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Art plastique : Jam festival
   
 
 
   

Jam Festival Graff Vedéne

Art plastique : Jam Festival à Vedène (84)

En juin le 8 ème Jam Festival et LESKA avaient donné rendez-vous aux Graffeurs à Vedène (84) et ce pour la dernière fois sur des murs qui changent prochainement de propriétaire ; Les futurs exploitants du site seront plus motivés à faire du bénéfice avec la vente de meubles que d’offrir un support aux graffeurs.

Il fallait donc saisir l’opportunité de discuter avec les graffiteurs, histoire de jauger et de voir vers où se dirige cet art, sans tirer de conclusion trop hâtive puisque nous savons bien que les disparités selon les régions et les individus sont vivaces.

Dans ce genre de manifestation nous sommes bien loin des origines scandaleuses et sulfureuses du Graff. En effet, braver les interdits et interpeller le plus grand nombre de gens possible ne sont pas des préceptes à retenir.

Photo Hervé Dols - All Rights Reserved -

Le mot d’ordre est :« éclates-toi et prends du plaisir à créer ».

Ce qui m’interpelle rapidement, c’est de voir que des femmes ont des bombes à la main et leurs créations n’ont rien à envier à la gent masculine. Elles m’avoueront ne jamais avoir fait de « vandale ».

-« Je n’ai pas envie de courir ou de jouer à cache cache. Je veux prendre mon temps et surtout ne pas créer dans l’urgence ».

Certains garçons sont moins catégoriques et préfèrent ne pas être reconnaissables sur les clichés.

-« Je préfère ne pas apparaître sur les photos, même de dos. J’ai des tatouages qui sont trop reconnaissables ».

A mon humble avis, si tu n’as pas envie d’être identifié et que tu fais du « vandale », tu ne viens pas parader dans ce genre de festival. Surtout que de la route, ou d’en face, il est facile de faire des images. En discutant avec d’autres grapheurs, j’apprends que certains auraient tendance à jouer un rôle.

-« Tu sais, la plupart des graffeurs qui sont présents ici ne font pas de vandale. Déjà, il y a des festivals et des murs mis à disposition même si cela reste trop marginal. Après, beaucoup se mettent à la toile ou autre support pouvant être accroché dans divers lieux ».

Le graff serait-il entré dans un processus de démocratisation ?

Difficile de l’affirmer. Des éléments permettent de penser que le mouvement qui tirait sa force dans la rue et le Hip hop n’est plus systématique, même si les casquettes sont toujours sur les têtes. Les casques restent vissés sur les oreilles mais ils ne crachent pas toujours du rap.

Le hip hop semble lui aussi prendre du recul, ce n’est plus une règle d’appartenir à un Crew, cela devient plutôt marginal.

-« Je n’ai jamais écouté de rap, je suis plus électro, voir certaines formes de jazz ».

Des ventes aux enchères, des expositions, le graff évolue et entre dans nos habitations, nos musées, il s’invite à la table des arts.


David Sanchez  / david.sanchez@oeilpaca.fr

 

 

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