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Musique : Oai Star
   
 
 
   

Gari Oai Star

Musique : OAI STAR

On avait coutume de dire que Oai Star était la branche agitée Rock de Massilia Sound System. Né de la collaboration entre Gari et Lux B, on pouvait craindre que le décès de ce dernier entraîne Oia Star vers les étoiles de l’oubli.

Gari a su, et de quelle manière, renouveler Oai Stars tout en gardant cet esprit Danse Floor. La collaboration avec Dubmood, un Suédois adepte de la Chip musique a régénéré le tout. Une remise en question imposée par les aléas de la vie. Ce changement de trajectoire est finalement une suite logique du projet et s’inscrit dans son évolution naturelle.

Sur l’album Manifesta qui sortira en septembre 2009, des collaborations diverses. J’oserai dire habituelles de Djali et Tatou et, un peu plus surprenante, celle de Candice de Eths. Le titre qui porte haut les nouvelles couleurs du groupe, « Je veux brûler la mer » nous indique dès les premières notes, tout le potentiel du futur Oai Star, plus vivant que jamais.

En ce qui concerne le live, à défaut de mer, rien de bien étonnant si Gari et ses complices font brûler la scène. Les nouveaux morceaux sont bien accueillis et faire bouléguer le public est toujours la « tenue exigée ».

Photo Hervé Dols - All Rights Reserved -

Gari : Oai star c’est bien plus qu’un groupe. C’était nous. Quand Lux B et moi-même sommes arrivés au sein de Massillia, nous n’étions pas des chanteurs. Nous étions les Oai Stars. Notre rôle se résumait à foutre le bordel et créer l’interaction entre le public et la scène. C’était notre fonction première. Même si par la suite nous sommes devenus un peu plus conventionnels en tant que chanteurs, notre vocation est restée. C’est donc pour cela que Oai Stars c’est plus une fonction qu’un nom de groupe. C’était Lux et Gari. L’Auguste et le clown blanc. Un duo de deux mecs qui n’ont rien à voir ensemble, avec du rock derrière. Lux n’étant plus là, je ne me voyais plus continuer sous cette configuration. Cela ne me disait plus grand-chose. Il fallait changer d’image. Il fallait une autre rencontre, un autre vecteur.

Si je ne rencontre pas le petit Suédois qui joue de la Game Boy… Il a 23 ans et cela fait 2 ans qu’il est à Marseille. C’est un musicien de Chip musique. Avec ses dreadlocks blondes, il est le seul musicien de musique électronique qui a l’accent Marseillais. Lui, il est « identité choisie » à fond. Il est arrivé à Marseille et a dit : « je veux vivre ici, je suis Marseillais ».

Avec Lux nous avons toujours été friands de ce genre de rencontre. Quand je l’ai vu, je me suis dit :  « Lui, il me donne envie de continuer Oai Stars ». J’ai proposé à Dubmood de collaborer avec moi, il a été à fond tout de suite. Oai Stars, il faut que ce ne soit pas pareil.

L’œil paca.fr : Oai Stars, fait dans l’expérimentation ?

Gari : Je ne me suis même pas posé la question. Je me suis dit : «  ce minot fait de la musique avec sa Game Boy, très fun, très positive, très dansante », un peu tout ce que nous recherchons quand nous faisons de la musique alors, pourquoi pas. Le seul challenge, c’était d’arriver à marier cette espèce de Rock Oai Staresque avec la Chip musique. Ce qui s’est révélé très facile. Parce que nous étions tous à fond dedans et c’était une évidence. A la base avec Lux on avait cette espèce de son dans la tronche. Mais on n’avait pas le mec. Cette espèce de Oai Stars électro Rock machine à danser. Donc nous avons créé un nouvel emballage pour les anciennes chansons et nous avons composé 13 nouveaux morceaux.

L’œil paca.fr : Pourquoi le nouvel opus Manifiesta ne sortira qu’en septembre 2009 ?

Gari : Tu sais bien que c’est une chose de créer des chansons et des disques en studio. C’est une autre chose que de passer au monde industriel. La distribution, les contrats, les marchands, cela prend pas mal de temps. Surtout en ce moment où les acteurs du disque sont attentistes. Nous ne voulions pas bâcler. C’est toujours pareil, la sortie d’un album c’est l’interaction avec une tournée et il faut que tous les paramètres soient en parallèle. Cela sera le cas en septembre 2009. Par contre, vu que maintenant il y a Myspace, nous profitons de ce support pour faire tourner. Il y a déjà un morceau sur la page de Oai Stars et d’ici la sortie du disque nous en mettrons d’autres.

L’œil paca.fr : Du coup, tu te retrouves seul à écrire sur les nouvelles compositions.

Gari : Je me suis fait épauler par Claude Sicre des Fabulous Trobadors. C’est un travail de grand frère. Il nous a beaucoup apporté en général. Notamment dans la manière de travailler. Evidemment Tatou et Djali, ont écrit une chanson chacun.

L’œil paca.fr : Est-ce obligé que Tatou et Djali soient sur l’album ?

