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PARC ZOOLOGIQUE TROPICAL
 
 
   

Singe Sairmiri

Reportage : Parc Zoologique Tropical de La Londe

Parcs et jardins zoologiques :

Les ménageries, ancêtres du zoo, font leur apparition au XVIII siècle. Elles tenaient en cage, dans des conditions exécrables, des animaux exotiques pour divertir l'homme.

Dans un passé pas si lointain, les Zoos Européens et Français n'avaient pas bonne presse. Leur vocation était purement commerciale. Les traitements infligés aux animaux par du personnel non qualifié n'étaient pas appropriés ; Souvent confinés dans des espaces exigus dépourvus d'hygiène, le stress lié à la captivité produisait des dégâts considérables. De nombreuses pathologies comportementales se développaient. Les mauvais régimes alimentaires (causés également par l'apport en nourriture distribuée par les visiteurs) et l’accroissement des maladies étaient en augmentation exponentielle. L’espérance de vie diminuait et les taux de mortalité s'accentuaient. La pérennité des espèces fragiles était laborieuse.

La prise de conscience :

L’émergence de l'écologie dans les années 1970 contribue à faire évoluer les esprits. Certains parcs considèrent que la conservation de la biodiversité se situe au centre des intentions. Les études comportementales (éthologie) permettent d'appréhender les animaux et d'augmenter les espaces dédiés à leur bien-être. Les parcs et jardins essaient de reproduire l'habitat naturel et d’optimiser l’alimentation. Le savoir-faire des vétérinaires en la matière est décisif. Les soigneurs apportent leurs pierres à l’édifice, tant leur rôle est empreint de passion et de respect des animaux.

Singe Sairmiri / photo Hervé Dols

En mars 2004, la France se dote d'une loi « draconienne » qui fixe les règles générales de fonctionnement et les caractéristiques des installations zoologiques. Le personnel doit être formé, avoir de l'expérience et de réelles compétences. Un ou des titulaires de certificat de capacité du code de l'environnement exerce (nt) une surveillance permanente. Les espaces dédiés aux animaux sont déterminés en fonction de leurs comportements. Les animaux vivants en groupe ne doivent pas être tenus isolés...

Le bien-être des animaux et la prévention des anomalies comportementales sont notamment assurés par une amélioration pertinente des conditions d’élevage, adaptée aux besoins biologiques de chaque espèce...

La loi Zoo de mars 2004 est consultable sur le site de l'AFSA (l'Association Francophone des Vétérinaires de parcs Zoologiques)

http://www.afvpz.com/spip.php?article28

Le Jardin zoologique tropical de la Londe :

Dans les années soixante, les lieux accueillent un arboretum d'eucalyptus géré par l'Ecole des Eaux et Forêts. Les recherches des agronomes concernent l'implantation d'arbres exotiques en France. L'objectif est de trouver de nouvelles espèces pour l'industrie de la pâte à papier.

En 1989, Mr Dupuyoo, le propriétaire actuel, se porte acquéreur des lieux. Il est collectionneur d'oiseaux. Il crée le Jardin zoologique qui, à l'époque, est essentiellement ornithologique et botanique. Le fils de Mr Dupuyoo, Jean-Michel, baigne dès son plus jeune âge dans cette atmosphère remarquable. Il voyage et se prend de passion pour les primates dont les Lémuriens. Il passe un Certificat de capacité et monte un projet cohérent qui permet au Jardin zoologique tropical de La Londe d'accueillir les petits singes-écureuils Saïrmiri (originaires d'Amérique Centrale ou d'Amérique du Sud) et des Lémuriens endémiques de Madagascar (notamment le plus petit du monde, le Microcèbe pygmée ou Microcèbe de Peters, de 12 cm environs pour 30 grammes et qui n'est pas visible pour le public).

La superficie du Jardin zoologique tropical est de six hectares. Le parc est détenteur du label « Jardin remarquable ». Deux cent cinquante animaux se partagent les lieux. Les naissances ponctuent les saisons. Afin de préserver les comportements naturels, ce sont les parents qui élèvent leurs progénitures.

Quatre soigneurs se répartissent les tâches sur le site. Leurs rôles sont primordiaux. Bien souvent, le soigneur est responsable d'un secteur. Au jardin tropical de La Londe, Jérôme est responsable de la magnifique collection de Calao (oiseau de la famille des bucerotidaes pouvant atteindre jusqu’à 1,30 m pour une envergure de 1,80 m et un poids de 3 kg). Évidemment, la passion des animaux est l'une des qualités premières. Tous les matins, Jérôme vérifie si chacun de ses protégés ne manque de rien et il nettoie les sas. Il prépare trois repas par jour. Les menus diffèrent selon l'heure du service. Observateur privilégié, c'est lui qui décèle les problèmes de santé. Il travaille en collaboration avec les deux vétérinaires extérieurs au Jardin zoologique. La fermeture des sas et le verrouillage des enclos lui incombent. À La Londe, le soigneur est également jardinier. Malgré les contraintes et les inconvénients de la profession, Jérôme n’hésite pas à dire qu'il est un privilégié.

Le Jardin zoologique est membre de EAZA, AFdPZ et SNDPZ :

Les activités industrielles de l'homme (la déforestation de l’Amazonie et de Madagascar...) font évoluer le rôle des jardins et parcs zoologiques. Ils se positionnent comme des centres de ressources de l'environnement où sont pris en charge les écosystèmes et la survie des espèces. Le Jardin zoologique tropical de La Londe des Maures s'inscrit dans cette démarche respectueuse des animaux. Tous les animaux sont issus de familles vivant en captivité depuis plusieurs générations. Chaque année, les naissances se succèdent. Arrivés à l'âge adulte, les animaux sont déplacés vers d'autres parcs qui adhèrent au programme. Ces échanges permettent d'éviter la consanguinité.

Le Jardin zoologique de La Londe est membre actif de l'EAZA (Association Européenne des zoos et aquariums qui relie 345 institutions et organismes dans 41 pays).

L'EAZA a vu le jour en 1992. Son but est de développer la collaboration dans les zoos et aquariums Européens vers des objectifs d'éducation du public, de recherche scientifique, de conservation de la biodiversité mondiale, dans le respect des animaux. L'association mène plusieurs campagnes en Asie du Sud (Southeat Asie) à des fins de sensibilisation pour la conservation de la biodiversité. A Madagascar pour faire connaître la biodiversité de l'île, l'un des pays qui possède le plus grand nombre d'espèces endémiques au monde. www.eaza.net

AfdPZ est une association dont l’objectif est de mettre en réseau les établissements zoologiques Français, d'assurer leur représentativité et de promouvoir auprès de ses membres le code d'éthique de l'AFdPZ et l'investissement dans la conservation de la biodiversité. www.afdpz.org

SNDPZ contribue à la conservation des espèces, protection de la nature... www.sndpz.fr

Nous constatons qu'avec le temps le rôle des Jardins et des parcs zoologiques a considérablement évolué. Évidemment il y a aussi une vérité économique. Le jardin de La Londe ne bénéficie d'aucune subvention, il est autonome financièrement. Avec une moyenne de 30 000 visiteurs par an, il arrive tout juste à survivre.

Nous pouvons aider ces véritables arches de Noé à perpétuer leurs actions en prenant du plaisir à déambuler en famille dans leurs parcs.

Jardin Zoologique Tropical - 583 route de Saint-Honoré - 83 250 La Londe des Maures - www.zootropical.com

 

Rv Dols herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

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