| DIAPORAMA PHOTO MORIARTY en live | SOMMAIRE numéro 17 |
Numéro 17
   

Moriarty

Musique : Moriarty

Le groupe est formé depuis 1995 mais leur renommée s'établie en 2007 après la sortie de « Gee Whiz But This Is a Lonesome Town ». Jimmy, le digne représentant de Moriarty, nous fait découvrir la voix somptueuse de Rosemary. Leur prochain opus sortira en Avril 2011.

C’est dans le sud-est de la France, que l’Akwaba (Gadagne) recevait à guichet fermé la famille Moriarty, de retour d’un périple imaginaire situé en 1923 à Tombouctou. Accompagnée d’une musique plus électrique que par le passé, Rosemary nous fera voyager dans l’excellence, l’espace d’un set de 1er classe.

Les origines du groupe remontent aux bacs à sable Parisiens avec Thomas et Arthur. Au commencement ils s’échangent les seaux et les pelles. Suivront les instruments de musique, Thomas laissera Arthur se faire la peau des doigts sur sa gratte. La famille Moriarty commence à prendre racine dans des pages où se mêlent road movie et vie intime. Un peu plus loin sur un pont, Charles qui fait jouer quelques cordes sèches, se fait happer par Moriarty.

Un 21 juin en soirée, Moriarty croise le chemin de Rosemary. C’est en 1999 qu’elle succédera définitivement à Charlène Dupuy qui voulait devenir professionnelle et trouvait la famille trop amateur.

Instantanément, Rosemary incarne l’âme vocale des Moriarty qui est une fusion sonore d’Amérique à la Française. Des standards Blues en passant par les Stones, l'éducation de la famille se forge et les premiers morceaux plus personnels commencent à signifier leur identité

Moriarty / photo Rv Dols

En 2005, ils croisent la route de Jérôme Deschamps (Les Déschiens) qui les présente à Naïve. Première signature et le premier album ne tarde pas à sortir. Son titre est directement inspiré d’une ville fantôme échappée d’une carte postale. L’or viendra couronner l’album. Plus de 300 dates, d’abord en Europe : France, Angleterre, Espagne… Puis la famille change de continent pour poursuivre sa route de par le Monde : Etats-unis, Canada, Japon, Australie, Inde…

Rv Dols : Peut-on dire que sans Jack Lang la famille Moriarty ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Arthur : Non, il ne faut pas abuser. Un jour, j’ai évoqué la contribution des énarques socialistes des débuts des années 80. Jack Lang n’a pas créé la fête de la musique (21 juin), ce sont des énarques, même s’il en tire les usufruits depuis.

Rv Dols : Le film Sur la route (On the Road, 1957, roman autobiographique où le narrateur Sal Paradise est accompagné par Dean Moriarty) adapté de l’œuvre de Jack Kerouac (écrivain Américain considéré par la beat génération comme le King of the Beats) devrait sortir courant 2011. C’est le cinéaste Walter Salles (réalisateur de « Carnet de voyage » film qui retrace le périple du Ché Guevara à travers l’Amérique du Sud durant lequel il se forgea une conscience politique) qui a réalisé le long métrage. Moriarty est-il curieux de voir le film ?

Arthur : Nous avons sollicité Walter Salles pour pouvoir faire la musique du film. Mais nous n’avons pas eu de réponse favorable. Il nous a dit qu’il appréciait notre travail mais qu’il avait déjà un compositeur.

Rv Dols : Revenons au premier album (Gee Whiz But This Is a Lonesome Town, sorti en octobre 2007) ; Peut-on dire qu’il s’agit plus d’une compilation que d’un véritable album ?

Stephan : Je ne pense pas puisque, en définitive, pour le second nous avons eu pratiquement la même démarche. Nous ne pouvons pas écrire des chansons et dire ; aujourd’hui nous enregistrons. Cela ne fonctionne pas de cette façon dans la famille Moriarty. Nous avons des vieux stocks accumulés depuis dix ans, des morceaux à moitié finis, des brides, des idées… En ce qui concerne le premier album nous avons pioché dans des choses qui dataient et des plus récentes. Ce qui a constitué l’album. Pour le second album c’est identique, il y a de la matière musicale qui s’étale sur dix ans. C’est de la sédimentation, un processus de création très lent.

