| SOMMAIRE | Société : Mixed Martial Art | PHOTOS Team Jujithaï |
 

Société : Mixed Martial Art (MMA)

Depuis plusieurs mois, la rédaction de l’œil paca.fr souhaitait connaître les réalités du Mixed Martial Art. Il nous fallait des visuels et prendre le pouls de cette discipline. La Team Jujithaï a bien voulu nous recevoir. C’est une fusion entre deux clubs d’arts Martiaux : La Team Belahcene de Sorgues dans le Vaucluse, qui dispense des cours de Jiu-jitsu Brésilien (lutte qui se pratique au sol et dérivée des techniques du judo) et Chayang boxing du dojo de St Ruf (avenue Monclar en Avignon), qui dispense des entraînements de Boxe Thaï. Les deux associations se sont unies pour pouvoir répondre aux attentes des pratiquants du Mixed Martial Art.

En préambule, Djamel Belahcene et Vincent insistent sur les valeurs humaines véhiculées par leurs sports (le Jiu-Jitsu et la Boxe Thaï). Une bonne hygiène de vie basée sur le respect et la discipline. L’atmosphère qui se dégage pendant les entraînements va en ce sens. Le silence prédomine et seul le bruissement du travail se fait entendre.

La soif d’apprendre des élèves est palpable. Nous sommes bien loin des clichés ultra violents. Mais très proche de l’accomplissement du geste ultime, celui qui métamorphose la frontière du sport en Art corporel.

Mixed Martial Art (MMA) est un terme anglophone qui désigne des rencontres interdisciplinaires d’Arts Martiaux. Les pratiquants ont pour obligation d’assimiler les différentes techniques de combat debout, de corps à corps et de combat au sol.

Pour mieux appréhender le combat libre moderne, un petit retour au début des années 1900 semble essentiel. Un maître Japonais de Judo et de Jiu-jitsu, nommé Esae Mitsuo Maeda, débarqua au Brésil en 1914. Apparemment pour répandre le Judo sur le continent Américain. Il instruisit entre autres Carlos Gracie qui s’avéra être un élève très doué. Carlos enseigna à son tour, mais c’est un de ses frères, Hélio, qui fit réellement avancer ce sport dans l’ère moderne. Helio ne mesurait qu’un mètre soixante pour 65 kg. Il développa une méthode technique adaptée à son gabarit, le Jiu-Jitsu Brésilien. Il voulut démontrer que le Jiu-jitsu Gracie était l’un des Arts Martiaux parmi les plus efficaces.

Les frères Gracie organisèrent au Brésil des rencontres de combat mixte (Val-Tudo), opposant le Jiu-Jitsu à la Boxe, à la Caporeia, au Karaté et au Judo. Hélio Gracie fut un véritable héros au Brésil. Il ne concéda que deux défaites entre 1935 et 1951. La première contre Valdemar Santana un de ses anciens disciples (adepte de Jiu-Jitsu et de Capoeira), et la seconde contre Masahiko Kimura (7è dan de judo à 30 ans, il pratiquait le karaté et fut professionnel de catch) qui lui cassa le bras. Ce fut d’ailleurs son dernier combat à l’âge de 49 ans.

Le 12 novembre 1993, à Denvers Colorado, Royce Gracie, fils de Hélio, organisa avec Art Davie et Bob Meyrowitz le premier tournoi Ultimate Fighting Championship (UFC), qu’il remporta d’ailleurs à trois reprises. Les six premières éditions de UFC furent dépourvues de règle et de catégorie. Les combats eurent lieu dans une cage grillagée « l’octogone ». Pour faire de l’audience, les organisateurs mirent en avant la violence des rencontres où tout était permis. Progressivement les États Unis interdirent les rencontres UFC.

Le premier Pride Fighting Championship (PFC) fut organisé le 11 octobre 1997. C’est la première organisation mondiale de MMA. Elle se déroula au Japon à Tokyo Dome sur un ring et avec des règles. Rickson Gracie, frère de Royce et champion de Jiu-jitsu Brésilien, s’affirma comme l’un des plus légendaires combattants de MMA.

L’UFC prend conscience qu’il est primordial et vital d’adoucir son image. Des règles sont instituées dans le but de protéger les combattants. Un arbitre est présent et fait respecter celles-ci. Des commissions sportives, ainsi que des luttes anti-dopage, sont mis sur pied. Des catégories de poids et des limites de temps sont établies. Tous ces efforts ou consentements se traduisent par une reconnaissance sportive du MMA au contraire de l’aspect du spectacle initial que l’UFC avait voulu volontairement violent.

Pour devenir la première organisation mondiale, l’UFC rachète la Pride FC Japonaise en 2007. L’UFC est diffusée dans les médias aux États-Unis, en Angleterre, au Canada, au Japon et au Brésil. Basée à Las Vegas Nevada, l’UFC appartient à Zuffa, une entreprise appartenant aux gérants de casino Frank Ferttita III et Lorenzo Ferttita et dirigée par Dana White.

Il est incontestable que la famille Gracie et le Jiu-Jitsu ont contribué au développement du MMA ou Free Fight. Les débuts médiatiques étaient maladroits et préjudiciables pour ce sport. La domination de la famille Gracie prouve que le combat au sol est prédominant. En effet, il est plus facile de forcer son adversaire à combattre au sol que debout. L’avantage réside d’en le fait que le gabarit s’avère être moins déterminant. La technique au sol revêt une importance prépondérante.

L’image de violence gratuite et d’absence de règle poursuit ce sport. En Angleterre les combats se déroulent dans une Cage et certains trouvent cela barbare. Le but est tout simplement d’ajouter du scénario, un habillage qui renforce l’aspect dramatique. Chez nous, les rencontres sont toujours interdites. Pourtant, en 2008, le combat libre est reconnu en France. Bertrand Amoussou est désigné président de Mixed Martial Art et rattaché à la Fédération Française de full contact et disciplines associées.

Mixed Martial Art n’est plus dépourvu de règle et de catégorie. C’est un sport moderne. Pas plus dangereux que la boxe en général et les coups portés à la tête sont beaucoup moins présents. De toute évidence, les jeunes sont beaucoup plus attirés par le Jiu-Jitsu Brésilien et la pratique du Mixed Martial Art.

 

Par Rv Dols - herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

 

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine gratuit rédaction et publicité : yasmine@oeilpaca.fr | Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex