pub
   
| Art /contemporain / plastique : Nosifone | SOMMAIRE |
Numéro 7
   

Nosifone

Du Graff sur les murs : Nosifone

Figure incontournable du Graff Avignonnais, Nosifone graffe depuis plus de 20 ans. Son style, les personnages et la caricature.

Cofondateur et président de l’association Polyartone qui a vu le jour en 1997. Organisateur du festival 100% graffiti « Write on Walls » qui se tient sur les murs de la casse Costrain à Vedène (84).

Il orchestra en mai 2007, lors du Festival Jam Write the Wall (5) à Avignon, les murs du parking des Italiens pour que la centaine d’invités puisse graffer en toute liberté.

Pour ceux qui sont déjà passés par Les Passagers du Zinc, c’est lui qui a décoré les murs de la salle Avignonnaise.

 

Nosifone / Photo Hervé Dols©

L’œil paca.fr : Depuis quand graffes-tu ?

NOSIFONE : En 1987, j’ai commencé par le Tag. On tapait un peu partout, au début ça fait partie du truc de jouer au chat et à la souris. Quand tu fais du graffiti sauvage, il ne faut pas s’étonner de se faire attraper. Tôt au tard cela arrive. J’ai payé ce que j’avais à payer. Maintenant mon but c’est de démocratiser cet art de la rue et arriver à démontrer que ce ne sont pas des voyous ou des mauvais garçons qui n’ont aucune considération pour autrui.

De nos jours, les artistes sont plus dans la recherche de style. Les influences sont présentes évidemment, mais chacun essaie de se démarquer.

L’œil paca.fr : Le but du jeu reste « faire de l’art », mais il y a-t-il des opportunités pour manger un peu ?

NOSIFONE : Au début nous avons créé une association, c’était beaucoup plus simple au niveau des modalités et cela nous permettait d’avoir une structure. A partir de ce moment nous avons démarché différentes organisations pour pouvoir bénéficier d’espaces, de murs. C’est vrai qu’à la base le but c’est d’être vu, mais souvent les espaces légaux que l’on nous cède sont cachés. Nous avons profité de lieux où nous avons pu nous perfectionner. Ce qui nous a permis par la suite de faire des fresques qui tuent dans des lieux plus accessibles et plus visibles. Maintenant ceux qui nous jetaient des pierres et nous traitaient de vandales s’arrêtent pour regarder et discuter avec nous. En ce qui me concerne, j’ai créé une micro entreprise. Les derniers travaux en date, c’est une fresque sur les murs d’une boulangerie à Cavaillon (84), mais cela reste encore compliqué pour en vivre.

L’œil paca.fr : Je sais qu’en France on hésite encore à considérer les arts de la rue (Street Art) comme des disciplines à part entière, qu’en est-il culturellement sur Avignon ?

NOSIFONE : Il y a une culture à Avignon qui est basée essentiellement sur le Théâtre et la musique classique… et de fait, réservée à une certaine élite. En ce qui concerne les arts de la rue, cela commence, je ne dis pas qu’il n’y a rien, il y a quelques festivals, mais cela reste encore trop confidentiel. Le problème c’est que les gens qui gèrent, ou qui s’occupent des différents événements ne sont pas impliqués dans le mouvement et il y a forcément un décalage entre leur façon de nous imposer leurs points de vue et la réalité du terrain. Il y a des projets qui sont en cours, mais la sensation de faire du « sur place » est tenace. Rien qu’un exemple, pour avoir un local pour l’association avec des murs à disposition et, du fait, cadrer certaines activités : initiation, perfectionnement, etc. C’est impossible.

L’œil paca.fr : La toile n’est elle pas une réponse aux difficultés financières, voir de reconnaissance ?

NOSIFONE : La technique est différente, les habitudes de travail sont mises à mal et les puristes ne sont pas chauds. Mais bon, sur de grandes toiles, cela peut être intéressant. Après il y a aussi le fait que chacun essaie de se développer et de chercher les moyens qui lui permettront de faire évoluer son style. L’inconvénient sur une toile, on peint souvent avec autre chose que de la bombe. Nous avons déjà réalisé des expositions de graff sur toile. Le petit souci c’est qu’on se retrouve mélangé avec d’autres techniques qui sont étrangères au graffiti et au street art. Sur Avignon il n’y a pas de galeries spécialisées qui pourraient nous permettre d’avoir plus de visibilité et de reconnaissance.

L’œil paca.fr : Comment vois-tu la jeunesse de nos jours ?

NOSIFONE : Il y a beaucoup de jeunes qui n’ont pas de passions, pas de repères, pas d’envies, ils se sentent délaissés, ou pas bien dans ce monde. Humblement, j’essaie de véhiculer mon savoir faire, mais aussi de faire prendre goût à quelque chose qui peut remplir la vie. Bien sûr il n’y a pas que le graff, d’autres activités artistiques, sportives existent. Le principal c’est que les jeunes donnent un sens à leurs vies.

L’œil paca.fr : Si tu devais définir le graffiti ?

NOSIFONE : Le graffiti c’est aussi le partage, ce n’est pas que de l’individualité, c’est également aller voir ailleurs ce qui se passe. Découvrir les styles des autres graffeurs et de développer le tien. Personnellement cela m’a permis de voyager, de faire des connections, des rencontres et de m’enrichir de l’autre.

 

Rv Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine gratuit REDACTION : redaction@oeilpaca.fr | PUBLICITE : christian@oeilpaca.fr | Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex