| SOMMAIRE numéro 16 |
Numéro 16
   

photo Rv Dols

SOCIETE  : Industrie Pharmaceutique

Nous avons tous constaté depuis plus d’une décennie que les commerces disparaissaient dans les centres de nos villes.

Cela est encore plus vrai dans les villages de France et les villes de moins de quarante mille habitants. Il apparaît que les boulangers et les coiffeurs subsistent. Les nouveaux commerces sont rares. Seules, les pharmacies semblent proliférer. Ces enseignes fleurissent là où plus rien ne pousse.

Quelles en sont les raisons ?

En premier lieu, c’est là où nous allons tous pour soigner « des maux de tous les jours », après être passés chez le médecin, le spécialiste ou à la suite d’une hospitalisation.

photo / Rv Dols©

Dans les consciences collectives, la croix verte est associée à la guérison. La pharmacie est tout simplement le lien direct entre le patient et l’industrie pharmaceutique.

Dans les années 1960 et 70, l’industrie pharmaceutique a fait des découvertes majeures qui participèrent à l’excédent de popularité, voir de sympathie, auprès des Français.

L’argent et les actionnaires viennent ternir cette image flatteuse. La contamination insidieuse des vingt dernières années opère au grand jour. Les profits colossaux générés par les firmes pharmaceutiques ne connaissent pratiquement aucun équivalent dans le monde actuel de l’industrie.

Est-il indécent, voir soupçonnable, de faire des profits ?

En rien, sauf que cela devient cynique, voir criminel, quand les plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux interdisent au gouvernement d’Afrique du Sud, de fabriquer des médicaments génériques pour soigner les plus pauvres atteints du sida.

L'ambivalence réside également dans le fait que les firmes pharmaceutiques investissent aujourd’hui beaucoup moins d’argent dans la recherche que dans le marketing et la publicité. La quasi-totalité des remèdes actuels sont des variations d’anciens médicaments.

Autre ambiguïté et pas des moindres, le lobbying qui est trop souvent lié aux conflits d’intérêts industriels. Impossible de connaître l’étendue des moyens financiers mis en action pour influencer les élus, les hauts fonctionnaires, les experts, les avocats et les médecins, faute de transparence. A Bruxelles, il y aurait environ 15 000 lobbyistes. Ils sont donc plus nombreux que les fonctionnaires des institutions Européennes.

L’exemple de la grippe A en est une parfaite illustration. La manipulation des décideurs, la confusion d’intérêts publics et privés est une évidence. Pourtant il sera laborieux de prouver quoique ce soit. L’enquête lancée par le Conseil de l’Europe à ce sujet démontre que le docteur Klaus Stöhr, chef du département épidémiologique de l’Organisation mondiale de la santé à l’époque de la grippe aviaire est, depuis, un haut cadre de la société Novartis qui produit des vaccins.

Notre ministre de la santé de l'époque, Roseline Bachelot, avait contracté l’hiver dernier l’amère expérience des lobbyings. Son tapage médiatique a permis de vacciner 8% de la population pour un coût d’environ 2 milliards et demi d’euros. Sans oublier d’omettre la suspicion sur la réelle efficacité d’une double vaccination ou d’une double facturation, appelez cela comme vous voudrez.

En France, pour l’instant, les laboratoires arrivent à repousser le recours systématique aux médicaments génériques. Pourtant cela contribuerait à diminuer le trou de la Sécurité Sociale, mais également leurs bénéfices.

Dans le livre « Les Médicamenteurs », les reportages démontrent qu’un médicament n’ayant pas de réelle vertu et qui paraît être plus néfaste qu’avantageux à la santé, est quand même commercialisé. Le but est d’engranger un maximum de profit jusqu’à la découverte des effets nuisibles. Le « Vioxx » et « l’Acomplia » sont la parfaite démonstration de ce comportement vénal et pernicieux des laboratoires. Le livre établit aussi que des conflits d’intérêts sont entretenus par les laboratoires pharmaceutiques en finançant les formations des médecins prescripteurs. Que la manipulation et la falsification des études scientifiques pour dissimuler les effets dangereux des médicaments se généralisent. L’action est d’autant plus aisée que les laboratoires pharmaceutiques sont eux-mêmes juges et parties.

Façonner de nouvelles maladies pour créer et développer de nouveaux marchés est-il une chose courante ?

D’après la sénateur Marie-Christine Blandin, - Mutation des virus et gestion des pandémies, rapport d’information de JP Door et MC Blandin au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, n°581 du 24 juin 2004 - « l’appétit des firmes pharmaceutiques pour d’éventuels brevets de vaccins a créé un climat de course au virus émergent qui se lisait dans les investissements, la signature d’un contrat d’installation d’une usine de fabrication de vaccins pandémiques Sanofi au Mexique, les parutions scientifiques, les médias… »

Peut-on penser que les laboratoires pharmaceutiques sont des dealers ?

Prenons un exemple simple. Les antidépresseurs et leurs effets secondaires : violence, suicide, homicide, perturbation sexuelle et surtout la dépendance après quelques jours de prise de Prozac, Deroxat, Zoloft, Seropram, Floxyfral, Effexor, Halcion ou Rohypnol. Ils sont responsables de maladies mentales ou physiques et provoquent des états maniaques pour les consommateurs.

Ces substances sont absorbées par 8,9 millions de personnes occasionnellement et 3,8 millions régulièrement en France chaque année. Dans certains cas la légitimité de leur prescription par les médecins est remise en question. Des patients qui ne souffrent d’aucun trouble psychiatrique, qui vivent des espaces temps compliqués - séparation, stress, etc - se voient prescrire des substances chimiques qui agissent par l’intermédiaire de la noradrénaline ou de la sérotonine en modifiant des processus biochimiques et physiologiques cérébraux.

Les études, commanditées par les laboratoires qui fabriquent ces produits, justifient le rendement des antidépresseurs en oubliant d’évoquer la toxicité et la dépendance générées après seulement quelques jours de prise de ces substances chimiques.

Prenons l’exemple du Prozac, antidépresseur à base de fluoxétine, vendu dans 70 pays à travers le monde. Il rapporte la coquette somme de 2 milliards de dollars par an. En France cinq cent mille personnes en font un usage quotidien et la Sécurité Sociale le rembourse à hauteur de 65%. Depuis le 05 février 2008 il peut être prescrit par un psychiatre ou un pédopsychiatre aux enfants de plus de 8 ans et par un généraliste pour les adolescents. Pourtant l’Afssaps rappelle que le Prozac, comme tous les autres antidépresseurs, présente des risques de comportement suicidaire. Sa consommation engendre des actes de violence, nervosité, surexcitation, troubles digestifs, éruptions cutanées.

L’Europe a demandé à ceux qui commercialisent cette drogue, les laboratoires Lilly, des études complémentaires.

" Les Médicamenteurs " labos, médecins, pouvoirs publics : enquête sur des liaisons dangereuses par Stéphane HOREL

Editions du Moment - 2010 – 320 pages – 19,95 €

 

David / david.sanchez@oeilpaca.fr

 

 

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