pub france info
   
| SOMMAIRE numéro 2 |
Numéro 2
   

Mona Fabiani

Portrait : Mona Fabiani / My name is MOON

Wooz ; au commencement il n'avait ni bras, ni bouche, symbolisant son impuissance devant l'impitoyable cruauté que peut revêtir la vie.

Aucun enfant ne devrait, à jamais, devoir endurer une telle souffrance.

Wooz a muté, le personnage né de l'ambiguïté et des déchirures laisse place à Moon.

Artiste prolifique Mona a une sensibilité à fleur de peau. L'émotion que suscite son œuvre ne laissera personne indifférent.

A la rédaction nous sommes tous tombés sous le charme de cette étincelante jeune femme.

Mona Fabiani / Photo Rv Dols©

Hervé Dols : Bonjour, Wooz ou Moon ?

Mona Fabiani : mon vrai surnom c'est Moon, Wooz en fait c'est Moon qui s'est cassé la gueule.

Hervé Dols : A quel moment t'es venue l'idée de faire des carnets ?

Mona Fabiani : Le premier book, j'ai commencé à l'âge de douze ans et je l'ai fini il y a six mois. C'est un carnet de route intime et ce n'était pas destiné à être montré. Il y a beaucoup de textes, ils restent trop personnels pour être diffusés. Il s'appelle médisance en rapport avec les dix ans qu'il a fallu pour le faire. C'est une période de ma vie difficile, les mots ne sortaient pas, je m'exprimais en lui. Au début ce n'était pas évident de montrer son contenu vu qu'il n'était pas voué à cela. C'était des crachats de pensées instinctifs et chaque dessin symbolise vraiment une période de ma vie qui n'est pas très rose.

Hervé Dols : quel est ton cursus ?

Mona Fabiani : J'ai un bac littéraire art plastique mais je n'ai suivi aucune formation spécifique. J'ai eu mon bac il y a quatre ans sans savoir où m'orienter.

IHervé Dols : l y a une tête qui revient souvent sur tes dessins, c'est qui ?

Mona Fabiani : Ce perso c'est le Wooz, il me suit depuis toujours, c'est peut être un peu mon double, au début c'est un personnage naïf toujours en salopette et l'on dirait plus un homme qu'une femme, un perso androïde. J'ai d'ailleurs mis en ligne sur myspace une partie du carnet, il est donc visible pour ceux qui veulent le voir, mais moi je n'ai pas forcément envie de revoir ces passages de ma vie, j'essaie d'évacuer, cela m'évoque trop de souvenirs alors je ne vais pas sur cette page. C'est pour cela que j'ai ouvert un autre carnet et une autre page ; c'est Moon et en trois mois il était fini. Je dessine ce que je vis.

Hervé Dols : Comment t'es venu l'idée d'exposer ton travail sur myspace ?

Mona Fabiani : C'est mon frère qui se trouve être mon co-locataire qui a fait une petite vidéo puis l'a diffusé sur le net. Il y avait trop de gens qui voyaient tout d'un coup, j'étais en pleurs devant la réalité, c'est tellement intime. Au début j'hallucinais vraiment, je ne pensais pas que les gens s'y intéresseraient, les retours m'ont bouleversée. Maintenant ça va, je le vis mieux.

Hervé Dols : Travailles-tu sur d'autres formats ?

Mona Fabiani : J'ai eu deux commandes de carnet, des gens qui voulaient absolument ce format, ça m'a fait énormément plaisir, je reste attachée aux carnets, tu le transportes, rajoutes des choses quand tu veux et où tu veux, il fait partie de toi. Il est un confident, peut être même un psychologue, cela aide à sortir les choses qui sont en toi. Bien sûr, de plus en plus je suis obligée d'évoluer sur d'autres formats, mais je n'ai pas de surface de prédilection, des murs, des toiles, je m'adapte à tout avec tous les outils inimaginables, je peins avec mes mains, j'aime toucher, si les gens veulent palper mon travail ils le peuvent. Je ne mets aucune restriction car en création la liberté est essentielle.

Hervé Dols : Travailles-tu avec d'autres artistes ?

Mona Fabiani : Oui et j'apprécie vraiment ces moments de partage ; j'ai des amis qui sont graphistes, très forts en informatique, un jour je suis arrivée chez eux avec des rouleaux de papier peint et on a fait des gribouillages pendant l'apéro, à l'arrivée nous avions des bandeaux de trois mètres de long. Nous voulions les coller dans la rue Cours Julien mais entre temps la patronne du Balthazar a accepté qu'on expose chez elle, c'est mieux. Ce travail avec Nico c'était très sympa, lui il faisait des gros persos et moi je remplissais. Ce n'est pas un travail qui me ressemble mais le partage est jubilatoire. Là j'ai un carnet que j'ai commencé le mois dernier à Paris, exclusivement au stylo à bille de toutes les couleurs et tous les parfums, et partout où je vais, je fais dessiner les gens.

Hervé Dols : Travailles-tu pour d'autres artistes ?

Mona Fabiani : J'ai une anecdote à ce sujet, un jour Finley Quaye me contacte et me demande si je veux dessiner pour sa musique, je suis fan depuis l'âge de dix ans, je lui réponds par e-mail et limite je l'insulte. Je reçois un autre message « why »… je ne croyais toujours pas que c'était bien lui et un jour sur ma messagerie je reçois des chansons de lui qui n'étaient pas commercialisées. Je suis allée sur sa page perso et je me suis retrouvée dans sa liste d'amis entre Björk et Tom Wait. Enorme, c'était le vrai Finlay Quaye et depuis nous gardons le contact. Je devais aller le rencontrer en septembre et lui montrer le travail que j'ai réalisé pour lui. Mais je n'avais plus de dents en haut (la galère) et je ne parle pas anglais ; je me suis faite opérer et j'irais en décembre avec des dents… (Rire). Je vais peut-être faire le livret et la pochette de Chat (www.myspace.com/mademoisellecha) et j'espère travailler avec Joseph (www.myspace.com/musicjoseph). J'ai une expo aussi à venir.

 

Propos recueillis par Rv Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine gratuit REDACTION : redaction@oeilpaca.fr | PUBLICITE : christian@oeilpaca.fr | Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex