pub france info
   
|SOMMAIRE numéro 2 |
Numéro 2
   

La Rime

Rap Avignonais : Larim & le Mutant

Les textes de Karim dit Larim, le Mutant pour le son. Les Avignonnais se démarquent des autres, pas de samples pompés, que du fait maison.

Bien évidemment c'est auto biographique. Les 14 titres sont à l'image du personnage, attachant et responsable. Pas d'injure facile ni d'agressivité expulsée par la rancœur. Un rap conscient et mature. A l'image des autres protagonistes de ce sujet sur le Rap, ils s'auto produisent sans rien demander à personne, fiers de leur travail.

Karim tient des propos identiques à la Devise et Mr Luz, être écouté et compris. Nous les comprenons et avons écouté leur propos empreints d'une grande sensibilité, l'échange de mots avec eux fut un plaisir.

Sur chaque cd Perspective : 1€ pour les restos du cœur et 1€ à l'association Marocaine Bayti (enfant de la rue).

Hervé Dols : Où en est le Rap selon toi ?

Larim : Difficile à dire, mais un constat s'impose, quand tu demandes aux gens « est-ce que tu écoutes du Rap » ils te disent non, ils sont réticents. La violence des propos peut expliquer certains comportements et puis, c'est une musique considérée comme communautaire.

Larim / Photo Rv Dols©

C'est pour ça que j'ai voulu des textes sans agressivités gratuites ni insultes et ceci pour éviter d'être classé dans la caricature habituelle. J'exprime ce que je suis.

Hervé Dols : Depuis quand êtes-vous sur le projet ?

Larim : Depuis 2003. Un jour j'ai pris conscience qu'il fallait se prendre en main, mettre un terme à cette vie dissolue. En 2000, je me suis mis à travailler, je faisais le cuistot et pendant mes temps libres j'écrivais. En 2003 je rencontre Michaël qui faisait de l'électro, le projet est né. C'est du hip hop électro-funck, ce n'est pas du Hip Hop traditionnel.

Hervé Dols : Avez-vous joué dans des salles ?

Larim : Non, pour le moment on a joué dans des bars ou à la fête de la musique.

Hervé Dols : Comment es-tu venu à l'écriture ?

Larim : Mon père était prof au Maroc, il donnait des cours d'Arabe, peut être que je tiens de lui pour ça et puis j'avais vraiment l'envie de mettre sur papier mon expérience, bonne ou mauvaise. Si l'écoute de mes mots peut éviter à un seul jeune des situations périlleuses c'est déjà ça. Tu vois, dans le réveil (8), je raconte un réveil par les « stups » ; un matin, la sonnette retentit et dans ma tête je me dis « faut que je me lève et que j'aille au travail », mais c'était quatre stups qui étaient à la porte. Je tiens compte des expériences et je les retournes à mon avantage, sans insulter qui que ce soit et je pense que si j'écris c'est du aussi à ce que j'ai vécu, je ne renie pas mon passé, même si à une certaine période ce n'était pas très glorieux.

Hervé Dols : Vous n'avez pas utilisé de sample sur Perspective ?

Larim : Exact, ce n'est que de la création, ça c'est le travail de Michaël. Tu sais, un jour nous avons rencontré des gens qui sont dans le métier, leur discours c'était « vous devriez changer ça, vous devriez ajouter ça, vous devriez faire ça »…à l'arrivée tu ne fais plus ce que tu as envie, ça devient leur produit, tu te fais formater et ce n'est pas le but de notre démarche. Nous, nous ne faisons pas du Rap pour percer mais pour le plaisir.

Hervé Dols : Que recherches tu dans le Rap ?

Larim : Je fais du Rap et pourtant je suis banal, je suis un mec plein de rêves, qui les réalise car il y croit, ce n'est pas pour être célèbre, c'est pour Tom, dix ans ; j'avais déjà percé quand il a écouté les premières rimes qu'ont formulées mes lèvres. Pour moi, faire du Rap ce n'est pas juger ou insulter quelques personnes. Je fais du Rap pour faire passer des messages, il faut de l'espoir pour ne pas finir dans le vice. Faire du Rap c'est retranscrire ce que l'on vit et que l'on voie. Ne pas laisser les gens indifférents, c'est peut être ce que je recherche.

Hervé Dols : Dans quel but ?

Larim : C'est plus facile de se faire entendre en chansons, mais tu te demandes comment les gens vont percevoir les mots, vu que nous avons tous une manière différente d'entrevoir les choses, mais quand l'émotion est présente c'est très bon.

Hervé Dols : as-tu des connexions avec les autres rappeurs et que pensent-ils de ton album ?

Larim : Malheureusement tout le monde est en concurrence et de ce fait, peu ou pas d'échange et c'est dommage. Depuis la sortie de l'album, ce que je retiens avant tout, c'est que les autres ont un regard différent sur moi, tous te jugent et quand ils prennent conscience que tu es capable de faire de belles choses tu grandis, ce n'est pas plus compliqué que ça. Les jugements changent, c'est valorisant, il y a des gens qui prennent le temps de discuter avec moi. La considération et le respect me font du bien.

Hervé Dols : As-tu des rêves ?

Larim : Monter un restaurant et travailler pour mon compte et chaque vendredi faire à manger pour tous les gens qui ne peuvent pas se payer un repas.

 

Hervé Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine gratuit REDACTION : redaction@oeilpaca.fr | PUBLICITE : christian@oeilpaca.fr | Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex