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Numéro 21
   

Les ogres de Barback

Musique : Les Ogres de Barback

Un samedi après-midi, je m'introduis dans la salle polyvalente de Montfavet (84). Les militants musicaux des Passagers du Zinc organisent le concert. Leur savoir-faire en la matière est reconnu, ils ont plus de dix ans de programmations à leur actif.

Julien, le régisseur des Ogres m'accueille. En compagnie d'Alice nous évoquons l'histoire des Ogres, pour ceux qui ignorent l’existence des quatre frères et sœurs - Alice, Fredo, Matilde, Sam - mais aussi pour ceux qui apprécient leur talent.

Il y a fort longtemps, une de leurs grands-mères vint d’Arménie pour s’installer en France. La maman de la fratrie est institutrice. Le papa musicien collectionne des instruments de musique.

 

Les Ogres de Barback / Photo Rv Dols©

C'est lui qui transmet à ses enfants cette passion viscérale, l'art de combiner les sons. Brassens, Brel, Léo Ferret entre autres, couvrent le silence de la demeure familiale.

Les quatre enfants prennent très tôt des cours de musique. Ils se créent un petit répertoire de reprises. Les jours de fête, ils divertissent les adultes. Dans les années 80, ils écoutent la Mano Négra, les Béruriers Noirs... qui sont d'ailleurs avec François Hadji Lazaro, les premiers à s’autoproduire en France.

Alice« On va dire que nous avons été influencés par l'état d'esprit de ces groupes ».

Dans les années 90, les quatre frères et sœurs arpentent les rues, les marchés. Tous les lieux susceptibles de faire résonner leur musique sont mis à contribution. Ils empruntent la camionnette de leur père, la remplissent d'instruments de sa collection et taillent la route. C'est le début de l'aventure, les premières pannes, les premières galères, les premières rencontres...

Alice — « Nous partions avec la camionnette en direction d'une ville où en général nous avions un plan. Une fois sur place nous tapions à toutes les portes des bars, des cafés-concerts, à l'arrache prod totale. Ces petits concerts nous ont permis de trouver des premières parties. Notamment avec les Têtes Raides et de Zebda qui nous ont bien soutenus. Cela nous a ouvert les portes des SMAC et des petites salles. Le tout premier concert des ''Ogres de Barback'' a eu lieu dans un squat à Ris-Orengis. La culture était en effervescence entre ces murs. Il y avait une petite salle de concert clandestine et, une fois par an, un festival. Les artistes en tout genre abondaient. C’est d'ailleurs là que nous avons rencontré notre illustratrice de l'époque, mais aussi Christian Olivier, Grégoire des Têtes Raides et bien d'autres ».

En 1997, les Ogres de Barback enregistrent leur premier album « Rue du Temps ». Sans le moindre argent, ils décident de solliciter le public pour le financer.

— « Quand nous faisions des concerts, nous annoncions la souscription. Après les spectacles, les spectateurs nous donnaient l'équivalent de dix euros. Les gens finançaient en se disant qu'un jour ils auraient le produit fini alors que nous ne l'avions même pas commencé. Très vite, nous avons une petite trésorerie qui nous a permis de payer le studio d'enregistrement. Une fois l'album terminé nous l'avons envoyé à tous ceux qui nous avaient fait confiance ».

C'était un peu ma major compagnie avant l'heure, internet n'en était qu'à ses balbutiements. Les Ogres ont assimilé rapidement que l'autoproduction était un gage de liberté dans la création, les compositions, les textes et leur univers.

Ils s'engagèrent sur la route dans le sens qu'ils avaient choisi. En ignorant les points de vue extérieurs qui font bifurquer les passions dans des voies sans issues. Ce fut compliqué, ardu, mais enrichissant. De date en date, plus de 120 par an, les boulimiques de la scène font retentir leur virtuosité partout dans l’hexagone. Leurs sons se propagent, une réputation d’artisan de la chanson française les précède. Un véritable succès d'estime qui perdure.

En 1999, le groupe crée l'association Irfan — et l'album Irfan se héros — ce qui leur permet d'avoir un statut juridique et un début de structure autour des projets. Passionnés par les voyages et leurs prochains, les Ogres, toujours à la recherche d'originalité, partent sur les routes de France et d'Europe avec un chapiteau. C'est le fameux projet Latcho Drom. D'autres groupes feront un bout de chemin avec eux ; Debout sur le zinc, Les Hurlements D’Léo, La Rue Kétanou...

— « Nous restions sur place au minimum une semaine. Le projet était aussi constitué d'une scène ouverte. Les musiciens qui vivaient dans les alentours, pouvaient venir nous solliciter pour jouer sur la scène de Latcho Drom pendant notre séjour. Nous avons rencontré, vraiment, beaucoup de monde ».

Les années s'empilent, les projets se succèdent ; Un air de famille avec Les Hurlements D’Léo, la tournée avec la Fanfare du Belidjan... Les collaborations se multiplient ; Tryo, Sansévérino, Massilia Sound System, Weepers Circus, Loïc Lantoine, Pierre Perret, Manu Chao ...

Les Ogres tracent, une constance chez eux. Habités par une permanente envie d'évoluer, de remise en question, de recherche perpétuelle. Ils créent le label Irfan qui distribue leurs albums. Chaque disque finance le prochain.

— « Selon les disques, nous arrivons à vendre à peu près cinquante mille albums. Par exemple en 2007 pour « Du Simple au néant » nous avons dépensé pas mal d'argent pour le faire. Les ventes ont été limitées et nous sommes restés longtemps en déficit. Nous avons eu du mal à rebondir. Mais bon, nous avons conservé ce fonctionnement ».

La simplicité, l'humanisme, transpire chez ces gens là. Les réalités du terrain et ses problématiques les font réagir. Par le passé, ils se sont fait l'écho d'associations comme Réseau d'éducation sans frontières et Handicap International. Ils ont engendré un personnage « Pitt Ocha » ; Le troisième tome de ses aventures sortira en mars 2013. L'association du même nom « Pitt Ocha pour un monde de sons » a suivi. Elle subventionne des actions culturelles diverses et variées dans plusieurs pays : France, Slovaquie, Mali, Burkina Faso, Rwanda...

Aujourd'hui, Irfan (le bureau) est composé de deux salariés à plein temps et deux à mi-temps. Les quatre Ogres sont intermittemps du spectacle, idem pour les six techniciens.

À chaque nouvelle tournée, les Ogres surprennent par leur audace. La Fabrique à Chanson le confirme, le concert se transforme en voyage poétique. L'assistance est envoûtée. Trois générations se laissent entraîner dans la farandole des émotions. Il y en a pour tous les yeux. Pour les gourmands qui veulent du rabe, il y a le très beau DVD qui relate cette tournée tout en dévoilant les coulisses et une douzaine de morceaux live.

En 2014, les représentants actifs de la chanson française fêteront vingt ans de carrière.

— « Pour nos vingt ans, nous allons préparer une grosse tournée, avec un maximum de salles de concert. Nous envisageons de faire du chapiteau, sans pouvoir dire pour l'instant le nombre de dates… une certitude, il y en aura ».

Les spectateurs qui suivent les Ogres de Barback vont s'en réjouir. Ceux qui n'ont pas encore eu la chance d'assister à un de leurs spectacles pourront les découvrir avec bonheur.

 

Propos recueillis par Rv Dols / dols@oeilpaca.fr

 

 

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