrie des laboratoires ».

Charles : « C’est la pharmacie de base que l’on peut tous avoir chez soi pour soigner les petits bobos de tous les jours. Mais en aucun cas cela ne se substitue à la médecine. Nous ne sommes pas naturopathes ou médecins, même si Séverine a suivi une formation, ce n’est d’ailleurs pas le but recherché ».

Sur les dépliants et leur site Internet, en commençant par le haut dans la liste tisanes, se trouve : (Artémis : pour les femmes, soulage les douleurs menstruelles. Composition Achillée, Sauge officinale, Souci, Millepertuis, Monarde).

Séverine : « La tisane Artémis est spécifique puisqu’elle sert uniquement aux femmes qui ont des règles douloureuses. Légalement nous n’avons pas le droit de l’inscrire, c’est considéré comme de la médecine illégale. Cela ne figure pas sur les emballages des sachets. Oralement nous expliquons systématiquement dans quelle circonstance il est utile de consommer telle ou telle tisane.

Séverine et Charles cultivent des plantes aromatiques et médicinales, mais il reste intéressant de connaître la provenance des différentes graines.

Charles : « Il y a des graines bio de certaines variétés que nous avons achetées. Il y a des pieds-mère que nous avons replantés ici. Egalement des échanges avec d’autres membres de Simples. Une chose importante, quand nous sommes arrivés au Cayla, nous avons recensé les plantes médicinales sauvages qui poussaient sur ces terres. Les plantes sauvages ont toujours de meilleures propriétés qu’une plante cultivée. Le but était de se concentrer sur les espèces qui poussaient naturellement et de les exploiter, ce qui limite notre cueillette sauvage. Il n’y a que quatre plantes que nous cueillons à l’extérieur de nos terres et où nous sommes obligés de prendre un véhicule pour nous y rendre. Nous avons la volonté d’essayer de rester cohérent en limitant notre impact, disons que l’on ne fait pas des plantes "bio" en faisant 50 000 kilomètres par an.

Séverine et Charles ne sont pas vénaux. L’ambition réside plutôt dans la construction d’une vie au plus proche d’une vision en accord avec les réalités qui les entourent. La volonté de vivre des fruits de leur travail réside, sans que le profit ne vienne piétiner leurs cultures car la vente des plantes au poids n’est pas rentable.

Séverine : « Nous avons fait le choix de cultiver, de récolter à la main, de transformer et de vendre nous mêmes de petites quantités. C’est de la valeur ajoutée aux produits. De faire des plantes c’est joli, mais il faut aussi pouvoir en vivre. Nous sommes déclarés à la chambre d’agriculture, pour simplifier cela s’apparente à une micro entreprise.

SIMPLES est donc un label qui regroupe des producteurs et cueilleurs de montagne. Ils se réfèrent à un cahier des charges qui préconise une agriculture respectueuse de l’environnement. Les règles de travail sont plus exigeantes que les normes Européennes. En conséquence, les adhérents de SIMPLES font du BIO.

Séverine : « BIO c’est être labellisé AB. C’est un monopole. Nous n’avons pas le droit d’estampiller sur nos produits le label AB. Pour la petite histoire, il est nécessaire de comprendre que pour un adhérent de SIMPLES, AB cela signifie assez bien. Nous produisons du biologique strict, voir plus contraignant.

Charles : « Ce qui ne nous convient pas dans AB, ce sont les seuils de tolérance. Exemple, si tes cultures ont une maladie qui compromette la future récolte, tu peux obtenir une dérogation pour appliquer des produits phytaux sanitaires. Dans l’élevage c’est encore pire puisqu’ils ont le droit d’utiliser certains antibiotiques. Mais le BIO c’est toujours mieux que l’agriculture conventionnelle industrielle et nous ne crachons pas dessus. D’ailleurs, nous ne consommons que des produits BIO.

Séverine : « Oui et puis, entre une pomme issue de l’agriculture conventionnelle qui a subi trente sept traitements et une pomme AB qui a, certaines années sur dérogation eu un produit dessus, le choix est vite fait. Après, il y a une agriculture biologique par conviction et une agriculture biologique pour faire de l’argent. A SIMPLES, à nature et progrès, ce n’est pas seulement la production qui est labellisée, c’est la ferme et ses habitants, en somme la globalité.

Même s’ils se défendent de faire de la « médecine », les produits de Séverine et Charles ont des qualités naturelles indéniables qui vont dans ce sens. Le sentiment qui nous fait succomber à leurs préparations s’apparente à l’amour des belles choses.

Pour ceux qui le souhaitent, Charles fait des marchés en Aveyron où il vend les produits de leur terre. Mais il y a aussi la possibilité de télécharger un bon de commande sur le site : www.naturellementsimples.com et de le retourner par la poste.

Le site du syndicat inter-massifs pour la production et l'éconimie des SIMPLE www.syndicat-simples.org

 

Hervé Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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