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Musique : N&SK
   
 
 
   

NSK

N&SK " Libre service "

Je voulais vous parler de N&SK. Ce groupe venu du Forez, teinté de la couleur peuple de France. Cette musique rock, ska, métissée, orientale, épicée de textes empreints de réalité.

Kaï et ses musiciens nous ont montré une chaleur, une espérance.

N&SK c’est la porte ouverte à la différence. Je n’ai rien inventé, ils sont ce qu’ils chantent. N&SK, c’est un peu de vérité, d’honnêteté, d’humanité dans ce monde où la course au profit formate et écrase l’humain.

« Libre Service » est dans les bacs et N&SK sur les scènes de France, il ne tient plus qu’à vous de prendre une part de bonheur.

Photo Hervé Dols - All Rights Reserved -

L’œil paca.fr : Tu m’arrêtes si je me trompe. Depuis le début, N&SK est un collectif composé de huit musiciens. Onzième année de vie, le premier album c’était en 1998, douze chansons enregistrées en 12 jours. Puis la création de l’association, premier label qui permit au groupe de se structurer et puis des répétitions, des concerts à gogo…

Kaï : Oui c’est ça, beaucoup de répétitions pour monter un set à notre image. Nous avons fait tous les bars possibles dans la région Stéphanoise. On jouait pour une pizza, pour une petite misère et surtout pour se faire connaître.

L’œil paca.fr : Environ un album tous les deux ou trois ans, « Libre service » est le sixième. En octobre 2008, N&SK s’arrête pour respirer… ça c’est la version officielle. Moi, j’avais le sentiment que N&SK s’était posé pour réfléchir à son avenir… Me suis-je trompé ?

Kaï : Tu ne te trompes pas. Après 2003, 2004 et 2005 nous sortions de trois années pleines. Pour nous, c’était une grosse poussée de croissance. Nous étions sous un label Parisien qui nous a bien aidé… Les albums Cosmopolite et le Cirque Millénium. C’était une période extraordinaire. Nous avons fait énormément de scènes. Là, d’un coup, on se prenait tout ça en pleine figure, un rêve quoi. Nous avons bien profité et cela c’est très bien passé. Après 2007 nous arrivions sur nos dix ans. Le besoin de se remettre en question. Voir dans quelle direction artistique nous pouvions faire évoluer le projet et réfléchir à la suite devenait nécessaire. Nous avions également besoin de savoir si nous avions envie de fonctionner encore ensemble. Alors, on s’est un peu cherché, à savoir comment on pouvait surprendre de nouveau.

L’œil paca.fr : C’est bizarre, N&SK est connu de tous les gens qui fréquentent les petites salles et les festivals. Mais ceux qui ne fréquentent pas ces réseaux semblent ignorer complètement votre existence.

Kaï : On est un peu des dinosaures. Je crois que nous n’avons pas eu la chance ou le bon accompagnement. Je ne sais pas comment il faut dire… pour être relayé dans certains médias. Mais nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Notre métier et notre vie, c’est de faire de la musique. Nous sommes conscients de l’importance du travail de promotion et de communication, mais ça on ne sait pas faire.

L’œil paca.fr : « Libre service » est sorti le 11 mai. Comment peut-on définir cette musique ?

Kaï : La particularité de N&SK, c’est que nous ne sommes pas spécialistes dans le rock, le reggae, le ska, ou le jazz pour les cuivres… A la base, c’est vraiment des musiciens qui viennent d’horizons différents. Le but était d’arriver à mélanger la personnalité de chacun pour en sortir la musique N&SK.

L’œil paca.fr : Sur les précédents albums, tu écrivais les textes dans le tour bus, les musicos composaient et le groupe testait les chansons sur scène. Pour « Libre service » la méthode a été inversée...Ce n’est donc plus du N&SK ?

Kaï : En réalité, N&SK ne s’est jamais arrêté de tourner. Donc on faisait nos disques pendant les tournées. Mais il y a des chansons que nous enregistrions avant de les jouer sur scène. Mais c’est vrai que pour cet album on s’est posé. Volontairement, nous ne cherchions plus de dates. De septembre à mars nous sommes passés à la composition de l’album puis à l’enregistrement studio. Il y a quatre chansons qu’on chantait déjà sur scène. Mais l’envie était de se faire un peu oublier, de façon à revenir avec une vraie actu et de préparer cette sortie. Nous n’avons pas vraiment changé notre façon de travailler. Sur « Libre Service » il y a des idées un peu plus abouties. Les raisons, c’est qu’on s’intéresse à d’autres choses et ce que nous vivons alimente notre évolution. L’album est peut-être moins festif et plus rock. Sans parler du concept, nous avons toujours essayé d’apporter quelque chose de nouveau sur chaque album. Nous sommes énormément à l’écoute de ce qui se passe à côté, donc on essaie d’intégrer cette nouvelle influence.

L’œil paca.fr : Prenez-vous une nouvelle direction avec « Libre service » ?

Kaï : Avec « Libre Service », c’est la première fois que nous sommes co-producteurs du disque et que N&SK gère la plupart des étapes. Cela passe par tout le processus de création, le visuel mais aussi le choix des partenaires. En cela « Libre Service » donne une nouvelle direction.

L’œil paca.fr : Avant d’être un groupe… N&SK c’est quoi ?

Kaï : Il n’y en a pas un ou une dans le groupe qui soit similaire. La culture des différences a son importance. Chacun apporte son propos. C’est vrai que nous sommes partie prenante dans le réseau des associations, des petites salles… Individuellement, chacun ne peut pas reproduire N&SK. Je pense que c’est unique. Il y a douze ans, à la naissance, nous étions tous dans un autre état d’esprit. Après ce sont les rencontres, la route, l’évolution de nos vies. Il y a eu une vingtaine de musiciens depuis les débuts qui sont passés dans N&SK. Certains étaient de très bons musiciens. Ceux qui sont passés n’avaient pas l’état d’esprit pour rester. C’est une alchimie qui se crée. Je pense que nous savons d’où nous venons. Il n’y a pas d’oubli. Nous avons travaillé pour arriver jusqu’ici. Si demain il y a un gros succès, je reste persuadé que notre état d’esprit sera le même. Nous avons tous des enfants en bas âge et par conséquent des vies de famille. La maturité les années passées ensemble, les choix de vie, c’est tout cela N&SK.

L’œil paca.fr : N&SK est l’un des premiers groupes en France à avoir réussi la fusion entre le festif, le rock, le Ska, le Reggae, voir le Jazz avec la musique orientale...

Kaï : On chante en Berbère Kabyle qui est une langue différente de l’Arabe parlé en Algérie où dans d’autres pays Musulmans. C’est une langue à la sonorité plus musicale, plus chantante.

L’œil paca.fr : Tes textes sont toujours proches de la réalité...

Kaï : Disons que quand j’écris, il faut que cela me parle et que cela puisse interpeller les gens. Ce qui m’intéresse c’est la réalité, les gens, nos histoires. En tous cas, c’est réagir et donner mon avis.

L’œil paca.fr : D’où viens Kaï ?

Kaï : Je viens de la banlieue Stéphanoise, d’un quartier chaud qui est à l’écart de la ville. C’était le bled en France. On faisait des matchs de foot à 32 ! C’est là que j’ai commencé la musique avec mon pote Omar.

L’œil paca.fr : Que penses-tu de la politique actuelle en France ?

Kaï : Cela me déprime, la manipulation exercée me fait peur. Il y a une majorité de gens trompés, voir récupérés grâce à l’insécurité. Le souci, c’est qu’en face il n’y a rien, aucun projet sérieux.


Rv Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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