magazine oeil paca
magazine photo
       
   
  Photographie : Pauline Daniel
     
 

Pauline Daniel

Pauline Daniel

 

Elle est initiée à la photographie, en 1996, à la Faculté d'Art Plastique de Paris option photo. Son premier boîtier est manuel. Elle développe ses bobines argentiques noir et blanc et fait ses premiers tirages dans le labo de la faculté. La magie des bains de révélateur où apparaissent ses images finit par la convaincre. Elle fait un stage, d’assistante, chez un photographe qui coopère avec un styliste culinaire. À leurs contacts, elle apprend les gestes et l'attention donnée aux aliments.

Une fois sa maîtrise en poche, elle décide de passer le concours d'entrée à l'École Nationale Supérieure de la Photographie d'Arles.

Elle intègre la fameuse institution en 1999. Elle en ressort diplômée en 2002.

« C'est une école artistique qui est éloignée de la photographie appliquée. L'objectif est de faire rencontrer des artistes, de réfléchir sur des démarches artistiques, de raisonner sur l'image et à sa création, des choses comme cela, c'était passionnant. Personnellement, je voulais devenir photographe. Une fois le cursus terminé, on comprend nos lacunes et notre inexpérience professionnelle. On sort de là sans métier entre les mains. »

La voie artistique attire Pauline, prélever la réalité qui l’entoure reste l'une de ses préoccupations. La théorie est essentielle, négliger l'indispensable travail sur le terrain génère l'équivoque.

Pour s'aguerrir au métier de photographe, elle sollicite et obtient l'aide à la création de la DRAC. Elle part deux fois en Australie travailler avec les aborigènes. En Amérique, elle réalise des documentaires d'auteurs.

 

Photographie réalisée par Hervé Dols All Rights Reserved /Tous droits réservés

De retour en France, elle démarche les rédactions et les services photo sans pouvoir commercialiser ses productions. À l'époque, la presse est déjà vacillante, les heures de gloire et l'argent facile pour les photojournalistes sont déjà bien loin.

Elle arrive à répondre à des commandes, notamment de la ville de Marseille dans le cadre de la rénovation urbaine euro-méditerranéenne et du fameux 1 % artistique. L'objectif est de laisser une trace de la ville en mutation. Les photographies vont par la suite alimenter le Fonds National d'Art contemporain. Sur ce projet, elle travaille avec Bernard Plossu.

Ensuite, pendant un an, elle sillonne les régions et réalise des portraits de territoires pour les parcs nationaux, les Baronnies Provençales, les monts d'Ardèche... Mais Pauline n'arrive toujours pas à vivre de son métier.

Alors, au bout de cinq années, elle souhaite se spécialiser dans un domaine. Pour se singulariser, elle décide de créer son studio. Elle oriente son travail en direction de la photographie culinaire. Le travail se mélange dans le plaisir. Elle répond à des commandes de l'agroalimentaire et participe au festival de la photographie culinaire à Paris où elle obtient le premier prix. Les portes s'ouvrent. Elle expose dans des lieux prestigieux. Les publications s’enchaînent, Gault et Millau magazine...

Les marques font confiance aux capacités d'auteur de Pauline. Les cahiers des charges sont moins restrictifs, le côté créatif est mis en avant. L'artiste s'exprime, des tableaux culinaires surgissent de son imagination et viennent flatter nos yeux.

Pauline peaufine ses expérimentations. En collaboration avec la maison de Fogasses à Avignon, elle réalise une exposition « Rêve d'Afrique ». Pendant six mois, elle arpente les marchés africains de Marseille et de Château Rouge à Paris. Elle se met en quête de parfums, de légumes exotiques, d'épices colorés, venus du berceau de l'humanité. Elle s’imprègne pour mieux restituer de savoureuses images. Elle saupoudre ses propres ingrédients (le fantasme et le rêve). Inspirée par la scénographie du musée du Quai Branly, elle restitue sur douze tirages 60x90 sa propre interprétation.

Pauline a assimilé les évidences. Pour vivre de sa passion, elle est consciente qu'il est nécessaire de réaliser des prises de vue avec des cahiers des charges restrictifs, qui ne laissent pas de place à la création. Mais en parallèle, elle autoproduit son jardin créatif.

Le site web de Pauline ; www.photographe-paulinedaniel.com


Hervé Dols - herve.dols@oeilpaca.fr

 

 

L'oeil paca.fr votre magazine web gratuit - Rédaction : redaction@oeilpaca.fr - Mémoires images L'Oeil Paca.fr B.P Mairie 13150 Tarascon cedex