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| SOMMAIRE n° 6 |
Numéro 6
   

La friche de la belle de mai

La Friche de la belle de Mai

Odile Thiéry, responsable de la communication de Système Friche Théâtre (SFT), association qui gère L’îlot 3 de La Friche de la Belle de Mai, nous a reçu dans le restaurant de La Friche.

Le projet existait déjà en 1990, puisque l’expérience fut réalisée sur une autre friche.

La Friche de la Belle de Mai fut fondée en 1992 par Philippe Foulquier du Théâtre Massalia et Directeur de Système Friche Théâtre.

L’origine du projet trouve sa source dans la nécessité de mettre à disposition des artistes, des lieus où la créativité peut avoir libre cours.

Elle est située à deux pas de la gare Saint-Charles dans le 3e arrondissement de Marseille, sur l’ancien site de 12 hectares des manufactures de cigarettes.

La situation géographique a son importance puisque, bien desservie et au sein d’une agglomération importante, La Friche est également très liée à l’histoire culturelle Marseillaise, elle contribue aussi au développement local.

Cette concentration d’activités culturelles est unique en Europe, délimitée en trois pôles ;

Ilot 1 (administration, publique); 24 000 m² consacrés aux Archives Municipales, au Centre Interrégional de Restauration du Patrimoine, aux réserves des musées de Marseille et à l’INA.

Ilot 2 ; (privé) 30 000m² pour le Pôle Média, investi par les industries de la culture audiovisuelle et des Multimédias. C’est là que se tourne la série Plus belle la vie.

Ilot 3 ; (à 90% des associations loi 1901) dernière parcelle de 45 000 m², celle qui nous intéresse, c’est La Friche de la Belle de Mai. Les lieus sont complètement ouverts à la culture vivante et à l’exploration artistique.

Dire que La Friche est une industrie artistique n’est pas péjoratif ; en effet la culture est un enjeu économique pour le futur.

Tous les Arts sont représentés et diffusés à La Friche : Théâtre, danse, musique, cinéma, cirque, arts de la rue, arts visuels, arts numériques, arts plastiques, architectes, mais aussi des professionnels de l’information.

Soixante structures sont installées et plus de quatre cent professionnels du spectacle et de la culture y travaillent : artistes, producteurs, opérateurs culturels, techniciens et équipes artistiques... Depuis 2006 un restaurent ouvert aux usagers de La Friche et au public, véritable lieu de vie et de convivialité, est lui aussi inscrit dans une démarche culturelle, adepte d’une épicerie sélective et agrémenté de produits locaux et équitables.

La Friche, c’est une véritable ruche où bourdonnent les Arts.

Faire vivre l’Art, voilà une proposition ambitieuse et légitime qui puise ses forces dans l’essence même du projet.

Nous avons pour habitude de classer le théâtre, la musique et la danse dans la culture dite vivante, cela ne veut pas dire pour autant que le reste des Arts est « mourant ».

La Friche contribue à la démocratisation de l’Art par son implantation et grâce à ses actions. L’ensemble des réalisations favorise la richesse culturelle Marseillaise, Provençale et Européenne.

L’œil paca.fr : Pourquoi le projet de La Friche de la Belle de Mai est-il né ?

Odile Thiéry : Il est né parce qu’il fallait donner aux artistes des espaces de travail. Mais il ne s’agissait pas d’avoir que de la surface, l’encadrement et les conditions de travail étaient également au centre des discussions.

La rencontre avec le public s’inscrivait comme une suite logique. C’est donc à la fois un lieu de travail mais aussi un lieu de diffusion artistique.

C’est également grand et cela veut dire qu’il y a aussi du temps. Nous pouvons installer une multitude de projets simultanément et les artistes peuvent prendre le temps de travailler.

Petit à petit, avec des moyens réduits, nous avons emménagé des espaces de travail ; des bureaux, des studios de répétitions, des ateliers de plasticiens et des espaces de spectacles, des galeries…

Nous veillons à conserver de la friche dans La Friche. L’objectif n’est pas de remplir à bloc les lieus.

Ce qui a aussi attiré les artistes dans ces lieus ce sont les dimensions gigantesques qui donnent des possibilités scéniques et scénographiques inhabituelles.

Les lieus sont dans une écriture perpétuelle, rien n’est figé.

L’œil paca.fr : Qui est propriétaire des lieus ?

Odile Thiéry : Les associations qui sont à la Friche ont un convention avec SFT qui lui-même a une convention avec la ville de Marseille devenue propriétaire des lieus.

Il y a peu de temps, nous avons créé une Scic (Société coopérative d’intérêt collectif) dont le président Directeur est Patrick Bouchain.

Le but est de remettre du collectif dans la gouvernance totale et pour décharger SFT du poids de la gestion. Mais aussi de prendre en charge les transformations architecturales du site.

Système Friche Théâtre est une association qui, à la base, a un projet artistique et culturel, donc un retour aux sources.

L’œil paca.fr : Concrètement, que fait La Friche pour les artistes Marseillais et régionaux ?

Odile Thiéry : Ce n’est pas La Friche, c’est un peu plus compliqué, puisqu’il y a des opérateurs à La Friche. Par exemple, le Théâtre Massalia travaille avec des compagnies de la région mais pas exclusivement. Nous accueillons 50 plasticiens par an. Il y a au minimum une exposition par mois, organisée par des professionnels.

L’œil paca.fr : Que fait La Friche pour impliquer la population de La Belle de Mai, et pour éviter que la culture soit élitiste ?

Odile Thiéry : Inscrire le projet dans le territoire, cette question nous préoccupe depuis le début. Nous avons eu un président architecte donc, forcément, nous voulions ouvrir les usages.

Les grandes tables de La Friche (le restaurant est ouvert depuis deux ans), la cuisine du quotidien mettant en avant le produit dans sa saveur et sa saison.

Le projet d’ouverture d’une crèche est également abouti, un accueil pour les plus jeunes enfants issus des quartiers de la Belle de Mai et pour les parents qui travaillent sur le site. Nous voulons en faire une porte d’entrée. Le projet sera élaboré par Patrick Ben Soussan, psychiatre et auteur d’ouvrages sur la petite enfance. Début des travaux en janvier 2009.

La Friche, il n’y a pas besoin de la comprendre pour y venir.

 

Propos recueillis par Hervé Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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