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Numéro 7
   

La chanson du dimanche

Musique : La chanson du Dimanche

À la rédaction de l'oeil, les Parisiens d’adoption ont rapidement fait rire. Ces deux joyeux Luron se sont connus dans des études d’un genre supérieur, d’ingénieurs en télécommunications.

Ils sont diplômés de la promotion 1999 de l’école Télécom Paris.

Dès leurs débuts ils avaient déjà compris toute l’importance stratégique d’internet.

Il y a dix ans, Clément Marchand (Guitare et chant de Cergy-Pontoise) et Alexandre Castagnetti (Synthétiseur et chant d’Orléans) participaient à l’aventure de Canal Web, une télé sur internet.

Suivra l’expérience « Beaubourg », un groupe composé de 7 membres qui sévira pendant cinq ans.

La chanson du dimanche / Photo Hervé Dols©

La société, l’actualité et l’air du temps sont capturés par ces deux artistes qui nous invitent à la  rigolade. Mais derrière ces galéjades se dissimule un travail de fond où rien n’est laissé au hasard. Des pros du " pot "

Le concept, une chanson sur le Web, MySpace, Dailymotion, tous les dimanches. Une caméra qui tourne et voilà nos deux satiriques, assis dans la rue, égrenant les réalités de nos vies sur un ton, qui te fait monter le rire. Très vite le buzz, en décembre 2007 leur clip avait été vu deux millions de fois et leur prodcast était tout simplement dans le top 10 Français, devant ceux de TF1 et de M6. Remark Records est sur la brèche et les signes.

Il me semble important de souligner qu’Internet a contribué à la notoriété des deux artistes. Contrairement à la télévision où tu es passif, assis dans ton canapé et ingurgitant les programmes que l’on t’impose, le net permet aux gens de voir, de plébisciter qui ils veulent et quand ils veulent. Sommes-nous entrain de nous extirper du dicta télévisuel ? Quoiqu’il en soit les médias rattrapent le phénomène du Dimanche et vont sans aucun doute nous en proposer un de ces jours de semaine.

Je me posais des questions. Forcément de la vidéo au live, le concept est différent. Comment se comportent-ils sur " les planches ". Une fois sur scène, Clément et Alec sont chez eux. La symbiose avec le public est évidente.

L’œil paca.fr : Des consignes m’ont été transmises ; « l’interview ok à 22 heures et après des photos uniquement pendant les trois premières chansons ». C’est un peu le dicta des stars ou des tourneurs ? Dur pour le photographe de travailler dans ces conditions. Alors je ne peux m’empêcher cette question ; Vous prenez-vous pour des stars ?

Clément : Qui a dit les trois premières chansons ?

Alec : (rire)…

L’œil paca.fr : Sur Bashung, jeudi dernier, je n’ai pu faire des photos que sur les trois premières chansons.

Alec : Ah, Bashung se prend donc pour une star ?

L’œil paca.fr : Non, mais vous, vous prenez-vous pour des « Bashung » ?

Rires communicatifs…

Alec : Non. Les photos c'est comme tu veux.

L’œil paca.fr : Cela fait un an que ça tourne bien pour La Chanson du Dimanche… vos débuts c'est Internet.

Alec : Oui, c’est vrai, nos débuts, en collaboration musicale avec Clément, c’est Internet. On faisait une émission sur Canal Web, l’une des premières télés sur Internet. Clément était le chansonnier de l’émission. Un peu un Corbier, des chansons pour les enfants. A partir de là nous avons fait un groupe, qui commençait à tourner sur scène, mais en fait nous avons grossi trop rapidement. Très vite, nous sommes devenus un groupe de sept musiciens…

Clément : On a mis la charrue avant les bœufs.

Alec : Ce qui était un peu trop ambitieux. Au bout d’un moment il fallait revenir à la source avec la simplicité du début, guitare, clavier, et composer des chansons.

L’œil paca.fr : Tu es prof de math… Comment arrives-tu à composer ton emploi du temps ?

Clément : Je n’ai pas beaucoup d’heures, je suis un privilégié. Je fais un tiers temps soit 8 heures de cours à dispenser par semaine. Pour le moment je garde le contact, mais c’est vrai que par rapport à l’année dernière j’ai moins d’heures. La chanson du dimanche prend pas mal de temps.

L’œil paca.fr : Alec, toujours intermittent du spectacle ?

Alec : J’essaie d’être scénariste et réalisateur. Dans le passé j’ai fait un long métrage - L’incruste 2004 - avec mon copain Corentin. Il est maintenant le producteur de La Chanson du Dimanche. Mais avant cela il y a eu une longue période de pas grand-chose, où j’écrivais sans rien concrétiser. Cette année, depuis septembre 2008, il y a un projet qui s’est matérialisé avec ART. Scénariste et réalisateur d’une série de 8 fois cinquante minutes. Du coup c’est parti aussi dans ce boulot là, 2008 est une bonne année pour moi.

L’œil paca.fr : Le gouvernement veut faire travailler les gens le dimanche... Prenez-vous cela pour de la concurrence ?

Clément : Non, pas trop. Il y aurait un courant à l’UMP comme quoi cette idée serait néfaste sur le long terme.

Alec : Ce ne serait plus un jour de repos ? Et les catholiques ?

Clément : Toujours est-il qu’au début nous avons tourné le dimanche. Mais après nous avons eu des protestations de gens qui étaient en ligne sur le Web le samedi à minuit. Trois à quatre commentaires, assez pour toucher l’égo de la bête. Ils se plaignaient de ne pas pouvoir visionner le dernier clip. Alors nous tournons le samedi après-midi et c’est légal. C’est en ligne dans la nuit du samedi au dimanche.

Alec : Donc le dimanche nous sommes " chômés ", comme tout le monde. La chanson est déjà là le dimanche.

Clément : Je suis quasiment sûr que de travailler le dimanche, ça ne passera pas. Je suis persuadé que les gens vont comprendre à un moment donné, que l’idée philosophique de départ, est de faire que l’homme soit suffisamment intelligent pour…

Alec : Avoir un jour de repos par semaine. Il faut avoir un rythme, finalement c’est important d’avoir une pose tous les week-ends avec la famille, les enfants… Evidemment, ce n’est pas une tare ou une question de fainéantise.

Clément : Je vais gagner de l’argent, l’argent, l’argent pour pouvoir échanger, consommer…

L’œil paca.fr : Il y a une importance indéniable, avec le concept et la caméra. C’est kitch et tellement efficace.

Alec : Il y a un petit dogme de mise en scène. C’est notre cameraman Damien, qui apporte certaines choses, le zoom, par exemple. Pour le plan fixe c’est un peu nous. Nous savions, vu l’expérience du passé sur Internet, que le plan fixe était relativement efficace sur le web. Finalement, tu as un petit écran et ce n’est pas la peine de te casser la tête à faire un montage de fou comme pour un clip traditionnel. Le brut suffit sur internet. Le principal c’est que l’énergie soit dans les gens qui sont à l’image plutôt que dans le montage. Le plan fixe, c’est sympa, cela fait un peu marionnette.

L’œil paca.fr : J’ai constaté, notamment à la rédaction, que les gens qui regardent vos images sont captivés et vont jusqu’à la fin.

Clément : Damien, c’est un pro.

Alec : Il nous a incité dès les débuts à faire des choses à l’image. Il est aussi à l’origine du concept.

Clément : Nous avons fait un concours, les gens pouvaient nous envoyer leurs chansons du dimanche. C’est très prétentieux de dire cela mais, de suite, quand tu vois les premières images, tu comprends que ce n’est pas dimanche pour tout le monde. C’est vrai qu’il installe (Damien) une sorte de plaisir, de crédibilité au travers de ces images.

L’œil paca.fr : D’où vous est venu cette idée de vous asseoir dans la rue ?

Clément : En fait, on avait un groupe (Beaubourg), nous montions sur scène à sept, il y avait beaucoup d’instruments, les balances et cela devenait relativement compliqué de composer une chanson. Il fallait se réunir, que l’on répète, chacun donnait son avis, il y avait plus de contrainte que de plaisir. Pour toutes ces raisons nous voulions revenir à la simplicité du début et créer des chansons. Surtout, il y avait la volonté de simplifier l’action au maximum. Garder le côté minimaliste des choses. Notre idée, c’est d’avoir un truc où il y a besoin de rien. Donc, nous pouvons aller dans la rue et jouer, sans prise de courant, il n’y a pas de retour, la guitare, c’est la prise caméra, le synthé est sur pile. On ne se fait pas chier quoi.

L’œil paca.fr : Il y a quand même un jeu entre vous deux.

Alec : Oui, il y a des connivences qui s’installent. A la fois les chorégraphies, l’écriture, tout cela crée des affinités. Il n’y a pas de texte improvisé. Nous écrivons la chanson en amont. En général nous venons d’écrire la chanson un quart d’heure avant, il y a le phénomène « trou de mémoire », ce qui procure un léger flottement, et là nous rajoutons une blague, une petite réplique pour se relancer, pour gagner du temps. A ce moment le gestuel devient complètement spontané. Nous avons fait beaucoup de scène ensemble, donc nous savons bouger simultanément, c’est une habitude, un réflexe.

Clément : C’est basique.

Alec : Mais ce n’est pas travaillé.

Clément : Après, nous connaissons tellement peu les accords, qu’il faut se concentrer sur ça, aussi.

L’œil paca.fr : Peut-on dire que vous êtes des chansonniers modernes ?

Clément : Pourquoi pas, c’est sympa. Dans la mesure où nous écrivons des chansons. Disons que je n’ai jamais su définir exactement le mot. Cela rappelle plus une époque où les gens composaient des chansons engagées. Nous ne sommes pas militants, ou politisés, ou quoi que ce soit.

Alec : Engagé c’est se battre pour quelque chose. En revanche nous évoquons nos idées politiques et sociales, forcément. Dès que tu parles d’une situation dans notre société, tu es politique. En revanche nous avons une opinion. C’est un peu pour cela que nous essayons de tout tourner à l’humour.

Clément : Nous voulons faire croire que ce n'est pas du premier degré. (Rire)

 

Hervé Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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