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| SOMMAIRE n° 6 | INTERVIEW MALAKWA | DIAPORAMA PHOTO MALAKWA EN CONCERT |
Numéro 6
   

Malakwa

Malakwa : Feed the Machine

Au détour d’une rue, une violence sonore m’interpelle. Je pénètre dans un univers qui peut paraître effrayant, où s’enchevêtre destruction métallique, rouille, hurlements, grosses guitares et machines. L’angoisse n’est jamais très loin, le stress peut même t’envahir. Un monde redoutable, traumatisant pour plus d’un géniteur protecteur qui tremble pour sa progéniture. Mad Max et Terminator sont des pucelles à côté du souffle nucléaire produit par MALAKWA.

Feed the Machine, le premier 11 titres du groupe, sème le doute dans les esprits. Mais seront-ils capables de reproduire sur scène l’énergie de l’album ? Ne doutez pas, c’est au delà des espérances, une heure de tempête.

Il y a Mat au sampler, il pose ses hurlements et bondit aux quatre coins des planches. Flux l’enchanteresse qui fait rugir les cordes de sa gratte ; j’ai même eu le sentiment que sa guitare n’était pas authentique et pourtant elle est bien réelle. En retrait, avec un jeu de scène plus statique, il y a Mario 123 qui gère la rythmique.

Le sud de la France semble être leader dans ce genre musical ; I SCREAM TOUR PROD booking/management/production a encore eu l’oreille « fine » sur ce coup là.

Au-delà du style musical et vestimentaire, il y a des jeunes qui créent, qui font de leur vie un espace de plaisir et d’échanges, loin de tout concept négatif et près de la vraie vie, celle que tu ne vis qu’une fois. Ces enfants de l’underground ont tout compris ;

c’est ici et maintenant.

Malakwa / photo Hervé Dols

L’Oeil paca.fr : D’où débarquez-vous ?

Flux : Marseille. Mais nous sommes plus connus sur Toulon et la Seine sur Mer où la scène électro, punk et métal est plus présente.

L’Oeil paca.fr : Depuis quand Malakwa existe-il ?

MAT : Depuis 2005. C’est la deuxième année que nous tournons.

L’Oeil paca.fr : Vous m’arrêtez si je me trompe mais je crois que vous êtes allés jouer en Chine.

MAT : Oui, nous avons rencontré des étudiants Chinois. Sur place ils nous ont beaucoup aidé, c’étaient nos traducteurs. Nous avons trouvé quatre dates, dans des petits lieus, des bars Punk et boites de nuit… Nous avons joué aussi sur un festival, nous l’avons su trois heures avant. Les gens arrivaient, 2500 à 3000 personnes, vraiment impressionnant.

Nous espérons faire des concerts en Chine l’année prochaine.

L’Oeil paca.fr : Je vous trouve très rockeurs dans l’esprit, vous ne vous déguisez pas et ce n’est pas un jeu de rôle.

MAT : Nous n’avons pas envie de faire un truc qui ne nous ressemble pas, ou qui ne nous procure pas de plaisir. Je pense que cela se ressent sur scène. Après, si on a un public, c’est cool.

L’Oeil paca.fr : Il n’y pas de texte sur les feuillets de l’album ?

MAT : Exact, et je suis un peu déçu de cela. Pour nous trois, les textes sont relativement importants.

Flux : Sur le deuxième album, j’espère qu’ils seront lisibles.

MAT : Justement, on évoquait la Chine tout à l’heure, c’était chaud pour nous, les textes sont peut être difficiles pour eux pour le moment. Notamment sur le morceau freedom, ils nous ont baissé le son, mais je crois que le message est bien passé dans le public. En France si tu gueules « freedom » ça ne veut rien dire, en Chine ce sont des mots qui ont vraiment un sens.

Flux : La jeunesse de Chine a vraiment besoin de s’éclater, de s’ouvrir.

MAT : Oui, ils sont comme des éponges, ils absorbent tout et ils sont en train de se lâcher.

L’Oeil paca.fr : Est-ce que ce n’est pas un piège d’être un couple et de faire de la musique ensemble, je parle pour vous Mat et Flux.

MAT : En fait, faire de la musique ensemble était un prétexte pour s’accoupler.

Flux : Il y a sept ans que nous jouons et partageons nos vies.

MAT : Pour le moment ça nous permet vraiment d’avancer, nous sommes tous les deux à fond dans le même tripe.

L’Oeil paca.fr : Que faites-vous à côté de la musique ?

MAT : Nous avons des petits boulots, justement pour pouvoir continuer la musique. Moi je suis animateur bafa. Je travaille avec des enfants de 5 à 12 ans et je fais un master d’art plastique, Flux est professeur de Français.

L’Oeil paca.fr : Comme pour tous les groupes qui débutent, j’imagine que les galères sont quotidiennes.

MAT : J’ai le sentiment que les gens se bougent moins qu’avant, la vie a augmenté, pour les organisateurs ça devient difficile et pour les groupes c’est chaud. Nous, quand on monte à Paris faire la première partie de Gogole 1er, on est payé, mes les frais d’essence et d’autoroute sont pour nous, donc à l’arrivée tu ne gagnes pas grand-chose.

L’Oeil paca.fr : Arrivez-vous à vous projeter dans l’avenir ?

MAT : Non, pas pour la vie. Mais pour le son ou le jeu de scène… grave.

Flux : Tu sais, j’aimerais bien un peu plus de visuel sur scène. Au début nous avons réfléchi à ce genre de choses, mais là on a un peu délaissé cette partie du concept.

MAT : On se dit : on va le faire, on va la faire, et puis, on ne le fait pas et je préfère composer un morceau, il faudrait quelqu’un qui ne s’occupe que de ça et pour le moment ce n’est pas évident. Mais c’est vrai que c’est important, ça te met dans l’ambiance ; d’apporter mon crâne sur scène ça me fait pénétrer dans mon univers.

L’Oeil paca.fr : L’outil « Internet » ?

MAT : Nous avons un site et une page Myspace, c’est important, même si beaucoup de connexions se font autour d’une bière dans des festivals ou sur des concerts, le public te contacte via ta page, puis vient sur tes concerts, c’est cool.

 

Hervé Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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