Pierre Jean Amar
Photo Rv Dols

Histoire du photographe

Les activités fondamentales de sa vie sont la photographie, l'écriture, l'enseignement et l'action culturelle.

Il est né en 1947 en Algérie. Enfant, il possède déjà un goût certain pour l'art. La peinture le séduit dès l'âge de 8 ans. Il réalise ses premiers clichés en 1965 pendant les années lycée. Les aptitudes qu'il démontre pour la prise de vue relèguent ses pinceaux à la cave.

À la fin de ses études universitaires, il a quasiment 30 ans. Un choix s'impose : Enseigner la littérature Française ou embrasser le métier de photographe. La passion l'emporte, la mode, la publicité, la nature morte sont des activités commerciales qu'il pratique. Ses recherches personnelles s'exposent rapidement.

" J'ai une anecdote à vous raconter. Il y a quelques années, je me promenais dans Arles. Dans une petite rue, pas très éloignée des Arènes, j'aperçois Lucien Clergue assis sur une marche. Je m'approche de lui. Lucien pleurait. Je le questionne sur ses larmes, il me répond qu'on lui a refusé l'entrée, car il n'avait pas son badge. Voilà, ça résume, pas mal de choses "

Le premier contact avec les rencontres d'Arles (festival) se produit lors de la deuxième édition. Effectivement, « les rencontres » avec les photographes du moment se succèdent. Pendant plusieurs années le festival rythme sa vie. Des stages, notamment avec Ansel Adams, puis tour à tour, il expose son travail, organise des soirées et donne des conférences.

Sa carrière universitaire

La photographie commerciale ne correspond pas au caractère de Pierre-Jean. À la fin des années 70, on lui propose d'enseigner l'histoire de la photographie à l'université d’Aix en Provence. Il crée également au sein de l’agence Gamma du département Gamma-Formation destiné à former des photojournalistes, une formation d'enseignement intensif au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes à Paris.

En 1985, le musée Nicéphore-Niépce de Chalons/Saône (Musée de l'histoire de la photographie dédié à Nicéphore Niépce, l'inventeur de la photographie en 1826) l'invite à faire une rétrospective de son travail. Pierre-Jean a pratiquement 40 ans. Le processus créatif semble l'abandonner à cette époque. Il préfère se consacrer à l'écriture, sa formation universitaire de base. Il rédige un livre tous les deux ans. En vingt ans, 12 livres ont vu le jour.

Par le biais de son association (La photographie à Aix en Provence crée en 1999), il met sur pied des conférences générant des dialogues avec une personnalité du monde de la photographie et le public. En 2004, il prend sa retraite universitaire. Depuis toujours Pierre-Jean s’intéresse aux travaux photographiques de ses contemporains. Il a d'ailleurs élaboré d’innombrables expositions, à l'intention d'amis photographes.

Au mois de janvier 2013, il a organisé une grande exposition rétrospective. Elle retraçait les 50 ans de sa vie de photographe. Un gros livre est sorti pour l’occasion. Pierre-Jean n'est pas résigné dans l'inactivité, bien au contraire. Il s’investit dans un nouveau projet, vidéo, la réalisation de portraits d'artistes.

Sa rencontre avec Willy Ronis

Willy Ronis (photographe français né le 14 août 1910 et décédé le 11 septembre 2009) a donné des cours magistraux dans les années soixante-dix à l’université d’Aix. À cette période, Pierre-Jean était encore étudiant. Il a d'ailleurs confondu Willy Ronis avec Willy Rizzo qui était photographe à Paris Match. N'étant pas spécialement attiré par le travail de Rizzo, Pierre-Jean fait l’impasse. Les étudiants qui assistent aux cours de Ronis sont enthousiastes, il décide de s’y rendre, c'est le début d'une aventure de 40 ans.

Willy Ronis se prend d’affection pour Amar qu'il considère comme son second fils. Pierre-Jean devient son tireur officiel et produit ses portfolios. En 1980, les deux amis publient la première monographie de Ronis « Sur le fil du hasard, aux éditions Contrejour ». Le déclic engendre Ronis comme l'une des références photographiques, plus d'une quarantaine de livres se succèdent. En 1983, sur les conseils de Amar, Ronis fait don de son œuvre à l’État, avec effet "postmortem". La France reconnaît officiellement la donation de Ronis en 2013, soit quatre ans après sa disparition.

Les rencontres internationales de la photographie

Pierre-Jean ne va pratiquement plus au festival "les rencontres d'Arles". Il avoue que ce n'est plus le monde qu'il a connu dans sa jeunesse. D'après lui sa génération est exclue de cette manifestation. Malgré tout, il s’y rend en dehors de la grande semaine de juillet pour voir les expositions susceptibles de retenir son attention. En 2013, il s’est pris de passion pour le travail de Sergio Larrain (photographe Chilien né à Santiago en 1931 et ancien membre de l'agence Magnum).

Propos recueillis par Rv Dols / rv.dols@oeilpaca.fr

 

Photo Pierre Jean Amar

Amar est un spécialiste reconnu de l’histoire de la photographie sur laquelle il a publié plusieurs livres

Photo Pierre Jean Amar

Ses photos figurent dans de nombreuses collections publiques et privées : Musée d'Art Moderne de Paris, Centre Georges Pompidou

Photo Pierre Jean Amar

Bibliothèque Nationale de Paris, Musée de Chalon-sur-Saône, collection Hartkamp, collection Manfred Heiting

Photo Pierre Jean Amar

Auteur de plusieurs livres sur l'histoire de la photographie, il est également tireur du photographe Willy Ronis

 

 

Pierre Jean Amar
Amar Pierre Jean
Pierre Jean Amar photo Rv Dols