| SOMMAIRE | Rencontre : IZIA |
 

Izia Higelin photo Rv Dols

Rencontre : Izia

Vers l’âge de six ou sept ans, Izia rêve de Licornes et de Châteaux. Ses premières imitations sont de Marilyn Monroe et ses premiers goûts musicaux sont plutôt Boys band.

A dix ans, elle fréquente les Luna park avec papa. C’est à treize ans qu’elle compose ses premiers morceaux et commence le théâtre. A quinze ans, Izia met une fin définitive à sa vie scolaire, étonnant quand on sait qu’elle aspirait à devenir « maîtresse ».

Izia : Je voulais être maîtresse d’école, un peu comme tous les enfants qui veulent être vétérinaires ou pompiers. Cette envie m’a vite fuit et, très tôt, mes désirs de carrière se projetaient au travers de la musique. Abandonner l’école, c’était pour pouvoir me consacrer pleinement à la musique.

En 2006, à peine 16 ans et c’est déjà la scène des Printemps de Bourges. Ascension vertigineuse, la comète Izia se propulse dans les esprits et signifie sa présence au monde du Rock. L’iguane ne s’y trompe pas, elle fait d’ailleurs sa première partie en 2007. Pendant les concerts, c’est puissant, des performances qui sortent des tripes.

Izia : Pendant les concerts, je me donne sans compter, c’est très sportif. J’ai besoin des autres pour me nourrir de leurs énergies, pour combattre, me donner au maximum. Une heure et demie de set, pour moi, cela s’assimile à un vrai show. Quand le public est déchaîné ça me permet de me lâcher encore plus. Cela peut s’apparenter à de la transe, la frontière n’est jamais très loin.

Photo Rv Dols

Le théâtre a une importance singulière dans la famille Higelin, cet art majeur a façonné inévitablement le jeu de scène de « la petite ».

Izia : J’ai fait du théâtre pour me libérer, enfant je bougeais dans tous les sens, peut-être hyperactive. A la maison j’étais le clown. En tous cas, ce fut une véritable révélation pour moi. Le théâtre m’a permis de me découvrir. Sur scène, je privilégie les interludes, voir les moments d’improvisation. Entre les morceaux j’ai plaisir à prendre les gens dans mon jeu, de les interpeller, de partager l’instant, ce sont des moments existants. Le théâtre exacerbe la réactivité.

Jacques Higelin, dans une chanson, décrit sa fille dans les termes suivants : « La rage au cœur, le diable au corps, et le rock à la peau ».

Izia : C’est vrai qu’il a écrit cette chanson pour moi. Forcément, il me connaît par cœur et ses mots me définissent au plus juste. Le rock c’est ma vie. Je ressens en permanence le besoin de l’exprimer. En ce qui concerne papa, il se porte très très bien, il a enregistré un album qui va bientôt sortir.

Ken, l’un des frères d’Izia, prépare le prochain clip qui sera pour l’occasion autoproduit.

Izia : Ken nous a suivi en studio, il est venu sur quelques dates. Les musiciens et moi-même, nous avons du mal avec la présence des caméras. En plus nous n’avons pas encore eu le temps de travailler ensemble. On se voit en février pour tourner le clip. Mais il va être réalisé à l’arrache. Nous auto produisons le clip et, après, nous pourrons en faire ce que nous voulons.

Bien que sa carrière soit récente (son 1er album est sorti en 2009), Izia est déjà sollicitée par les publicitaires. Une publicité avec la marque « Bateau » est déjà visible sur le net.

Izia : La tune je m’en fous, en plus, ce n’était pas si bien payé, non, je plaisante. Ce qui a primé quand j’ai pris la décision d’accepter, c’était le projet par lui-même. Le clip est mortel. C’est dingue, on croirait que c’est moi sur les photos. Ce sont des petites qui me ressemblent à fond. La première photo de bébé c’est moi, mais le reste ce n’est pas moi. Sur ma musique, avec mon prénom, avec ma figure à la fin, c’est une visibilité incroyable. A partir de mars cela sera diffusé en mode trente secondes sur les écrans et dans Paris. Petite, ma mère ne m’habillait qu’en Petit Bateau. Moi, je leur apporte le côté rock roll et eux, ils m’apportent une visibilité importante. Je n’ai pas du tout le sentiment de me vendre en travaillant avec eux. Je ne regrette pas. Aucune honte et j’adhère à cette pub à fond.

Izia se revendique et il est incontestable qu’elle soit « rock ». Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, en France et en début de carrière, personne n’a porté l’étendard du rock avec une aussi fière allure. En espérant froisser personne autour d’elle, une pensée inévitable interpelle : Les monstres sacrés du rock ont malheureusement vu trop souvent leurs existences s’interrompre dans des conditions tragiques.

Izia : Oui je sais. Je n’y pense pas et je n’ai pas le statut de Kurt Cobain, Morrisson, Hendrix ou Janis Joplin pour mourir à 27 ans. Je ne crois pas que ce soit un hasard. Juste avant la trentaine, quand tu déconnes toute ta vie, tu payes un jour. La plupart sont morts, mais pas à la suite de maladie grave. La drogue, l’alcool, la dépression, les excès en tous genres ont fini par leur prendre la vie. Pour ma part, je ne suis pas dans ce cas de configuration, de destruction. Je ne bois pas d’alcool. Ce n’est pas la déchéance qui fait le rock’n’roll. Aujourd’hui, l’image du rock peut ne pas être flatteuse. Le fantasme de la chambre d’hôtel dévastée, avec du sang dans la baignoire et les capotes sur la table est vivace dans les esprits. Mais pour moi, le rock vaut beaucoup mieux que ça. A la base, le rock’n’roll est une musique inventée par les noirs Américains. C’était du positif pour les gens, il y avait des robes de couleur, de la joie, de la danse, c’était un vrai truc fédérateur et de liberté. Je ne suis pas anti-drogue, je pense que c’est important d’essayer et de faire des expériences. Mais la drogue, pour le rock c’est la fin de tout et je ne suis pas du tout dedans. Mon rock se veut positif, énergique et rempli de vie. Moi je fais la fête jusqu'à pas d’heure en allant danser toute la nuit et en buvant du coca light.

 

Propos recueillis par Rv Dols - herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine gratuit rédaction et publicité : yasmine@oeilpaca.fr | Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex