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Musique : Olivia Ruiz
   
 
 
   

Olivia Ruiz

Musique : Olivia Ruiz

 

Après la première émission réalité (2001) du château à fabriquer des produits pour major ou label, Olivia est propulsée en haut de l’affiche. Elle se servira de cette notoriété pour enregistrer un premier album.

Il faut préciser qu’elle chante depuis… le 1er janvier 1980. Je ne connais pas l’heure. Il faudrait voir avec sa maman, mais je crois que c’était à l’Hôpital de Carcassonne. Plus tard, en 1995, un groupe du nom de « Five » commence à agiter ce doux département de l’Aude ; Au micro, une petite brune déjantée, et oui, c’est déjà Olivia, quinze ans…"

Revenons au premier opus « J’aime pas l’amour », stratégie ou pas Olivia sait s’entourer. Des collaborations avec Chet, Nery (ex VRP), Prohom, Juliette, Weepers Circus. Des prémices pour la suite de l’aventure.

Vient la rencontre avec Mathias Malzieu sur le plateau du grand journal (CANAL+) ; La légende était en route.

Elle investit le cœur du public Français avec cette fameuse « Femme chocolat ». De multiples collaborations sur cette deuxième galette : Mathias Malzieu de DIONYSOS, Christophe Mali de TRYO, Christian Olivier des Têtes Raides, Ben Ricour, Néry, Chet, Juliette.

En 2007, logiquement, elle triomphe aux VICTOIRES DE LA MUSIQUE.

Photo Hervé Dols - All Rights Reserved -

La même année, « La femme Chocolat » se fourrait de diamants avec plus d’un million d’exemplaires fondus. Sans compter les téléchargements sauvages sur la mule.

En 2007, c’est en traînant les pieds que je me rendais à un live d’Olivia Ruiz. J’en sortais en sueur avec un max de photographies dans le boîtier. Honnêtement, j’avoue qu’elle m’a mis ce soir là une grande claque dans la tronche de mes préjugés.

Mai 2009, Avignon, " Les Passagers du Zinc ", je récidive pour l'oeil paca.fr. Un décor à la hauteur de son talent et un live énorme. Une fureur mesurée, des gestes en symbiose avec la musique. Une voix pleine de rage et parsemée de douceur. La seule petite faille… ses pieds. Le changement de " bottes " est un moment de répit appréciable qui la rend accessible pour un public enchanté. Olivia Ruiz est venue sur terre pour nous délivrer de ce formatage télévisuel imposé par les majors. Vous me direz que mes propos sont influencés car je suis tombé sous le charme. Je vous rétorquerai… C’est vrai, mais vas vite chercher un billet de concert d’Olivia Ruiz, écoutes, regardes et dis moi ce que tu en penses.

L’œil paca.fr : La « Femme chocolat », c’est 220 dates, puis l’album est sorti en Espagne et chanté en Espagnol avec une petite tournée là bas. Après, il y a la collaboration avec Dionysos sur « La mécanique du cœur » et sur « L’espoir » de Cali. Je passe les duos, il y en a trop. Deux chansons écrites pour Juliette Gréco et bizarrement on te retrouve en tant que productrice sur un album de jeunes rappeurs Africains du Burkina Faso.

Olivia Ruiz : Oui, il y a un documentaire de 26 minutes sur le site www.fasoburkina.com qui retrace cet itinéraire. Mon frère est psychologue interculturel et il fait des voyages humanitaires. Avec tout ce qui m’est arrivé de bien, je lui finance ses voyages. En Afrique, il travaille dans des hôpitaux psychiatriques, mais aussi à faire des puits, remettre en état des cours d’eaux. Quand il est revenu de son dernier voyage, il avait plein d’enregistrements audio. Il m’a dit que tout le monde parlait de la scène Sénégalaise Hip Hop, alors qu’au Burkina, dans ce petit pays, les talents étaient présents mais ignorés.

Il faut bien prendre conscience que nous ne sommes pas dans l’assistanat et encore moins des petits blancs qui arrivent en sauveurs. J’ai donc financé l’enregistrement et rétribué les musiciens. L’association de mon frère  (Lutt’opie) a un site Internet où les gens peuvent télécharger gratuitement le documentaire et la musique. En contrepartie, nous invitons les internautes à faire un don pour l’association de mon frère (je suis la marraine de cette asso).

L’œil paca.fr : En ce qui concerne « Miss Météores », après écoute, je ne puis m’empêcher la comparaison avec la « Mécanique du cœur ».

Olivia Ruiz : Nous avons réalisé l’album à trois, avec Alain Cluzeau le patron du studio où nous avons nos habitudes, Mathias et moi. Clairement, de toute façon, Mathias a composé toutes les chansons. Nous avons fait les musiques à deux. Même si tous les textes sont de moi toute seule, il y a quand même la patte de Mathias et l’univers Dionysos, forcément. Sur la « Mécanique du cœur » je chante cinq morceaux, donc c’est difficile d’ignorer les similitudes.

L’œil paca.fr : Je trouve que tes albums et inévitablement ceux de Dionysos, se détachent du traditionnel. Notamment avec ce " concept " de petites histoires différentes sur chaque morceau pour la Miss.

Olivia Ruiz : Dès mon première album, avant même que je travaille avec Mathias et peut-être encore plus sur « J’aime pas l’amour », ces petites histoires étaient présentes. Comme un petit ensemble de court métrage. Sur « La Femme chocolat » il y avait des choses un peu plus personnelles. Sur « Miss Météores » c’est un mélange des deux. En ce qui me concerne les chansons n’ont pas de véritables liens entre elles.

L’œil paca.fr : Beaucoup de textes en Anglais sur Miss Météores… Est-ce l’envie de signifier sa présence au reste du monde ?

Olivia Ruiz : Non, j’aime bien chanter en Anglais. C’est un vrai challenge pour moi. Celles que j’écris j’essaie de ne pas les faire trop difficiles, surtout au niveau de l’accent. Je bosse comme une tarrée pour éviter d’avoir un mauvais accent.

L’œil paca.fr : Sur le précédent album tu chantes avec ton père et c’est une chanson cachée. Dans « Miss météores » tu récidives mais en clair… Dois-je en conclure que tu ne caches plus ton père ?

Olivia Ruiz : (rire) Non, cela n’a rien à voir. Jusqu'à présent, avec mon père, on faisait des reprises. Mettre une reprise au cœur d’un disque, il faudrait vraiment que cela ait un sens avec l’album. Pour moi, c’était la petite cerise sur le gâteau, un plus, une fois que l’on croit avoir tout écouté, il y en a encore. Sur « Miss Météores » il intervient sur une composition qui est au centre de l’album.

L’œil paca.fr : La chanson cachée sur Miss, c’est avec Olivier des Têtes Raides… Que raconte t-elle exactement ?

Olivia Ruiz : Cela raconte une période précise de ma vie. Sur la fin de la tournée de la « Femme Chocolat ». J ’étais très, très, très fatiguée. J’étais coupée du reste de mon équipe, de mon groupe. Les conséquences d’un management beaucoup trop présent, qui voulait ramasser un maximum sur mon dos en se moquant éperdument de ma santé. Je me suis séparée de ces gens, c’est pourquoi aujourd’hui les choses se passent aussi bien.

A un moment où plein de belles choses m’arrivaient, j’étais isolée, seule. A la fin du concert, j’étais accompagnée dans une voiture, vite reconduite sur Paris pour la promotion, puis retour au concert suivant. Je ne voyais plus les miens, mon équipe, tout ce que j’aime, cette vie de saltimbanque. Je me souviens avoir appris mes nominations aux Victoires de la musique toute seule dans cette voiture, aucune saveur. J’étais pressée comme un citron.

L’œil paca.fr : Tes textes sont-ils autobiographiques ?

Olivia Ruiz : En partie, oui.

L’œil paca.fr : As-tu peur de vieillir ?

Olivia Ruiz : Non. J’ai 29 ans, cela serait… non, c’est avant tout une chanson qui raconte un combat contre les angoisses. J’ai essayé de faire un petit panel d’angoisses communes, pour que cela raconte quelque chose à chacun d’entre nous.

L’œil paca.fr : Les interprétations diffèrent selon les individus…

Olivia Ruiz : C’est ce qui est appréciable dans les chansons. Que chacun comprenne selon son vécu. Nous laissons plein de portes ouvertes en espérant que chacun laisse faire son imagination.

L’œil paca.fr : Tu es un peu famille, dans la mesure où on retrouve ton cousin sur scène avec toi. Ton frère, ton père sur le dernier Cd, sans oublier Mathias. Il y a-t-il un projet en famille qui se profile à l’horizon ?

Olivia Ruiz : Cela arrive, puisque au mois de juin nous avons un premier concert pour une tournée avec mon père, mon frère, Mustapha et Hakim de Zebda mais aussi Yvan autour de Nougaro. Il y aura en septembre Toulouse, les Francofolies… c’est une tournée très étalée avec une quinzaine de dates en tout et sur un peu plus d’un an.

L’œil paca.fr : Avec Mathias, n’avez-vous pas envie de faire un album qui ne soit ni Olivia Ruiz, ni Dionysos ?

Olivia Ruiz : Bien sûr, mais nous avons une vie pour le faire. Ce n’est pas possible pour lui de laisser tomber Dionysos et puis moi mes musiciens. Faire avec vingt cinq musiciens une tournée c’est ingérable. Un jour, il est évident que nous ferons quelque chose ensemble. Nous avons plein de projets, mais ce n’est pas pour maintenant.

L’œil paca.fr : Où en es-tu avec la mode et tes collants ?

Olivia Ruiz : Cela a bien marché. C’est vrai que je suis passionnée par la mode. Le projet avec DIM était vraiment tripant à faire. Se dire, il faut que ce soit sérieux. De quoi ont envie les nanas de mon âge aujourd’hui ? Même s’il y avait le collant résille rouge, qui est un peu ma patte parce que je l’ai beaucoup porté.Il y avait des pièces qui étaient vraiment de moi. C’est de la création, un moyen d’expression. J’ai adoré faire cela.

L’œil paca.fr : Quand j’ai rencontré Mathias, il m’a dit que le jour le plus froid pour lui c’était le décès de sa maman, et que le jour le plus chaud cela sera la naissance de votre enfant …. Pour toi, ce sera quoi le jour le plus chaud ?

Olivia Ruiz : La naissance de notre enfant… c’est certain.


Rv Dols / herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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