Rv Dols : Vous avez voulu jouer vos morceaux du futur album avant de l’enregistrer, apparemment la maturation a été plus rapide pour le second.

Stephan : Effectivement, les morceaux ont eu une maturation plus dense. Sans oublier que nous jouons trois soirs par semaine. Alors qu’il y a dix ans c’était un soir tous les trois mois.

Rv Dols : Les textes ont une place importante dans votre projet.

Arthur : Oui, 50/50 avec la musique.

Rv Dols : Est-ce que vous comprenez que certains Français puissent se sentir lésés, parce que justement ils passent à côté de 50 % du truc ?

Stephan : C’est vrai que dans des pays Anglophones comme l’Inde, ils entendent le texte en premier. Malheureusement en France les textes restent une énigme pour certains. Mais je sais qu’il y a des gens qui traduisent les textes, patiemment, pour en prendre la mesure. Plusieurs mois après la première écoute ils découvrent le sens des morceaux. C’est comme un livre que l’on relit plusieurs fois. Finalement cela s’inscrit bien dans notre démarche, tu n’as pas tout de suite mais au fur et à mesure que le temps passe.

Rv Dols : L’enregistrement du premier album fut réalisé dans un grenier. Pour le second c’était où ?

Stephan : Nous ne sommes pas très à notre aise dans des studios froids ou aseptisés. La nécessité de se sentir à la maison est primordiale. Nous arrivons avec plein de bazar et nous transformons le lieu, voir on se l’approprie.

Arthur : Là, c’était dans une sorte de cave à Paris, en dessous de Pigalle. L’enregistrement a duré une dizaine de jours.

Stephan : C’est notre batteur qui a dirigé les enregistrements. Il a une énorme culture du son. Il a pu saisir très vite la philosophie, l’atmosphère et l’intensité du jeu. Nous voulions enregistrer en cercle, comme sur scène. Pas chacun dans une cabine et séparés. Il faut pouvoir se voir, se sentir, se toucher. Le fait qu’il y ait cette ambiance précise a permis d’accoucher le disque sans douleur.

Rv Dols : Le thème principal de l’album ne rode-t-il pas autour de la mort ?

Arthur : Nous avons peut-être dit cela, mais ce n’est pas que cela. Ce n’est pas prémédité.

Stephan : Après trois ans de tournée, les Moriarty étaient fatigués. On s’est posé et nous avons pris du recul. Quand nous sommes revenus au projet, nous avons regardé ce que nous avions écrit sur la route pendant ces trois années. Rosemary a commencé à choisir parmi les textes, ceux qui pouvaient avoir un sens. Une fois le tri effectué, effectivement, il y avait pas mal d’histoires de fantômes, de condamnés à mort, de meurtres, d’histoires relativement noires. C’est bizarre, peut-être des influences insidieuses, mais rien de volontaire.

Rv Dols : Judy Gold, c’est l’histoire d’une femme à qui on a fait la promesse de chanter dans un groupe et qui au final se retrouve sur le trottoir. C’est quoi, une métaphore qui évoque votre relation avec votre ancienne maison de disque ?

Arthur : C’est peut-être l’une des interprétations possibles. En réalité, j’ai commencé ce texte que Rose a repris. Je ne pense pas que l’on songe à cela quand on la chante.

Arthur : L’idée de la chanson c’est « pourquoi jouer de la musique », ce qui peut donner un sens à certaines choses au début. Et les dérives d’une vie qui t’emmène sur autre chose. C’était la distance entre ces deux choses là que nous voulions évoquer. En réalité cela peut être pratique au jour le jour d’avoir un travail alimentaire, mais il faut pouvoir revenir à ce qu’on veut réellement faire.

 

Rv Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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