Designer indépendant Atelier ARTIMACHINE

William est Cévenol, il a grandi au pied du Causse Méjean. Il a suivi un cursus scientifique en section génie mécanique à l’IUT de Nîmes. Après ses études, il est embauché comme designer. À Paris, il rencontre un scénographe avec qui il collabore sur divers projets de maquettes manipulables et esthétiques. Certaines réalisations sont à destination de la cité des sciences et de l’industrie (La villette Paris).

Atelier ARTIMACHINE
William Brossard Photo Rv Dols

En 2002, il s’inscrit à la maison des artistes

Les commandes affluent, des reproductions d’objets anciens spécifiques pour des musées ; enrouleuse de film, Machine pré-cinéma… (Institut Lumière à Lyon). William confectionne également des objets pour le cinéma, des accessoires qui permettent de faire illusion. Pour une production américaine, il a réalisé une copie du fusil photographique inventé par Etienne-Jules Marey (1830 – 1904 Paris). En 1882, l’appareil photographique qui ressemble à un fusil fut produit en collaboration avec un fabricant d’obturateurs parisien Otto Lund. Il pouvait photographier douze pauses en 1 seconde, un exploit à l’époque.

Pour la cinémathèque française, William a façonné une réplique du Cinématographe. Il est allé au Musée des arts et Métiers avec son cahier de notes et son pied à coulisse. Sur place, il a consulté la documentation mise à sa disposition et réalisé un plan pour reproduire à l’identique le fameux Cinématographe. Un exemplaire se trouve au musée du Cinéma de Pékin en Chine.

Pour Alain Chabat, il a élaboré un snowboard en bois que l’on peut apercevoir dans le film Santa & Cie. Netflix a également sollicité William pour le film Oxygène, réalisé par Alexandre Aja. Il a façonné les accessoires du caisson cryogénique du scaphandre où est enfermé Mélanie Laurent.

Dans son atelier se côtoient des fraiseuses numériques, des imprimantes 3D à base de résine, des imprimantes à dépôt de filaments, un four pour faire fusionner le métal. Rien ne peut lui résister, même s’il avoue avoir accepté à certains moments des défis un peu vite. Le chalenge le motive et il finit toujours par réaliser l’objet désiré. Dans ses dernières commandes, figure la maquette 3D des fonds marins du Parc national de Port Cros. Certaines de ses productions se trouvent : au centre Pompidou, à l’institut du monde arabe, à la Cité de la musique, au Musée National de la Marine, au Muséum de Toulouse, à la Cnam musée des arts et métiers...

Le bois

Pour la restauration de meubles anciens ou les copies d’objets, William fait l’acquisition de différentes essences de bois (noyer et autres) qu’il stocke et laisse sécher. Certaines pièces l’inspirent, il sculpte cette matière noble qu’il chérit tant, le bois. En résulte un travail d’une finesse époustouflante. Les pièces semblent s’enrouler sur elles mêmes. Au toucher, la texture du bois dégage une sensualité remarquable. Des rubans de bois baignent dans la douceur.

Sculpteur bois
William Brossard Photo Rv Dols

William est un passionné, il considère la sculpture sur bois comme quelque chose d’unique venant du vivant, chaque arbre a une forme et une veine particulières. Avant de créer, il fait toujours un croquis. Le billot de bois qu’il choisit ne l’est jamais par hasard. Les différentes étapes demandent de l’attention, éviter que le bois se fende est une constance. Le soir il recouvre son travail avec des chiffons humides.

Ce n’est pas systématique, mais William peut numériser ses sculptures en 3D. À l’aide de l’informatique, il réduit l’échelle et imprime avec un matériau qui remplace la cire perdue. Ainsi, il peut fondre sa sculpture en bronze. Des séries qu’il fait numéroter 8/8.

Depuis quelques années il est auto-entrepreneur, un statut qu'il considère aujourd’hui avec l’expérience comme précaire et inadapté à la vie moderne. Il envisage sérieusement d’en changer, peut-être un retour à la maison des artistes.

Par Rv Dols : photojournaliste@oeilpaca.fr

www.artimachines.com / www.williambrossard.art