| SOMMAIRE | Entrevue : Rwan du groupe JAVA | PHOTOS JAVA live |
 

Entrevue : Rwan du groupe JAVA

JAVA groupe rock-rap-chanson Française. Rwan et Fixi commencent l’histoire de Java en 1998. Le premier album Hawaii sort en 2000.

Leur passage sur la scène du festival des Vieilles Charrues leur confère un début de notoriété. La même année l’Album Java sur scène est dans les bacs.

2002 est l’année de Saucisson de Cheval (reprise de Boby la Pointe).

En 2003, le second album « Safari Croisière », est enregistré au Brésil. L’hexagone est sillonné par Erwan Seguillon (auteur interprète) François-Xavier Bossard alias Fixi (Accordéon et clavier) Jérôme Boivin alias Pépouseman (Contrebasse) Alexis Bossard alias Bistrol Banto (batterie). Mais, curieusement, la renommée du groupe se forge plus à l’étranger que sur notre territoire.

Le projet d’Erwan Radio Cortex, fait le tour des salles en 2006. C’est également l’année de Rock’n Tour, avec Java, Winston Mc Anuff et Radio Cortex.

Radio Cortex 2 débarque en 2008. Il faudra attendre le 27 avril 2009 et l’album « Maudit Français » mixé par Jean Lamgot et sous le label Makasound pour revoir enfin Java dans les festivals et les salles.

L’œil paca.fr : Erwan, si tu es OK, je vais te balancer des mots et tu me dis ce qu’ils évoquent pour toi….. Le premier : Paris.

Rwan : Ma ville, je l’aime autant que je la déteste. Elle est au cœur de notre musique. Elle nous inspire. Les personnages récurrents qui sont dans nos morceaux sont des Parisiens. Ce n’est pas par fierté d’être Parisien, puisque finalement nous n’avons pas choisi l’endroit où nous sommes nés. L’important pour nous, c’était de pouvoir se réapproprier notre espace et de jouer avec cette culture pour pouvoir délivrer quelque chose de personnel et d’original. Si on veut se développer, s’ouvrir et voyager, il faut avoir des racines fortes. La finalité, par le biais de la musique, c’est de pouvoir offrir cela aux autres.

Nous jouons avec les clichés Parisiens, en incorporant les ingrédients de base que sont Paris, l’accordéon, le langage utilisé. Les détracteurs peuvent dire que notre musique est Franchouillarde, alors que c’est tout simplement le contraire de ce que nous faisons. Nous détournons les clichés en introduisant tout ce qui nous est personnel, pour nous permettre l’ouverture sur l’extérieur et cela a plutôt fonctionné dans les Pays où nous somme allés.

L’œil paca.fr : Sexe ?

Rwan : Oui. L’idée était de faire une musique qui soit aussi sexuelle. Notamment au travers de la danse. Le problème quand on chante en Français c’est qu’il y a une approche un peu trop cérébrale. Je ne sais pas à quoi cela est dû. Peut-être l’éducation. Mais en ce qui nous concerne, le but recherché c’est la spontanéité. Avoir une musique sensuelle qui parle au corps plutôt qu’à l’esprit. Ce qui reste compliqué à faire avec la langue Française. Le challenge est là, utiliser la langue Française, avec des instruments comme l’accordéon et de retransmettre l’énergie d’un groupe de rock.

L’œil paca.fr : Bière ?

Rwan : J’aime trop la bière, de moins en moins. Je préfère passer au champagne, vachement embourgeoisé. Non, de la fête, c’est en fait l’amour du bar qui reste un lieu de sociabilité. Mais en réalité, quand on avait 24 ans, dans certains textes, nous avons mis l’alcool un peu en avant, le côté punk. Maintenant nous n’avons plus tout à fait la même approche, l’alcool est devenu un problème. Donc il n’est plus vénéré comme avant.

L’œil paca.fr : Texte ?

Rwan : C’est une partie prenante du projet. Beaucoup de gens axent sur ça. Je me prends bien la tête pour écrire. Travailler les mots, les tordre, les torturer, essayer de leur donner du rythme. L’intérêt, en ce qui me concerne, n’est pas d’avoir une belle écriture. Elle doit pouvoir donner du rythme à la musique. L’exercice est frustrant, dans la mesure où je n’écris pas tout ce que j’ai sur le cœur. Ce n’est pas du calcul, mais plutôt une alchimie, une espèce de magie avec la musique. Je peux passer trois mois sur un texte et à l’arrivée ce n’est pas bon. Mais à force d’écrire avec la musique, d’un coup il y a quelque chose qui vient… comme cela… directement. Il n’y a pas de règle établie, ce qui est d’ailleurs dur et plaisant dans ce travail. En gardant pour principe que ce soit jouable sur scène.

L’œil paca.fr : Nature ?

Rwan : La nature est mon cauchemar. Je ne suis pas écologiste. Mais je me déplace en vélo à Paris. Comme tout le monde, je suis tracassé. Je trouve qu’on se comporte comme des porcs. Nous sommes des éléments de la planète, nous disparaîtrons si nous devons disparaître. Je n’ai pas cette vision apocalyptique. Mais il y a une certaine logique, si nous nous comportons comme des porcs, cela entraînera notre fin.

L’œil paca.fr : Réincarnation ?

Rwan : Je suis pour.

L’œil paca.fr : Tabou ?

Rwan : J’ai suivi des cours d’ethnologie et c’est l’une des premières choses qu’on t’enseigne. Dans chaque société il y a des tabous, avec notamment l’inceste.

L’œil paca.fr : Football ?

Rwan : Je suis passionné de football. J’aime les tactiques, le beau jeu. Après, ce que cela draine autour, le fanatisme, cela me fait peur. En même temps, tu te dis que ces gens là, il vaut mieux qu’ils soient dans un stade à regarder un match plutôt que de.… ça canalise. Petit, j’ai pratiqué un peu, mais j’étais trop mauvais.

L’œil paca.fr : Enfant ?

Rwan : Je vais en avoir un troisième bientôt. C’est pour bénéficier de la carte des transports (Rire) et payer ma retraite parce que nous ne l’aurons pas…

L’œil paca.fr : Et le dernier Bonheur ?

Rwan : C’est du chagrin qui se repose, comme disait Léo Ferret.

 

Propos recueillis par Rv Dols - herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine gratuit rédaction et publicité : yasmine@oeilpaca.fr | Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex