Peintre / Graffeur

Marie Lou a travaillé pendant des années dans une galerie de la Sanary-sur-Mer (83). Elle décida de s'installer à Bandol pour ouvrir sa propre galerie. Son père l'incita à exposer son travail, des toiles qu'elle dit ne pas assumer à l'époque. Ses tableaux plaisaient et trouvaient preneurs, alors elle inaugura une seconde galerie à Aix en Provence (13). Mais au bout de deux ans, la monotonie et le sentiment d'avoir fait le tour du sujet la poussèrent à vendre sa galerie et son appartement. Elle voulait voyager. Marie Lou s'envola pour un périple d'un an à travers l'Asie.

Tableau Manyoly
Photo Rv Dols - Tableau Manyoly

De retour en France, elle fut envahie par une boulimie de travail. Elle s'agrippa aux pinceaux et comme un exutoire, elle peignait, elle peignait, elle peignait... Les couleurs vives et les visages de femmes étaient déjà là. Elle cherchait la technique qui s’adapterait à ses gestes. Douze mois de création acharnés de déchirement, de recyclage, d'heures de production qui pouvaient tomber au fond d'une poubelle. Manyoly était souvent insatisfaite de la finalité de son processus créatif.

Manyoly expérimente

Elle mit à l'épreuve des aquarelles en mélangeant de l'encre et du marqueur. Elle marouflait le papier sur du bois et recouvrait le tout d'un vernis marine. Mais cette technique ne lui convenait pas. Alors, couteau en main elle s’attaquait aux toiles.

Oeilpaca Manyoly
Photo Rv Dols

Elle récupérait les feuilles blanches des livres anciens, les pages des cahiers d'écoliers des années 60 et tapissait ses fonds sur bois. Elle peignait sur du papier, sur du lin, avec ses doigts, rien ne semblait pouvoir lui résister.

Pendant deux ans, elle s'investit sur le métal, là encore elle testait la matière. Elle élabora un process à base de sel pour produire de la rouille. Puis appliquait une résine qui faisait jaillir les couleurs.

Sur les châssis qu'elle entoile, elle peint ses portraits de femmes au regard empreint de sensibilité. Les techniques, les séries, les années se succèdent.

Période Marseille

Manyoly s'installa à Marseille. Elle ouvrit une galerie 9, rue du Panier dans le deuxième arrondissement. La rencontre avec la cité phocéenne fut primordiale dans l'évolution de son travail qui succomba à une énième variation. La connexion avec le street art bouleversa son art.

Manyoly pour oeilpaca
Photo Rv Dols

Pendant une quinzaine de jours, très gentiment, elle commença par investir les murs du quartier du Panier. Elle n'osait pas peindre. Alors, elle photographiait ses tableaux, les faisait imprimer en offset, découpait les visages et les collait sur les murs. L'euphorie s’empara d'elle et de son art pour déchaîner un plaisir incommensurable. Dans sa deuxième année marseillaise, Manyoly fut en résidence pendant deux mois au 58 rue de la république, dans les locaux du « 3013 » un atelier de 150 m². Elle approfondit ses recherches, mélangeant les techniques de découpage, de collage... Dans les rues pour obtenir de la matière, elle grattait les murs, les panneaux publicitaires où les épaisseurs d'affiches s'amoncelaient. Dans l'atelier elle déchirait, déstructurait, pour réorganiser cette matière en fond sur laquelle elle collait ses visages préalablement découpés.

Chaque année elle investit un mur rue Pastoret, à l'angle du cours Julien (Marseille 6e). C'est une collaboration avec le restaurant « Le jardin d'à Côté ». Elle arrache de la façade son précédent collage qui vient avec l'enduit. Elle récupère le tout pour ses futures créations. En découlent des séries de tableaux nés de l'échange avec la rue.

Voyage, voyage...

Manyoly ne tient pas en place. Elle bouge, elle expérimente, elle voyage. On peut dire que ses itinéraires sont autant de prétextes créatifs et qu'elle s'inspire de ses rencontres. Les visages des femmes qu'elle croise composent ses toiles. Elle ne remplit pas des carnets de voyage, mais charge ses valises de bouts de murs du monde.

Partout où elle passe, elle colle quand elle n'a pas le droit et peint quand on l'autorise comme à Berlin avec l'aide de l'équipe du musée Urban Nation. Les murs de sept à dix mètres ne lui font pas peur ; La Seyne sur mer, Toulon, Marseille, Montpellier, Port Saint Louis, Cannes, Cassis, Sète, Bordeaux, Lyon, Paris, Venise, Barcelone, Lisbonne, Murcie, Londres, Koh Lanta, Montréal, Budapest, Split, Mjlet, Ostende, Gand, Anvers, La Martinique, New York et j'en passe autant de villes et de murs sur lesquels elle a pu répandre son art. Tous les deux ans, elle réalise un livret qui répertorie les murs où elle a déposé ses visages de femmes.

Tableaux et toiles

L’omniprésence des visages de femmes baignant dans la couleur caractérise son œuvre. Les regards prédominent, ils semblent être au centre des intentions. Les techniques se combinent sur ses toiles. Les fonds sont faits de récupération urbaine qui évoque l'empreinte de Jacques Villeglé. Dans son atelier de Signes (83) Manyoly est en perpétuelle recherche. Elle réfléchit déjà à l'évolution de ses créations, toujours la femme, mais différemment.

Manyoly est référencée dans Guid'Arts (dictionnaire des artistes cotés du XVe siècle à nos jours). Son art est reconnu en grande Bretagne, au Canada et en France où elle expose. Représentée par la galerie Le Lavomatik 75013 Paris et la Galerie Deux6 75007 Paris.

Le site de Manyoly : www.manyoly.com

Rv Dols : photojournaliste@oeilpaca.fr

Manyoly intuitions
MANYOLY "Intuitions" galerie Deux6 66 av de la Bourdonnais, 75 007 Paris.
Manyoly Nymphe
Tableau original "Nymphe" Peinture, collage sur bois, puis verins, taille 45x55 cm.
Tableau Manyoly
Edition d'art limitée : Impression sur papier fine art 190gr, jet d’encre pigmentaire ultra HD 30x40cm.
Manyoly Arizona
Tableau original "Arizona" Taille 90x90cm Technique, Peinture et collage sur bois Tableau unique, signé sur l'avant et l'arrière.

Manyoly peintre
Tableau Manyoly oeilpaca
Manyoly oeilpaca
oeilpaca Manyoly Atelier

Oeilpaca prochain numéro fin juin 2021