Gari : En tout cas c’est naturel. Tu sais, ce que nous faisons en dehors de Massilia ce n’est pas dos à dos. On essaie de créer des petits Massilia.

L’œil paca.fr : Moins naturel, il y a aussi Candice de Eths.

Gari : Pour moi c’est logique de collaborer avec Candice de Eths, une chanteuse Marseillaise.

L’œil paca.fr : Pourquoi l’inviter… parce que c’est une voix féminine ?

Gari : J’avais envie d’une voix d’ange. C’est un morceau où tu entends souvent, « nous deux ». Je parle à Lux en fait. C’est donc pour cela que j’avais besoin d’une voix de fille. Après, moi j’habite à Marseille. Je la trouve super sympa. Cela la sort de son registre. Elle a exploré un peu, quelque chose qu’elle n’a pas forcément l’habitude de faire, même si elle chante pas mal en voix claire avec Eths. Avant tout, c’est le filing, après cela va vite, la chanson nous l’avons faite en une demi heure.

Un petit peu comme avec Néméo, qui lui aussi a composé un instrumental et il a chanté avec moi dessus. Ami de Dubmood et Barcelonais, il est passé au studio un mercredi matin. Ce n’était pas prévu. Il est reparti à 18 heures. La trame était faite. Après nous l’avons peaufinée. Voilà, ça c’est fait dans le filing. Quand j’ai rencontré Dubmood, tu étais là, c’était à Istres. Il nous a fait une démo en live j’ai pris le micro et je me suis éclaté avec lui. Après quand Lux est parti, je me suis rappelé de ça. Je me suis dit : « si lui est ok, je continue ».

L’œil paca.fr : Prendre des jeunes avec toi, cela te fait rajeunir ?

Gari : Tu sais bien que dans le bus de Massilia nous avons toujours mélangé des jeunes et des vieux, pour nous c’est un équilibre.

L’œil paca.fr : Avant tu étais le plus jeune et là tu te retrouves être le plus vieux.

Gari : Oui, il y a plus vieux... le batteur. C’est la chourmo ça, tu sais que l’association Massilia Chourmo, est en symbiose avec nous. Il y a des gens de 70 ans, des gens de… on se retrouve régulièrement, la semaine dernière il y avait le loto, on fait des rassemblements, des trucs… Mélanger les générations c’est naturel. C’est essentiel pour arriver à avancer et à parler avec tout le monde.

L’œil paca.fr : « Je veux faire brûler la mer » est-il le titre « phare » de Manifesta ?

Gari : En l’occurrence cela peu être un titre « Phare ». C’est un morceau de Claude Sicre. Ce sont des images. Mais quand nous analysons un peu la société on se sent vraiment démuni. Quand tu lis le courrier international ou autres, tu as envie de faire brûler la mer.

L’œil paca.fr : Oai Star a tourné sur une bonne dizaines de dates depuis que Lux B n’est plus là, avant même d’enregistrer Manifesta, quel était le but ?... tu voulais voir si le public était toujours réceptif ?

Gari : Pour plusieurs raisons. Le départ de Lux, m’a incité à aller vers les gens. Quand nous étions en tournée avec Massilia, les 15 concerts que nous avons fait sans Lux, cela nous a… le rapport avec le public, imagines toi bien, très, très particulier. Cela nous a fait surmonter le cap. Les gens nous ont énormément soutenu, par Internet, par tous les moyens… Moi je n’avais qu’une envie, faire des concerts et c’était la meilleure chose pour honorer la mémoire de Lux. Donc avec Papet nous avons monté un petit projet où nous faisions un morceau chacun. A l’automne 2008 on l’a fait dix ou douze fois. C’était pour Lux, pour nous, pour les gens. Voilà pour tout le monde, c’était superbe. Mais c’est vrai que c’était personnel dans la mesure où cela nous faisait du bien. Nous étions ensemble, chanter sur scène c’est ce que nous savons faire

Moi, je n’aime pas m’arrêter. Tu sais, c’est con ce métier. Tu dois faire l’album, mais tant que tu n’as pas sorti l’album, les salles de concerts ne veulent pas trop te prendre. Moi cela me fait kaguer d’arrêter de jouer pendant trois ou cinq mois.

L’œil paca.fr : Est-ce que l’engouement autour de Massilia vous aide à tourner plus, toi avec Oai Stars et Tatou avec Moussu T ?

Gari : Pas plus que cela. Je ne pense pas. Le public peut-être que oui, ça marche plus facilement avec eux. Mais les organisateurs de concerts, qui sont à moitié des vendeurs de bière et de tickets et à moitié subventionnés, eux ne voient que les réservations, que la promotion, que le marketing, que le si et que le là… ça nous aide pas plus que cela. Tous les artistes, de nos jours, sont confrontés aux mauvaises préventes et annulations de dates.

L’œil paca.fr : Crois-tu que tu vas faire brûler la scène ce soir ?

Gari : La fonction première de Oai Stars, avant d’égrener un répertoire, avant de faire le chanteur, nous sommes là pour faire passer un bon moment aux gens qui se sont fait kaguer toute la semaine. Ils ont payé un billet pour venir au spectacle, alors on fait le spectacle pour eux.

 

Rv Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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