pub france info
   
| SOMMAIRE n° 6 |
Numéro 6
   

Dro Kilndjian

Interview : Dro Kilidjian

L'association Orane qui gère le Festival MARSATAC nous a reçu le jeudi 23 août 2007 dans ses bureaux au Pôle Média à Marseille. Dro Kilndjian, un des co-fondateurs du festival qui aura lieu cette année les 21/22/28/29 septembre 2007 à Marseille, s'est gentiment mis à notre disposition pour répondre à nos questions.

L'œil : Comment est née l'idée du festival ?

Dro Kilndjian : Il se trouve que c'est une affaire familiale et amicale. Nous sommes trois co-fondateurs : il y a Béatrice Desgranges, qui se trouve être ma cousine, Laurence Chansigaud et moi-même, Dro Kilndjian.

On vivait en Angleterre dans les années 92/93/94, on sortait beaucoup dans les concerts. A cette époque là à Marseille il ne se passait pas grand chose question rock and roll et concerts, et notamment pas de festival. On s'était dit un peu naïvement dans ces années là : « quand on rentrera, un peu portés par l'énergie londonienne, on essaiera de créer un événement à Marseille qui soit dans cet esprit d'effervescence musicale ».

Donc on est rentré en 94 et on a commencé un peu à chercher, voir quelques personnes dans le milieu de la musique. Nous on était des bleus, c'était le total flou, on avait jamais monté un concert de notre vie, on n'était pas musiciens et on avait aucune connexion dans ce milieu, donc vierges de toute connaissances.

On a débarqué là dedans un peu naïfs, en disant voilà on est plein d'énergie, on a envie de faire des choses. On est allé voir quelques personnes qui nous ont fait comprendre que sans expérience et sans compétence précise, monter un festival serait difficile.

Et il est vrai que nous avions plus une attitude de fan, c'est à dire que nous avions une programmation avant même d'avoir une structure. On voulait faire jouer Prince à l'époque et les gens nous on pris un peu pour des barjots. Alors on a un peu oublié le projet mais en le gardant toujours un peu au fond de nous. Béatrice a travaillé au Conseil Général au service de la culture pendant un certain temps ; Laurence était toujours en Angleterre à travailler plutôt dans l'industrie et moi je suis parti un temps en Afrique.

En 1999 Béatrice a rencontré certaines personnes du milieu Hip Hop marseillais. Il se trouve que des relations amicales se sont nouées à l'époque avec l'entourage d'IAM quelque gens de la Fonki Family etc...

D'un seul coup le truc a ressurgi et on s'est dit peut être que l'on pourrait faire un festival. De plus que la scène Hip Hop était en demande d'un événement un peu fort ; il y avait un focus assez grand sur le Hip Hop Marseillais mais il n'y avait pas d'événement qui réunissait tout ses gens là sur la même scène. Béatrice leur a dit que nous avions l'idée de faire un festival depuis longtemps, mais pas forcément sur le créneau Hip Hop car on n'était pas spécialisés Hip Hop à cette époque. Mais on souhaitait collaborer et être la plate forme qui leur permettent d'être sur scène ensemble. C'est parti comme ça, tous les gars du Hip Hop ont joué le jeu avec nous, ils sont venus jouer gratuitement, ils ont fait en sorte que cet événement puisse exister puisqu'il n'y avait pas de finances pour monter le projet. Le montage financier à l'époque c'était quarente mille francs donnés par la ville de Marseille à l'occasion du 26è centenaire. Pour l'occasion, l'association Orane a vu le jour. Il se trouve que l'on a été un peu emportés par le succès de cette première édition qui se déroulait à l'espace Julien et au Café Julien. La jauge maximale du lieu était 1300/1400 personnes par soir. Sur deux dates pour un première événement c'était plutôt pas mal, on avait laissé énormément de gens à l'extérieur. Il y avait un fort engouement et beaucoup de presse autour, de communication. On a dit ok, on a accroché le truc, on va essayer de continuer. Et puis ça a grossi petit à petit. Après il y a eu des galères intermédiaires puisqu'il y a eu des annulations pour cause de météo, mais bon toujours est-il que l'on arrive chemin faisant à la neuvième édition qui va avoir lieu les 21, 22, 28 et 29 septembre 2007. Des deux mille cinq cent personnes que l'on avait au départ, on va passer à un format, cette année, qui va avoisiner les vingt mille personnes.

L'œil : En 2001 le festival a changé de nom, c'est dû à un changement de programmation ?

Dro Kilndjian : Non, au départ c'était Marsatac Connections Festival et on a trouvé au bout d'un moment que le Marsatac par lui même était assez fort et assez porteur. Je ne sais pas pourquoi on l'avait appelé Marsatac Connections au départ, peut être en rapport avec le Hip Hop. En tout cas on s'est dit qu'un nom plus court serait plus efficace.

L'œil : Lors des premières apparitions du festival au J4, le son n'était pas à la hauteur de l'événement. Quelles sont les améliorations ?

Dro Kilndjian : On est toujours dans une volonté d'améliorer les choses. L'année dernière, je n'étais pas entièrement satisfait de ce qui avait était fait en terme de son. Les entreprises prestataires, les gens qui exploitent le son sur place … il y a beaucoup de facteurs qui déterminent la qualité du son sur un événement. On a changé de prestataire à plusieurs reprises, puis on a appris aussi, on n'était pas au fait de ce qui pouvait être fait. Il y a eu des gens qui sont entrés sur l'opération en profitant de nos lacunes techniques dans ce domaine. Mais, on retient les leçons et on apprend vite. D'année en année, on essaie d'améliorer. Parfois, on se prend des pains, ce n'est pas toujours évident à gérer. Pour cette 9éme édition, on a fait en sorte que le son, mais aussi la lumière et le reste de la coquille, soient à la hauteur. On essaie de s'attarder aujourd'hui sur l'accueil du public, son confort.

