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Musique : LUKE
   
 
 
   

Luke

Musique : LUKE

LUKE a trois albums à son actif. Le groupe est signé par un label depuis 1999. Pour de multiples raisons existentielles, les musiciens passent et ne restent pas. Seul Thomas Boulard est présent depuis les débuts.

En 2004 sort « La tête en arrière » et, dernier changement, l’arrivée du guitariste Jean-Pierre Ensuque au début de la tournée. Depuis le groupe semble se forger une identité pérenne : Romain Viallon batterie, Thomas Boulard chant et guitare, Damien Lefèvre basse, Jean-Pierre Ensuque guitare, forment un ensemble cohérent.

La sentinelle, un des premiers morceaux tirés de « La Tête en arrière » contribue à la notoriété du quatuor. Sur cette tournée, ils composent en commun, le troisième opus « Les enfants de Saturne » qui est sorti en septembre 2007

Photo Hervé Dols - All Rights Reserved -

Evidemment des racines rock Français se font sentir comme un hommage à leurs défunts prédécesseurs. Ils se sont attachés à retranscrire l’énergie des lives sur cette galette. L’album « Les enfants de Saturne » est plutôt réussi. Aucun doute, LUKE fait bien partie des leaders du Rock Français.

C’est bien connu, la scène est le moment de vérité. Alors je me suis déplacé jusqu'à elle. La voix de Thomas est cruciale dans l’univers de LUKE. Les textes nous parlent, des guitares aiguisées, une batterie au service de l’équipe et une basse bien présente. Ca joue fort, LUKE irradie par sa violence profonde. Le concert, 2 heures de kif, confirme la forme d’un groupe à l’énergie Rock bien trempé.

L’œil paca.fr : Vous traînez une étiquette de successeurs de Noir Désir, au début c’était flatteur, maintenant n’est-ce pas un peu pénible ?

Damien : Elle est un peu inévitable dans la mesure où il n’y a pas eu énormément de groupes majeurs en France, puisqu’il y eu Téléphone et Noir Désir, la Mano aussi mais c’est différent. C’est flatteur et pénible car c’est réducteur. Je pense que « Les Enfants de Saturne » ne ressemble pas à du Noir Désir et les textes sont éloignés de ce que chante Bertrand Cantat. La seule chose qui nous irrite vraiment c’est d’être assimilés à des opportunistes.

Jean-Pierre : Quand ça marche, en général les gens aiment bien taper dessus. Ce qui est chiant dans ces classements d’usurpateurs, pendant ce temps on ne parle pas musique.

Damien : Nous on veut résolument dépasser ça, place à la musique. Nous n’avons pas l’impression d’être des usurpateurs.

L’œil paca.fr : Où en est « Les enfants de Saturne » ?

Damien : Je crois que c’est plus de 50 000 ventes.

L’œil paca.fr : Pourquoi le premier single était-il en distribution gratuite sur votre site?

Damien : Le mettre directement sur notre site web, a attiré les visiteurs. Ils en profitent pour se renseigner sur les dates de concerts.

Jean-Pierre : C’est aussi une façon de faire bouger les choses du côté de notre maison de disques. Essayer de leur faire avaler la pilule des nouveaux moyens de promotion.

L’œil paca.fr : Le marché musical mute ?

Damien : J’ai le sentiment. Il y a quelques gros dinosaures qui cartonnent. Beaucoup de petits groupes qui rament, ils vendent entre 3000 et 5000 disques, avec de la promotion nationale pour certains. Les groupes qui vendaient entre 80 000 et 100 000 cd ont tendance à disparaître.

L’œil paca.fr : Thomas n’a pas souhaité participer à l’interview pour ménager sa voix. Peut-on parler des textes ?

Damien : Evidemment.

L’œil paca.fr : Je n’ai pas perçu de message dans vos chansons.

Damien : Les enfants de saturne, c’est volontairement introspectif. Je pense que nous nous abstiendrons toujours de faire passer des messages. Nous préférons que l’auditeur se questionne. Lui donner des réponses toutes faites ne nous intéresse pas.

Jean-Pierre : Le message, ce n’est pas non plus une priorité, aucun des membres de l’équipe a une volonté précise en ce domaine, les textes nous ressemblent quelque part et expriment aussi les réalités du groupe.

L’œil paca.fr : LUKE n’a pas succombé à l’Anglicisme.

Damien : C’est différent, ça ne génère pas la même musique. Quand Dylan écrit une chanson, c’est dans sa langue maternelle, cela participe vraiment à la compréhension du personnage et ça colle aux propos qu’il veut exprimer. Si ce n’est pas dans ta langue, tu deviens un personnage, tu joues un rôle. Je pense que le côté « prise directe » sur ta propre existence est un peu faussé. Il faut pratiquer la langue le plus souvent possible pour qu’elle soit représentative du personnage et des propos. Ce n’est pas péjoratif mais c’est autre chose.

Jean-Pierre : Musicalement c’est différent, les sonorités de la langue te font évoluer sur d’autres types d’enchaînements et d’accords. En Français, pour faire un morceau avec des accords majeurs, c’est compliqué et il faut éviter que cela devienne trop vite joyeux, rapide. En Français tu tombes plus facilement sur les accords mineurs, ce qui produit une musique qui a d’autres particularités.

Damien : Oui, et puis le Rock en Français cela amène quelque chose qui est casse gueule mais intéressant à faire. Les origines du Rock sont anglo-Saxonnes, mais le fait de mettre une touche Française a son charme. Mais c’est vrai que l’on peut considérer que les groupes qui chantent en Français sont un peu des touristes par rapport à la tradition Rock et ses origines.

L’œil paca.fr : Sur la précédente tournée vous avez commencé à produire « Les Enfants de Saturne », pourquoi ?

Damien : Romain le batteur et moi-même sommes arrivés tardivement sur l’aventure LUKE. Nous avons juste participé à l’enregistrement de « La tête en arrière ». JP est arrivé sur la tournée. Thomas nous a poussé à nous approprier le son de LUKE, chacun a pu apporter ses acquis pour rendre LUKE encore plus Rock sur les lives. Nous avons tous éprouvé l’envie d’affirmer cela par un album fait en commun.

L’œil paca.fr : Que pense LUKE des Machines ?

Damien : Moi je n’ai rien contre les machines. Il ne faut pas émettre un jugement de valeur qui opposerait les machines aux autres musiques.

Jean-Pierre : Depuis une dizaine d’années le Rock est hyper influencé pas les machines. On pourrait dire qu’il y a finalement une philosophie électro. Je ne crois pas qu’il y a une échelle de valeur entre les deux. Cela serait aussi absurde que d’opposer la guitare acoustique à la guitare électrique.

Damien : Peu importe l’outil, du moment qu’il est au service de la musique.

L’œil paca.fr : Comment vivez-vous l’expérience ?

Damien : Musicalement je pense que nous sommes des privilégiés. On en vit, ce qui est déjà bien. Techniquement sur les concerts on s’occupe de rien, les guitares sont déjà prêtes sur scène… Toutes les conditions favorables sont réunies pour le bon fonctionnement des musiciens et c’est vraiment appréciable. Nous n’avons pas toujours connu cela. Après, la rencontre artistique des quatre membres est très forte. Commercialement ça fonctionne également. Nous sommes conscients de la chance que nous avons.

L’œil paca.fr : La vie de Rockeur vous donne-t-elle le temps d’avoir des femmes, des enfants ?

Damien : Des femmes, oui beaucoup de femmes (rire)…

Jean-Pierre : Des enfants, non c’est interdit (rire)…

Damien : Sérieusement, ce n’est pas incompatible. Il se trouve que nous sommes tous les quatre célibataires. On tourne en France, on ne part pas trois mois à l’étranger. Nous sommes pratiquement toutes les semaines chez nous à Paris, donc c’est envisageable.


Hervé Dols  / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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