Romain Gary
Les racines du ciel
« La viande ! C’était l’aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l’humanité. Il pensa à Morel et à ses éléphants et sourit amèrement. Pour l’homme blanc, l’éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l’ivoire et pour l’homme noir, il était uniquement de la viande, la plus abondante quantité de viande qu’un coup heureux de sagaie empoisonnée pût lui procurer. L’idée de la “beauté” de l’éléphant, de la “noblesse” de l’éléphant, c’était une idée d’homme rassasié… »
Romain Gary, déjà un pseudonyme, de son vrai nom Romain Kacew est né dans un autre siècle (1914). Il eut une vie et une mort romanesque. Il fut aviateur, résistant, décoré du titre de Compagnon de la Libération par le général De Gaule. Après la Seconde Guerre mondiale, il intègre le Quai d’Orsay et devient secrétaire d’ambassade, puis consul général de France à Sofia, New York…
Seul écrivain à avoir eu le prix Goncourt sous deux noms différents. C’est en 1956 qu’il reçoit le prix avec « Les Racines du ciel ». En 1975, c’est sous le pseudonyme d’Émile Ajar qu’il publie « La vie devant soi » et obtient à nouveau le prix Goncourt.
Apparemment, c’est par nécessité qu’il a floué la critique littéraire et obtenu un second prix Goncourt sous le nom d’Ajar (En Russe Ajar c’est la braise ou feu qui s’éteint). À l’époque, Romain Gary a cherché un second souffle « d’écrivain », et sa réussite littéraire avec le pseudo d’Ajar fut exceptionnelle. Le style d’Ajar et son ton sont uniques.
Eva Bermond - eva.bermond@oeilpaca.fr




