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Numéro 7
   

Jean Louis Pétrone

Peinture : Jean-Louis Pétrone

Une vingtaine d’années passées en Indes du Sud (Madras).

Saturé de couleurs, l’artiste nous revient et s’installe à Bordeaux.

Pendant un an il se plonge dans une thérapie par la peinture et exprime ses sensibilités dépouillées et sobres, comme un pied de nez à un passé où la couleur s’était imposée au jour le jour.

Le peintre expose dans des lieux qui rendent sa peinture plus accessible au commun des mortels.

A Marseille il est passé par le Café de Paris et au Café Simon cours d’Estiennes d’Orves, à Carpentras (84) à la Chapelle du Collège.

Jean-Louis Pétrone / Photo Hervé Dols©

Jean Louis : La galerie reste toujours un peu élitiste. Le public n’ose pas forcément ouvrir une porte, alors que là ils viennent déjeuner et ils regardent les tableaux.

L’œil paca.fr : Je constate que les formats sont carrés, du 80x80 cm et du 100x100 cm…..Il y a-t-il une raison particulière ?

Jean Louis : En Indes, ma clientèle était composée d’expatriés qui possédaient des demeures immenses, le format était plus ou moins en rapport avec la superficie des murs. De retour en France, il a fallu que je m’adapte aux réalités des espaces et aussi financières.

L’œil paca.fr : En ce qui concerne la création même, n’est-il pas difficile, voir réducteur, de passer d’un format "monumental" à un format plus classique ?

Jean Louis : Exactement, ce n’est pas évident du tout. L’œil et les gestes sont habitués à une certaine surface, et c’est réducteur de se contraindre à peindre sur des formats plus petits.

L’œil paca.fr : Beaucoup de peintres peignent au sol quand le format dépasse les normes…et toi ?

Jean Louis : Les deux. En général, à partir de 80x80 cm, j’applique la première couche sur mon chevalet, puis je me mets à quatre pattes pour construire ma cuisine… collages, peinture…

L’œil paca.fr : D’où vient cette envie de collage et de relief?

Jean Louis : J’affectionne le côté récupération. Je fais les poubelles, cartons, papiers, fil de fer, je recycle et puis cela apporte du volume à la toile. En fait nous sommes pratiquement sur de la 3D.

L’œil paca.fr : Dans votre cursus, il y a un passage par la sculpture….. Cela explique t-il ce côté peinture sculptée ?

Jean Louis : Oui. En ce qui me concerne, je ressens une certaine frustration dans la peinture, on est toujours à plat. En contre partie la sculpture m’intéresse pour ses volumes. Je trouve intéressant le mélange des deux.

L’œil paca.fr : Pourquoi des couleurs sombres ?

Jean Louis : Cela correspond à une période. Je voulais travailler pendant un an sur du noir et blanc, c’est fini, je suis revenu à la couleur depuis peu.

L’œil paca.fr : J’ai remarqué que toutes les toiles avaient un nom relativement burlesque.

Jean Louis : Il faut désacraliser l’art, et mettre de l’humour favorise cette orientation, les titres facilitent la manœuvre.

L’œil paca.fr : J’ai vu du texte sur des tableaux : Pourquoi ?

Jean Louis : Je n’aime pas les barrières. J’estime que dans l’art les choses peuvent être vues en commun, donc faites à plusieurs mains. Les textes sont écrits par une amie écrivain et j’ai peint autour de ces mots.

L’œil paca.fr : Pour toi, c’est quoi la peinture ?

Jean Louis : Quand on peint il faut se faire plaisir. Il faut qu’une image arrive à maturité dans mon esprit avant que je commence à travailler. Tant que je ne sais pas où je vais, je ne touche pas mes pinceaux. Donc la peinture c’est aussi de la réflexion.

 

David / david.sanchez@oeilpaca.fr

 

 

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