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Rencontre : JIM Murple Mémorial

A l’origine, Jim MM sont des musiciens qui se retrouvent autour des rythmes Jamaïcains. Chacun apporte son identité musicale. Du Rythme’ n’ Blues Jamaïcain, également le titre du premier album consacré uniquement à des reprises, en passant par le Rocksteady et le Ska. Jim MM joue ses compositions depuis l’album The Story of Jim MM en 1999. Romain et Nanou sont les deux seuls rescapés de l’espace vie Jim MM. En quinze ans d’existence le collectif à régénérer ses musiciens à plusieurs reprises.

Rv Dols : Quels arguments ont conduit Jim Murple Mémorial sur ce chemin musical auquel le collectif est resté fidèle malgré les années ?

Romain : À l’époque le Reggae était personnalisé par Bob Marley et le Ska était revenu sur le devant de la scène dans les années 80 sous l’impulsion de groupes Anglais comme Madness.

Nous voulions démontrer que la Jamaïque était le berceau de tous ces mouvements musicaux et qu’il n’y avait pas que le Reggae. En 1998, en France, peu de groupes jouaient du Ska, du Rocksteady et du Rytme’n’Blues Jamaïcain. L’autre raison était qu’on se retrouvait complètement sur cette transe. Il y a eu une fusion, Jim MM a une vrai identité. Ce n’est pas un groupe qui s’est amusé à faire des reprises, même si elles étaient adaptées.

Rv Dols : J’ai aussi le sentiment que la voix de Nanou est « taillée » pour cette musique.

Romain : C’est vrai que Nanou a une voix singulière, très chaude, sans artifice et puis complètement dans cette vibration qu’aujourd’hui on ne connaît plus trop. Proposer ça en concert faisait aussi partie de notre démarche.

Rv Dols : Romain, à l’origine du collectif tu jouais de la guitare et maintenant tu es à la batterie…. Pourquoi ?

Romain : Quand nous avons créé le groupe, le batteur était vraiment terrible. Un très bon musicien qui avait bien compris l’énergie et le dynamisme que devait apporter la rythmique. Nous avons fait les trois premiers albums avec lui. Le temps, les tensions, les susceptibilités….. en 2001, il s’est retiré du projet après une embrouille. Pour le remplacer, les obstacles étaient multiples. Les batteurs que nous avons essayés n’arrivaient pas à s’adapter à cette musique si caractéristique. Avant même de mettre un coup, il faut ouvrir tes oreilles et sentir cette vibration musicale. Malgré tout, nous sommes parvenus à faire deux albums et plein de dates comme cela, de batteur en batteur, mais bon, cela générait des tensions inutiles pour le groupe. Je me suis rendu compte qu’il fallait un psychopathe à la batterie, en gros c’était à moi de taper.

Rv Dols : Il y a peu de temps, à l’entrée d’un concert, j’ai entendu des jeunes demander :« Est-ce que cela passe à la télé? » ; Leurs critères de sélection seraient donc motivés par une éventuelle diffusion ?

Romain : À l’origine, ils avaient rien. Les gens se retrouvaient le soir et ils chantaient, ils faisaient de la musique, ils faisaient de la vie quoi. De nos jours c’est la télévision qui gère tout, tu peux rester le cul collé à ton canapé jusqu'à ta mort en vivant par procuration la vie des autres. Le temps passé devant des formats imposés ne facilite pas la création, tu perds ton temps et tu ne construis rien avec personne. Bon, je ne veux pas que critiquer, il n’y a pas que du négatif dans un écran. Tout cela est éminemment lié à l’époque où nous vivons. Il faut prendre conscience qu’il n’y aura toujours que 24 heures dans une journée.

Rv Dols : Jim MM fait partie des bons groupes Français (quelque soit le genre musical) qui n’ont pas eu la notoriété, voir la renommée escomptée et qui affiche pourtant plus de dix ans de vie au compteur.

Romain : C’est vrai, en ce qui me concerne j’ai essayé de tenir notre démarche artistique au maximum. Je suis un peu le gardien du temple. Nous avons eu un développement qui s’est fait avec le temps, à force de concerts. Pendant les quatre premières années de la vie du groupe il y avait très peu de dates, on n’en vivait pas. C’était à l’arrache, les galères ont engendré des tensions sur la route. Mais je t’assure qu’au fond c’était vraiment important de le faire. Parce que sinon on ne serait plus là. J’ai peut-être endossé le mauvais rôle, mais j’assume ce que j’ai fait. Qu’aujourd’hui un groupe comme nous arrive à vivre en proposant un truc aussi désuet, dans la mesure où on ne joue pas avec des machines ou des pédales pour la guitare ou autres technologies, me réconforte. Notre projet entre à la fois dans le cadre des musiques actuelles et en plus c’est une musique qui se joue. Chaque soir tu t’éclates parce que tu joues autour d’un répertoire. Il faut bien comprendre que c’est un métier.

Rv Dols : En 2008, une compilation de Jim MM est sortie en vinyle et depuis, jusqu’au mois d’Avril 2010, plus rien… Pourquoi ?

Romain : On s’est fait exproprier, nous avons changé de studio. Déjà, pendant un an, on se bat. Après, nous sommes arrivés à retrouver un site. Nous avons reconstruit le studio. J’ai monté les murs, la charpente. Attends, j’ai construit une maison pendant deux ans. Après il nous a fallu un peu plus d’un an pour enregistrer et sortir « À la recherche d’un son perdu ».

 

Propos recueillis par Rv Dols - herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

 

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