L'œil : Qui fait quoi à Marsatac ?

Dro Kilndjian : En fait nos trois postes sont plus identifiés que ce qu'ils étaient avant. A la base, on était tous à faire un peu de tout, puis les postures de chacun se sont affinées. Laurence aujourd'hui est plus spécifiquement sur la communication, lapresse et le partenariat. Béatrice est plus sur l'administratif, le financier, les relations avec les institutions. Quant à moi, je suis chargé de tout les contenus artistiques, de la programmation musicale, des images et aussi du développement du festival hors de son cadre, les échanges avec l'Angleterre, le Mali, Montréal.

L'œil : En quoi consiste ces développements ?

Dro Kilndjian : Avec l'Angleterre, depuis quatre ans maintenant, on donne des cartes blanches à des villes. La première c'était Glasgow, puis Brighton ...Il y aura Liverpool et Londres dans les prochaines éditions. Le concept c'est on va là bas et avec des partenaires on part à la rencontre d'artistes émergents que nous trouvons intéressants à montrer. On les ramène dans une soirée spéciale qui se déroule chaque année à la friche de la Belle de Mai. Le 22 septembre il y a une soirée spéciale Manchester. En échange le 03 novembre on part à Manchester faire une soirée Marsatac avec des artistes marseillais et régionaux qui vont jouer là bas. Avec Bamako, au Mali, on va essayer de faire une création particulière entre des artistes de musique électronique marseillais et des artistes de musique traditionnelle maliens. En février 2008, on va avec des artistes d'ici, travailler en résidence avec les artistes maliens. Des représentations de ce travail seront données au Mali. La création en question sera accueillie dans le cadre de la prochaine édition de Marsatac.

L'œil : Vous travaillez en amont pour les prochains festivals ?

Dro Kilndjian : On est dans cette perspective, on travaille déjà sur la dixième édition.

L'œil : Elle sera particulière, la dixième ?

Dro Kilndjian : On essaie de faire en sorte qu'elle le soit, que le volume du public augmente. On espère pouvoir atteindre les trente mille personnes sur l'édition du 10 mais aussi d'apporter d'autres arts et de ne pas rester nécessairement sur la musique, mais ouvrir à d'autres disciplines qui seront proches de la musique et développer le festival dans ce sens là. On souhaite favoriser les échanges internationaux et être en relation avec d'autres festivals étrangers, faire des plateaux. Il se trouve que nous sommes en relation avec un festival qui se déroule à Montréal et qui lui aussi fêtera ses dix ans en 2008. Un plateau marseillais labellisé Marsatac sera invité sur ce festival. Parallèlement, un plateau sur Marsatac présentera des artistes spécifiques à Montréal.

L'œil : Etes vous en avance sur les pré-ventes par rapport à l'année dernière ?

Dro Kilndjian : Plutôt en avance mais il faut savoir que les places ont été mises en vente un peu plutôt que les années précédentes et puis les gens commencent à savoir qu'à cette période de l'année il y a Marsatac. Les gens qui sont venus l'année précédente sont satisfaits et le bouche à oreille fonctionne. Chaque année, l'affluence sur les différents sites augmente.

L'œil : Redoutez-vous les intempéries ?

Dro Kilndjian : Dans notre région, quand il pleut, l'organisation est difficile, pour faire sortir le public c'est compliqué. C'est pour cette raison que nous sommes sous chapiteau, on couvre les scènes et le public.

L'œil : En ce qui concerne le financement comment cela se passe t-il ?

Dro Kilndjian : L'événement tient sur trois volets : financement publique, financement privé, la billetterie et les buvettes. Le budget, c'est 850 000 mille euros. Un tiers est couvert par les institutions, une grosse partie repose sur la billetterie et les buvettes et une autre partie, qui représente entre 15% et 20% selon les années, c'est le sponsoring des entreprises privées. En terme de financement public, le plus gros financeur c'est la région PACA, en suite la ville de Marseille, le troisième c'est le Conseil Général et puis la D.R.A.C (Direction régionale des affaires culturelles). Il y d'autres organismes de type Sacem.

L'œil : Vous êtes à la fin de la saison des festivals, les dates de Marsatac sont-elles stratégiques ?

Dro Kilndjian : On considère que le festival est placé au début de la saison culturelle. Les dates c'est un peu un hasard. La première édition était en février 1999. Puis en juin, sur la deuxième édition. On pensait qu'un festival d'été sur Marseille ça pouvait être intéressant et même la ville de Marseille nous a poussé à aller sur la période du mois d'août. En fait, cela c'est avéré être une mauvaise année pour nous. Le contexte ne semble pas favorable en été pour nous. Du coup on s'est orienté sur le mois de septembre et on s'est rendu compte que le public suivait. Depuis trois ans nous sommes implantés au J4. Les dates en septembre sont devenues plus ou moins un rendez-vous pour les Marseillais. Septembre, c'est un peu plus compliqué en terme de programmation. Les artistes internationaux sont souvent en Europe pendant l'été et circulent sur les festivals. Septembre est une période un peu creuse pour eux, donc tous les projets que l'on porte pour Marsatac sont en général inédits et c'est plutôt bien.

L'œil : Que peut-on souhaiter à Marsatac ?

Dro Kilndjian : On aimerait que les gens ne viennent pas nécessairement sur les têtes d'affiche, mais viennent également découvrir des artistes. On aimerait que les gens viennent un peu les yeux fermés à Marsatac, certains qu'il va se passer des choses intéressantes.

 

Propos recueillis par Hervé Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine gratuit REDACTION : redaction@oeilpaca.fr | | Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex