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  Art contemporain : Mario Prassinos  
     
 
Mario Prassinos
 
 
Photographie droit réservé - All rights reserved - www.marioprassinos.com/
 

Mario Prassinos est né le 30 juillet 1916 en Turquie. Il décède le 23 octobre 1985 en France. Artiste majeur du vingtième siècle, d’innombrables expositions nationales et internationales ont consacré son œuvre de son vivant. Il est injustement tombé dans l'oubli. Pour les 100 ans de sa naissance, des expositions lui rendent hommage. Sa fille Catherine Prassinos, experte de l'UFE, se démène pour faire vivre la donation de son père.

Ses débuts à Paris

D'origine grecque, Lysandro Prassinos, le père de Mario, est professeur de littérature et directeur de la revue Logos. Installée en Turquie, la famille s'expatrie vers la France en 1922 pour fuir la guerre républicaine incitée par Mustafa Kemal Atatürk.

À leur arrivée à Puteaux dans la banlieue parisienne, le ciel gris remplace le soleil d'une vie confortable. Finalement, c'est à Nanterre que la famille s'installe. Mario poursuit son cursus au lycée Condorcet avant d’accéder à l'institut national des langues et civilisations orientales de Nanterre.

Au début des années trente, le jeune Mario consulte, dans la bibliothèque de son père, des ouvrages littéraires contemporains qui l'initient au Surréalisme. En 1934, il est un habitué des coulisses du Théâtre de l'Atelier de Charles Dullin, où il sympathise avec un jeune comédien nommé Jean Vilar.

La revue Minotaure

Albert Skira, un éditeur Suisse est à l'origine du projet. La fonction du Minotaure est d'assurer la promotion des productions de sa propre maison d'édition. Le premier numéro est paru en juin 1933. La couverture est illustrée par Pablo Picasso. Treize numéros se succèdent de 1933 à 1939. Le Minotaure est dédié à l'art contemporain et plus exactement au surréalisme. Malgré son objectif initial, c'est un magazine culte. De par la qualité des intervenants qui ont rédigé des articles, réalisé les couvertures et composé le comité de rédaction : Tristan Tzara, Salvador Dali, André Breton, Marcel Duchamp, Paul Eluard, Joan Miro, Henri Matisse, René Magritte, Max Ernst...

Henri Parisot, un ami de Mario, soumet les Poèmes écrits par sa sœur Giséle aux surréalistes. Tzara, Eluard ainsi que la plupart des surréalistes sont enthousiastes, voire admiratifs. André Breton, le fondateur du mouvement, est perplexe. Pas sur la qualité, qu'il compare à la production de Rimbaud, mais à l'authenticité. Il pense qu'il est inconcevable qu'une enfant ait pu écrire les poésies.

En 1934, Gisèle n'a que 14 ans, ses poèmes sont publiés dans la revue « Minotaure ».

À l'occasion d'une lecture de Poèmes au domicile d'Emmanuel Radnitzky par Gisèle, Mario rencontre le photographe Man Ray, André Breton, René Char, Paul Eluard et Benjamin Péret.

Emmanuel Radnitzky "l'homme rayon"

Plus connu sous le nom de Man Ray. Il est peintre à New York quand il rencontre Marcel Duchamp. Les deux amis fondent la branche américaine de Dada. Il rejoint la France en 1921 et devient photographe. Marcel Duchamp l'intronise auprès d'André Breton et des surréalistes. Très vite, l'homme qui écrit avec la lumière adhère au précepte du surréalisme. Il retourne aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et revient en France en 1951 où il séjourna jusqu'à sa mort en 1976. Man Ray est l'inventeur d'un procédé bien connu des photographes « La solarisation ».

C'est une application de l'effet Sabbatier, créant une action d'inversion partielle à partir du négatif. Elle est la conséquence d'une insolation de la surface sensible pendant le développement.

Mario Prassinos Artiste de l'école de Paris

L'école de Paris n'est pas une entité en tant que telle. Elle n'a d'ailleurs jamais existé. Le terme fait référence aux années d'après-guerres. La première école de Paris désigne les artistes étrangers venus en France exprimer leur talent au début de la Première Guerre mondiale. Parmi les plus connus ; Pablo Picasso, Marc Chagall, Modigliani... Mario Prassinos est assimilé à la seconde école de Paris qui trouve ses origines dans l'entre-deux guerres et jusqu'aux années soixante.

La rencontre avec les surréalistes permet à Mario Prassinos de créer un réseau. Il commence à vendre des dessins aux éditeurs, notamment, Guy Lévis-Mano... Ses premières expositions ont lieu en 1938 dans les Galeries Billiet et Pierre Vorms à Paris.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mario Prassinos s'engage pour combattre les nazis. Blessé, il reçoit la croix de guerre. Après la libération, il rencontre Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Raymond Queneau... Il continue de collaborer avec des maisons d'édition, il réalise de nombreuses illustrations notamment pour Gallimard. En 1947, Jean Vilar le sollicite pour créer les costumes de la pièce de Paul Claudel, joué pendant le premier festival d'Avignon. Ils renouvellent l'expérience à plusieurs reprises. En 1949, il reçoit la nationalité française. De rencontre en collaboration, Mario Prassinos étend la toile de son réseau. Son ami le peintre Alberto Magnelli lui présente Myriam Prévost, directrice de la galerie de France où il expose à plusieurs reprises. En 1951, il réalise des tapisseries et achète une maison à Eygalières (13).

Les Alpilles pour muse

Dans les années cinquante Mario Prassinos séjourne en Grèce, sur l'île de Spetses dans le golfe Argolique. Ce retour aux sources fait évoluer sa peinture. Il utilise dorénavant la technique du pointillisme par projection.

La puissance créatrice de l'artiste est fortement influencée par les Alpilles, plusieurs thèmes se succèdent, les œuvres qui en découlent attestent d'une véritable passion pour les collines et les arbres qu'elles abritent. On pourrait aisément qualifier l’œuvre de Mario Prassimos d'intemporelle et de moderne. Des traits faits à l'encre se succèdent en abondance dans un essaim de gouttes de peinture d'où émerge ostensiblement une nature baignant dans l'ombre et la lumière.

La donation Mario Prassinos

De son vivant en 1985, il lègue 108 créations originales à l'Etat français. Pour marquer son enracinement au territoire provençal d'où il puise allègrement son inspiration depuis 1951, une convention est passée entre les deux parties, les pièces trouvent naturellement leur place à Saint-Rémy de Provence dans la Chapelle Notre-Dame de Pitié.

Mario Prassinos décide de créer pour l'occasion onze peintures à l'huile sur papier Arches, marouflées sur toiles. Indissociables des lieux, les peintures du supplice sont réalisées par l'artiste du début février au 13 octobre 1985. Ses dernières créations l'épuisent et il décède dix jours après. La conviction qu'il imprègne dans son travail jusqu'à son dernier souffle fait de lui un artiste mythique.

Jack Lang, ministre de la Culture sous François Mitterand, vient en personne inaugurer la donation exposée dans la Chapelle. L'envergure du peintre et l'importance de la donation sont soulignées par ce geste.

Mais en 2010, la donation disparaît de Notre-Dame de la Pitié. Elle serait conservée, loin des regards, dans les réserves du fonds national des arts contemporains à Paris La Défense. L'origine de cette deuxième mort de l'artiste se trouve certainement dans la restriction budgétaire générée par les périodes de crise que le pays traverse. Le coût exorbitant des travaux de mise aux normes de Notre-Dame de la pitié pour l'accueil du public dissuaderait l'Etat.

Monographie Mario Prassinos éditions Actes Sud - La colline tatouée, par Mario Prassinos, Édition Grasset & Fasquelle - Henri Parisot correspondance avec Mario et Gisèle Prassinos édition Losfeld - Gallimard correspondance de 1933 à 1938.

Fondation Mario Prassinos : www.marioprassinos.com/

 

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